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119. Mes copains d'abord

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A Laurent, Lucas, Stéphane, Hervé, Carole et David

Deux mois déjà depuis mon dernier billet et personne ne s'inquiète ? Pas un mail pour s'enquérir de mes nouvelles ? Pas même un spam inquiet de KetoPharmacy pour me proposer du Diazepam ou du Poconeol ? Merci les copains. D'aucuns m'imaginent sans doute désœuvrée, tournant distraitement les 465 pages de L'empreinte deAlexandria Marzano-Lesnevich, baignant dans les rayons du soleil ou dans l'eau bleu céruléen de la piscine familiale quand les premiers, canicule oblige, deviennent trop intenses... Mais d'aucuns ont tout faux, ou presque. Je baigne en effet, mais depuis quelques jours seulement. Et si je n'ai pas donné signe de vie c'est  qu'une fois de plus, en juillet, je suis repartie dans le tourbillon de ma vie à savoir celui du Festival d'Avignon. Avec Laurent mon metteur en scène et Lucas mon pianiste. On a affiché, on a paradé, on a tracté, on a retracté, puis on a joué, on a démonté..…

118. Trottiniet

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Ça y est, ça m'énerve. Au début je trouvais que l'idée n'était pas mauvaise, pour ne pas dire bonne. Et puis après quelques semaines, je dois bien le reconnaître, je trouve finalement que c'est complètement con. Je ne suis pas encore (trop) vieille mais je me demande si je ne deviens pas un chouïa réac ? Les premiers symptômes sont apparus avec l'écriture inclusive. Oui, oui, je sais. Les termes autrice et peintresse étaient monnaie courante sous ce bon vieux François 1er. Mais si vous voulez mon avis, si le terme philosophesse est tombé dans l'oubli ce n'est sans doute pas un hasard. Ni un mal. Vous en connaissez beaucoup des philosophesses du XVIème siècle ? Normal, y en n'a pas. Déjà qu'à l'époque, être une femme ça devait être coton - voire toile de jute ! - je comprends qu'aucune n'ait eu envie de se lancer dans une profession dont la simple dénomination l'exposait aux jeux de mots les plus vaseux de ses contemporains.  Si ça …

117. Festifolle

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Aaaaaaaaaaah ! Mais, qu'est-ce qui m'a pris ? A force de m'entendre répéter que je suis folle, j'ai dû finir par le devenir, c'est pas possible ! A moins qu'à force de voyager, mon subconscient ne m'ait trouvée un peu trop décontractée ? Le temps lui a sans doute semblé un peu trop long et mes angoisses parisiennes (à l'instar de ma silhouette !) bien amaigries. Il s'est dit qu'après tous ces décalages horaires, il était temps de remettre les pendules à l'heure. Il a donc convoqué mon Ça, mon Moi, mon Surmoi, Œdipe et Peter Pan pour un grand brainstorming et tous ensemble, ils ont conclu que ce qu'il me fallait, c'était un bon coup de pression, bien solide et bien durable, histoire que je retrouve le stress que j'avais égaré quelque part entre Bogota et Tel Aviv. Bref, nous étions tranquilles avec Florence en terrasse du Bureau à Dieulefit, quand entre le Spritz et les olives, nous avons eu un éclair de génie : "Si on créa…

116. Super Mamie

Elle est toute petite, toute fragile, elle a l'air perdue dans ce fauteuil roulant trop grand pour elle. Son visage s'éclaire d'un grand sourire quand je la rejoins et je pourrais presque croire qu'elle m'a reconnue. Je lui rends son sourire au centuple et colle deux baisers sonores sur la fine peau de ses joues. Elle rit, m'examine un instant et son regard se perd tandis qu'elle cherche mon prénom. "Stéphanie, Mamita. Je suis Stéphanie." Quoique vaste et passionnant, je ne m'étends pas sur le sujet. Elle a déjà oublié mon prénom. Elle oubliera jusqu'à ma visite aussitôt que je serai partie. Je m'en fiche. Elle peut bien m'appeler Ava ou Mimou, si ça lui fait plaisir. Pour elle, je veux bien être Esther, Desdémone ou la Reine de Saba. N'importe qui, plutôt que de n'être personne.
A travers la fenêtre, les rayons du soleil tentent vainement d'apporter un peu de chaleur aux murs gris de la salle commune. Autour des tabl…

115. Les frites, c'est chic!

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D'abord.... D'abord y a la pluie... Celle qui te fouette le nez...  Qui tombe sans s'arrêter... Des petites gouttes glacées, probablement frustrées d'avoir été recalées au casting des flocons de neige, et qui se vengent en te postillonnant sans relâche au visage. Bienvenue à Bruxelles, pfft! Charmant accueil... Bruxelles, du néerlandais Broek-Marais et Sali-Habitation d'une seule pièce. Ça n'est pas que je sois particulièrement calée en néerlandais, mais  après avoir fait pipi (plassen), je sirote mon café au Texaco de la N5 tout en feuilletant le Guide de conversation néerlandais - Les phrases les plus utiles d'après Andrey Taranov disponible pour 8€ seulement. Certes, nous sommes encore à 150 kilomètres plus ou moins de l'autre pays du fromage mais c'était ça ou bien Réfléchissez et devenez richede Napoléon Hill et d'une part les émanations d'éthanol ne m'ont jamais incitée à la réflexion, d'autre part, à quelques kilomètres de Wa…

114. Hotte mail

Cher Père Noël,

J'apprends que tu t'es mis au numérique et qu'à présent on peut t'envoyer des courriels. Sans doute ta boîte postale te coûtait-elle trop cher. A moins qu'en Laponie aussi, les sapins ne soient victimes de déforestation. Ou tu es peut-être tout simplement passé chez Sosh? Bref, ce soir c'est Noël et tu dois être en pleins préparatifs pour ta tournée (à ton âge, maintenant que tu t'es mis à Internet, pourquoi ne fais-tu pas livrer tes paquets par Amazon?).  Quant à moi - après avoir liké ta page Facebook, suivi ton compte Insta et followé (si on dit followé!) ton compte Twitter - je t'écris ces quelques lignes, à l'ancienne. Je ne sais pas si tu les liras, c'est sans doute un peu tard, mais comme mes cadeaux, je fais les choses à la dernière minute.  Alors dis moi? Comment vas-tu Père Noël? Depuis toutes ces années? Mais attends... j'oublie le protocole!  Je m'appelle Stéphanie, j'ai 45 ans (ça fait un bail que je ne…