jeudi 27 septembre 2012

36. Rimes riches...

Loose...  Flouze...  Blues...  Bouse... Picouse... Jalouse... Tarlouse...  
En y repensant, j'aurais peut-être dû me méfier le 31 décembre dernier avant de siffler ma coupe de mousseux tiédasse : une année qui rime en [uz] ne pouvait pas être un bon cru. Le mousseux non plus, maintenant que j'y songe...

Non seulement les rimes en [uz] ne sont pas nombreuses mais en plus, elles ne sont pas  jolies jolies! Binouze? Barbouze? Partouze? Ventouse? Avouez que tout ça n'invite pas franchement au délire poétique! A part peut-être, Patrick Sébastien? Toute règle a son exception je suppose. Mais pour ma part, ces rimes qui se prétendent riches, mériteraient qu'on les vire du Robert pour tromperie et abus... de langage!
Bref, j'aurais bien dû me douter que 2012 tiendrait plus de la picrate rance que du Vosne Romanée. J'aurais aussi dû recracher ce mousseux infect. 

D'un autre côté, à tout saigneur tout honneur (jeu de mots).
Il faut savoir être beau joueur.
Je suis donc bien forcée de l'admettre, 2012 est une année pourrie, certes, mais qui a la noblesse de tenir ses promesses. En effet, si je me réfère à la séduisante liste, hélas non exhaustive, mentionnée en début d'article, je comptabilise à ce jour un total de 4/7 soit un taux de réussite global de 57,14% ou encore un honorable 11,5/20.
Pas mal, non? Un résultat moyen mais méritant, qui appelle les encouragements. Et puis je peux toujours m'améliorer: l'année n'est pas encore finie! En tout cas, c'est un résultat  qu'aucun de mes professeurs d'histoire géographie n'a jamais pu obtenir de ma part! J'imagine déjà les appréciations scolaires :  
Belle progression de Stef! vers le bas tout au long de l'année. On ne peut que l'encourager à continuer dans cette voie.

Bon on rigole, on s'amuse, mais franchement c'est pas la joie. En tout cas pas pour moi. Eh oui. Ça arrive paraît-il. Alors pourquoi pas à Stef! ? Voilà, c'est dit. A défaut d'une semaine en thalasso, je m'offre actuellement le luxe d'une franche baisse de moral. Et pour tout vous dire, c'est pas chouette.
Dans ces cas là, on se lamente un peu, on pleure beaucoup, on ressasse à la folie, et au final, on ne rigole pas du tout. Ou presque. Le rire est, dit-on, l'élégance du désespoir. Si ce n'est  pas une vérité absolue, ce n'est pas absolument faux...
Déprimé, on préfère le confort rassurant de son petit chez soi aux nombreuses invitations des proches inquiets et bienveillants, on se dit qu'on est bien seul dans ce monde hostile et à l'instar de Calimero, on se répète que c'est vraiment pas juste. On se demande aussi de quoi sera fait demain? Et un peu effrayé par cette terrible énigme, on se dit que dans le doute, on aimerait mieux resté couché... Les amis fidèles sont là, comme toujours. Ils écoutent, ils consolent, ils prodiguent généreusement leurs réserves inépuisables de petits soins, de gestes et de mots tendres qu'on absorbe avidement et un moment, on se sent un peu mieux... 
On se dit bien que ça ne peut pas durer... que ça va bien finir par s'arranger... On espère un signe... Et alors qu'on croyait apercevoir le bout du tunnel, le train suivant vous passe dessus, sans prévenir... C'est nul. Et en plus, ça fait mal.

Il est temps de finir cette joyeuse chronique, qui j'en suis sûre vous aura requinqué en ce début d'automne parisien où la pluie ajoute encore au charme et à l’humeur maussade de 2012 que je déclare officiellement Année de la Loose. Et d'ailleurs... D'un seul coup... Je me demande... Qu'est-ce qui rime avec 13?