vendredi 22 janvier 2016

82. Toute ouïe

Quand on m'a retiré les premiers pansements, j'ai d'abord cru que j'étais devenue Super Jaimie! Alors moi aussi, on m'avait greffé une oreille bionique? Pour un peu, je me serais presque mise à courir au ralenti en pantalon pattes d'éph après de vilains espions à la solde des Russes! Sauf qu'après l'intervention, d'une part j'aurais eu l'air maligne à courir avec ma blouse en papier ouverte à tous les vents dans les couloirs de la clinique et d'autre part, j'étais aussi devenue Super Pompette. Alors là je vous arrête tout de suite. N'allez  pas vous imaginer des choses. Par exemple que je me sois sifflé trois coupes de Dom Perignon direct en sortant du bloc op'! Non. Simplement, vous saurez que privé de repères auditifs, il est difficile de se tenir debout. Il n'était donc pas question que je me mette à galoper après qui que ce soit. Du coup, j'ai préféré rester couchée et attendre que l'infirmière m'apporte mon eau chaude aux poireaux et mon yaourt au goût bulgare (la clinique était privée). C'était plus sage. De toute façon je ne cours jamais après les vilains espions, qu'ils soient russes ou yougoslaves. Ou bulgares à l'instar des yaourts. Je ne cours que si Hannibal, mon coach sportif - c'est son vrai nom - me l'ordonne. Il se peut d'ailleurs que Hannibal soit un espion venu de l'Est mais je ne me suis pas renseignée.
A mon retour de la clinique, j'ai assez vite réalisé que je n'étais pas (encore) devenue Super Jaimie. Après un séjour de trois jours à la clinique seulement j'étais d'abord devenue Super Moche. Dans la salle de bain, je tentais bien une incantation douteuse, "Miroir, méchant miroir, dis-moi qui est la plus laide?" Mais le miroir s'est un peu trop docilement exécuté à mon goût, me renvoyant un portrait de moi méconnaissable et difforme : ma crinière incontrôlable dont je suis habituellement si fière était devenue filasse et graisseuse, j'avais le teint cireux, la lèvre pâle, les yeux petits comme tombés au milieu de la figure. Une incarnation authentique du glamour en somme! Ensuite, toujours ces bourdonnements et ces vertiges, Super Pompette, le retour. Pour finir, je me sentais frustrée car à travers les derniers bandages, malgré l'opération, je ne pouvais pas comme la femme bionique de la série entendre  à travers le plafond ce que les voisins du premier se racontaient rien qu'en dégageant négligemment les cheveux (non graisseux!) de mon oreille. Par contre, au bout d'un certain temps, je suis arrivée à identifier qu'ils passaient inlassablement un balai Bissel à longueur d'après-midi. Un balai Bissel!!! En même temps, c'est assez cohérent que ça dure l'après-midi entier si l'on tient compte de l'efficacité de l'accessoire. Mais tout de même, ça m'a littéralement stupéfiée! J'aurais voulu concentrer les pouvoirs de ma nouvelle oreille quasi bionique pour savoir s'ils utilisaient encore un Minitel mais avec les pansements c'était encore trop tôt, bien sûr. Après mûre réflexion, comme j'avais envie de dormir quasiment toute la journée, j'ai fini par apprécier leur goût rétro pour les années 70 et le balai Bissel plutôt que pour un aspiro 1600 watts.
Peu à peu, j'ai repris du poil de la bête. Au propre comme au figuré. Parce qu'en convalescence, et au point où en étaient mes cheveux de Super Moche j'avais d'autres préoccupations que l'usage de mon Epilady, vous m'excuserez. Entre autres, j'attendais de revoir mon ORL. Forcément, vu qu'on m'avait opérée de l'oreille. Mon prochain détartrage, là tout de suite, je m'en fichais un peu comme de mon premier coloriage. Donc j'attendais. Avec mon bonnet sur la tête. Parce qu'en tant que Super Moche j'ai fait l’acquisition d'un bonnet. Les superhéros ont toujours un costume ou un accessoire, c'est bien connu. Une cape, des bracelets, un masque, un bouclier, que sais-je. Il m'en fallait donc un qui soit à la fois pratique, pour protéger les pansements et l'oreille des coups de froid et esthétique autrement dit qui dissimule habilement ma toison huileuse. J'ai donc opté naturellement pour le bonnet de laine après avoir longuement hésité avec la cagoule... Je me suis d'ailleurs réjouie que mon opération ait eu lieu en plein hiver parce qu'au mois d'août je me serais sentie drôlement ridicule avec mon gros bonnet et son gros pompon. Mais là, non. Ça va. En plus, je l'ai bien choisi mon bonnet. Dessus il y a écrit  Happy.  C'est exprès.
Parce que mon ORL je l'ai revu. Il m'a enlevé le dernier pansement, il a enlevé les points de suture, il a sorti des outils bizarres, il a tripatouillé, il a aspiré, il a grattouillé, il a épongé dans mon oreille et puis tout content de lui, avec un grand sourire, il a dit que l'opération s'était très bien passée, on se revoit dans quinze jours, pour surveiller. Maintenant, dans la rue, à la boulangerie, sans prévenir du côté de mon oreille gauche, j'entends. Deux, trois fois plus fort qu'avant. Comme une bulle. C'est rigolo. J'ai envie de demander aux gens : "Vous pourriez baisser le volume de votre moteur s'il vous plaît?" "Vous pourriez claquer des talons moins forts?"  Pour le moment ça dure 1 minutes ou deux et puis ça va perdurer. Dans trois semaines, la prothèse qu'on m'a posée dans l'oreille sera en place et je retrouverai un niveau d'audition quasi normal en permanence. Si ça se trouve, je pourrai même entendre des bruits que je n'entendais pas avant! Comme Super Jaimie? Ouais! Pareil! Comme Lassie aussi, faut voir. Bon, le hic, c'est que d'ici là je ne peux pas me laver les cheveux et que je dois garder mon super bonnet de Super Moche. Franchement, je m'en fiche. Super Jaimie, moiMon oreille, elle n'est pas bionique, elle est en  plastique. Super Moche, moi? Soyons lucide, ce n'est pas avec ce bonnet, que je vais me trouver un mec qui vaut 3 milliards. Et alors?
Je commence 2016 avec une toute nouvelle oreille et dans le genre Super Cadeau d'anniversaire,  je ne vois pas ce qu'on aurait pu m'offrir de plus SUPER!

https://fr.wikipedia.org/wiki/Super_Jaimie
Super Jaimie (Lindsay Wagner)

mercredi 18 novembre 2015

81. Terrassée...

Aujourd'hui, c'est mardi. Paris pleut. Ou plutôt, Paris pleure. Moi, j'en ai assez de pleurer. Assez de promener ma peine le long du macadam entre les fleurs, les hashtags, les paraboles des camions des télés internationales et les bougies. Assez depuis trois jours, de cette envie de vomir, de ne pas pouvoir dormir et de ce funeste refrain qui me tourne dans la tête Ah... Ah... Ah... Je me sens pas bien. Ah.. Ah.... Daech ça craint. Pour une fois que j'ai rien bu, j'aurais peut-être dû... Pourquoi je me sens si mal? 
Facebook m'a suggéré de me peinturlurer en bleu, blanc, rouge. Twitter m'a conseillé de mettre une bougie à ma fenêtre. Instagram m'a encouragée à boire des coups en terrasse. Le Président de la République m'a incitée à faire une minute de silence. Et même, de New York à Londres en passant par Le Caire et Berlin, le monde entier a tenté de me consoler en me chantant la Marseillaise. 
Tout ça, c'est gentil. Mais vain. Rien ne marche. J'ai toujours mal. Là. Juste ici, vous voyez? Du côté du cœur. Du côté de ma France. La télé a dit que c'était une attaque. Qu'il me fallait du repos. Faut dire que j'ai des antécédents. Ça m'est déjà arrivé en janvier. D'ailleurs, j'ai tout de suite reconnu les symptômes: la douleur foudroyante au creux de la poitrine, le souffle coupé, la sensation de panique, les palpitations... Je me croyais remise mais visiblement non. Pourtant, j'avais fait tout bien comme il faut. Je m'étais mise au rameau d'olivier, j'avais manifesté dans les rues pour faire de l'exercice, j'avais résilié mon abonnement à Biba pour éviter les émotions trop fortes et j'en avais pris un à Charlie Hebdo, dont la lecture était chaudement recommandée pour ma convalescence. Je commençais à me dire que, si je n'étais pas totalement guérie, du moins j'avais survécu au choc et qu'avec le temps, la douleur finirait par s'atténuer. Et puis sans prévenir, la voilà qui se réveille! Pour de vrai! Atroce, injuste et fulgurante! A cause d'une bande d'illuminés qui se sont mis en tête de tourner un remake sanglant et pourri de Timbuktu au coin de la rue. Ça fait mal je vous dis! Tellement mal! Je voudrais bien crier mais ça demande trop d'effort et je me sens curieusement vide.
Je me sens seule aussi. Même au milieu des gens que j'aime. Même au milieu de tous ces inconnus que j'ai envie d'aimer. C'est ma ville ça? Vous êtes sûrs? Pourtant je vous jure que les rues, les arbres, les gens ne sont plus les mêmes. Je me sens perdue dans ce Paris de lendemain d'apocalypse. Malgré toutes ces formidables démonstrations patriotiques, aussi belles et émouvantes soient-elles. Avec mon p'tit bouquet et ma p'tite bougie je sais pas de quoi j'ai l'air mais une chose et sûre, je ne suis pas très vaillante.
Alors ce soir, bon gré, mal gré, je prends la direction de la terrasse du Mange Disque. Pas parce que c'est politique ou militant de s'asseoir en terrasse pour boire du Chiroubles. Ni pour chier à la gueule de ces cons d'enfoirés de terroristes. C'est pas mon truc la scatologie. Non. C'est plus simplement parce que ça fait chaud de retrouver les copains et que là tout de suite, j'ai besoin de pleurer encore un tout petit peu au creux de leurs bras. Et puis en plus, l'intérieur du Mange Disque c'est tout petit et en terrasse, y a plus de place!
Au Mange Disque c'est le bar de mon chouette copain RV dans le Marais. En arrivant ce soir, je l'embrasse, je l'aime un peu plus fort que d'habitude et puis je lui commande un Martini. Je le laisse choisir la couleur et se moquer gentiment de moi. Ce soir, un autre chouette copain d'amour, l'Artiste Pitre, un artiste dingue un peu peintre, vernit ses sacs et nous on est là, fidèles au transistor, pour boire des coups, écouter Luna Parker, et nous empiffrer de Car en Sac (parce que Pitre il vernit ses sacs, pas des tableaux, mais j'ai compris la blague que après plusieurs Martini). Pendant que Daniel, Alexis, Jessy  descendent allègrement les vodkas cranberry, je me dis que la vodka c'est dégueulasse, mais quand même, c'est moi qui suis vernie de pouvoir me réchauffer et rigoler dans les bars et les bras des copains. C'est rien peut-être. Mais c'est bien.  
Et puis... y a Romain qui débarque. Le mien à moi. Il est pas beau comme un soleil, mais je l'aime pareil que Brel aime Frida. Parce qu'avec lui, même les mots sont parfois de trop. Parce qu'avec lui, je peux pleurer sans compter les kleenex. De rire, de chagrin, ça dépend... De la vie ou du film... Romain est là. Avec moi. Nous sommes en terrasse. Je n'ai pas peur. Je me dis simplement que la peine, c'est comme la vie, la musique, les verres d'Irancy et le saucisson, c'est meilleur quand on partage. 
Et quand ça ira mieux, on retournera dans les théâtres, les musées, les salles de concerts et pourquoi pas allez, même dans les stades!


Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment comme nous d'un aussi grand amour. 
Jacques Prévert dans Les enfants du paradis


vendredi 25 septembre 2015

80. Le pouvoir des fleurs

Samedi, 16h45. Dans un quart d'heure à peine, j'ai rendez-vous avec le bonheur. Vite! Je sors. Métro Barbès-Richechouart. Sous l'enseigne de TATI, je manque d'abord de m'embrocher sur la perche à selfie d'un touriste japonais. Je slalome tant bien que mal entre les vendeurs de contrefaçons et les joueurs de bonneteau. Plus loin, je refuse une cartouche de Marlboro (Gold) quoiqu'à moitié prix ainsi que plusieurs épis de maïs grillés. Tous ces contretemps m’exaspèrent, j'ai les nerfs à vifs! Laissez-moi passer! Je ne veux pas être en retard! Et s'il ne m'attendait pas? Passé Anvers, enfin, la chaussée se dégage. J'accélère le pas et débouche finalement sur la Place Charles Dullin avec dix minutes d'avance... Ouf! J'ai le front moite de m'être précipitée, à moins que ce ne soit ma veste trop chaude pour les 25°C de ce mois de septembre. J'ai encore quelques minutes devant moi. J'en profite pour ôter ma veste et savourer ce début d'automne ensoleillé. Autour de moi, des arbres jaunissant et des gens qui sourient aux terrasses des cafés pendant que d'autres flânent au hasard des rues de Montmartre. Une fois de plus, le charme de Paris me submerge à l'improviste. Derrière moi, se dresse le joli Théâtre de l'Atelier. C'est ici que j'ai rendez-vous. Dans ce théâtre où, il y a quelques années (déjà?), j'ai applaudi tour à tour Laurent Terzieff, Suzanne Flon et Michel Bouquet. Le cœur battant, je pousse la porte, je retire ma place au guichet et alors que la sonnerie retentit, je m'installe "confortablement" sur le siège 83 du balcon non sans avoir glissé 2 € dans la main de l'ouvreuse rémunérée au pourboire, merci. Une fois assise, je m'interroge : 2 € n'est-ce pas trop? Mais 1€ c'est un peu chiche, non? En attendant le début du spectacle, je scrute les spectateurs à l'orchestre:  et eux, combien ont-ils donné à l'ouvreuse? 1€ ou 2€? Les nombreux crânes dégarnis me laissent croire que je dois être la seule dans la salle à ne pas bénéficier du tarif senior. Seule sur mon siège, je suis impatiente. J'espère que mon compagnon ne va plus tarder car le spectacle est sur le point de commencer. Déjà, l'ouvreuse demande à l'assistance d'éteindre son portable, je m'exécute pendant que les lumières s'éteignent, le silence gagne progressivement la salle...
Le spectacle commence... Le grésillement d'un électrophone... Un piano qui frémit... (Mais où est-il?) Un ciel d'été... (Mais que fait-il?) Un gazon verdoyant... Ah! Enfin! Le voilà!!! Dans la pénombre, je souris à François Morel tandis qu'il gravit vivement les quelques marches qui mènent à la scène. Nous voilà enfin réunis. Le bonheur peut commencer. 
Sur la scène, apparaissent Hyacinthe et Rose, deux petits vieux étrangement familiers entourés de leurs petits-enfants.
Sur la scène il y a du soleil, des genoux écorchés, des épines, des jours de pluie, du foin coupé, un comptoir de bistro, des copains, des abeilles, des vacances d'été, un chat, L'Huma et même un curé. 
Sur la scène, ça sent bon la confiture, le chocolat du goûter, le Ricard mais ça embaume surtout les fleurs aux mille couleurs du jardin parfumé de Hyacinthe et Rose.
Sur la scène fleurissent aussi les jolis mots de François Morel égayés par les notes toutes douces d'Antoine Sahler. 
Sur la scène, ça sent maintenant un peu la sueur de François et Antoine. Mais on s'en fiche. 
Sur la scène, c'est plein de poésie, de tendresse, de naïveté, de mélancolie, de chagrin parfois et de (sou)rires. C'est plein de tout ça et c'est pour ça que ça sent la sueur!
Sur la scène il n'y a que l'essentiel. Rien d'autre. Pas de projection en 3D, pas de numéro de trapèze aquatique, pas de costume de Torero. Rien. Une chaise, une table, un piano. Pis ça suffit. 
Au final, sur la scène du Théâtre de l'Atelier, chez Hyacinthe et Rose, il y a la vie. Simple et jolie. 

Après 1h15 de spectacle, Hyacinthe et Rose ne sont plus. Ils reposent paisiblement à l'ombre de leur jardin fleuri de tulipes, d'agapanthes et de lilas, tandis que dans la salle, les lumières  se rallument. Les reniflements de ma voisine me rassurent: je ne suis pas la seule à les pleurer. Hélas, mon rendez-vous s'achève. Je me lève du siège 83 du Théâtre de l'Atelier et sors du théâtre, heureuse. Je flâne aux pieds du Sacré Cœur en regardant le bleu du ciel... Hyacinthe et Rose ont réveillé des souvenirs d'enfance et de campagne qui me reviennent en tête... Soudain  je me rappelle cette poésie de Paul Fort apprise à l'école :

Le bonheur est dans le pré,
Cours-y vite, cours-y vite
Le bonheur est dans le pré , 
Cours-y vite il va filer! 

Je me dis alors que le bonheur n'est seulement dans le pré, il est aussi sur les scènes de théâtre... 
En particulier dans le spectacle de François Morel! Courez-y... il va filer!

Même l'affiche est jolie et elle est de Martin Jarrie, peintre illustrateur

samedi 29 août 2015

79. Ne pas rentrer

Comment ça? Déjà? Mais... Mais non! Mon maillot n'a même pas eu le temps de sécher! Alors sous prétexte que Bison Futé voit rouge ce weekend, il faudrait en conclure que les vacances sont finies? De deux choses l'une, ou bien il n'est pas très fut' fut' le Bibi, ou bien il faut qu'il consulte un opticien! Le thermomètre affiche 35°C, la piscine 26°C, pas un nuage ne vient s'interposer entre le soleil et mon bronzage, les lauriers n'en finissent plus de fleurir, le teint rougeaud malgré le Bob, quelques Hollandais égarés continuent de déambuler le long des ruelles de Dieulefit, le Rosé (tiède) est encore en promo au Super U et brochettes et merguez continuent d'embaumer les barbecues alentours, c'est tout dire!
Alors ok, il se peut que Bison Futé soit père de famille et qu'il doive s'occuper de la rentrée scolaire de ses... de ses... de ses quoi d'ailleurs? Ses bisotons? Ses bisonceaux? Comment on dit? C'est bien la peine de se presser de rentrer à l'école, même Google est incapable de répondre, bravo! Bref, s'il doit rentrer remplir les cartables Minions de ses bisotrucs, qu'il voit rouge, vert ou violet le bison daltonien, ce n'est pas mon problème. J'y suis, j'y reste. Même si les melons sont (un peu) moins sucrés et que les étoiles filantes ont filé... Même si Patrick Cohen est de retour sur France Inter. Même si Amélie Nothomb publie (encore!) un nouveau roman. Même si j'ai trouvé mes impôts dans ma boîte aux lettres. Même si Marie-Claire m'aide à choisir un sac tendance pour la rentrée. M'en fiche. Pourquoi je devrais rentrer? Un sac j'en ai déjà un. Et puis je n'ai pas fini de lire Le complexe d'Eden Bellwether. Nous sommes d'accord que je suis quand même plus au calme ici pour connaître la fin? Bon. Même la SNCF veut que je reste dans le Sud! Je n'invente rien : pour le même trajet, dans une semaine à peine, elle baisse gentiment le prix de mon billet de 154€ à 43€. Avouez que c'est adorable! Je ne peux quand même pas risquer de la vexer en partant trop précipitamment. Et mes nouveaux amis locaux qui m'invitent à boire des diabolos PAC à la terrasse désertée du Jean's Café? Qui leur chantera du Michel Delpech et du Daniel Guichard pendant qu'ils grignoteront leurs cacahuètes si je m'en vais? Hein? Qui? Je ne peux tout simplement pas gâcher leurs derniers apéros de l'été! Ils m'en voudraient et cela compromettrait mon prochain séjour chez eux à Marseille! Et puis il y a aussi les copains qui sont déjà rentrés, que ce soit à Paris ou ailleurs. C'est important pour eux que je les nargue encore quelques jours depuis le bord de la piscine. Comme ça, un petit peu, sans méchanceté... Ça leur montre que je pense à eux, que je n'oublie pas qu'ils ont soit un temps pourri, soit repris leur boulot, ou même qu'ils ne sont pas partis du tout en vacances et ils sont touchés de cette petite attention... Et puis si je rentrais plus tôt à Paris, je porterais un préjudice à l'économie locale. Bon, pas énorme le préjudice, mais quand même... Eh! Je n'irais ni au marché, ni au spectacle, ni à l'accrobranche, je ne ferais pas de randonnée à cheval. Non, vraiment, c'est important que je reste en vacances. Pour moi, pour mes amis, pour la Région Rhône-Alpes!
Soyez donc rassurés, je lézarde consciencieusement au bord de la piscine encore quelques jours.

Au fond, j'ai beau savoir que Bison Futé a raison, et qu'il est temps de faire les valises et de rentrer me remettre au travail, j'ai beau être impatiente de reprendre le chemin incertain des cafés-théâtres, des cabarets et des bars à chansons, j'ai beau avoir hâte de reprendre ma plume pour signer blogs, pièces et chansons, tous les ans, j'ai bien du mal à me dire que les vacances sont finies, qu'il faut quitter ce décor magnifique parce que c'est la rentrée....


dimanche 28 juin 2015

78. Famille... Je vous aime

Voilà, je sais.
C'est un peu comme un Mojito. 
Un savant mélange entre la chaleur du rhum, la douceur du sucre de canne, la fraîcheur de la menthe, le piquant des bulles d'eau gazeuse mais qui n'a aucun intérêt si l'on n'y ajoute pas le petit trait acide du citron vert... Pour bien l'apprécier, il faut être bien détendu, loin de ses petits tracas quotidiens.  Au soleil de préférence. S'il y a une piscine ou une plage alentour alors c'est encore mieux. Vous ne trouverez rien de plus rafraîchissant que ce cocktail délicieusement givré! Ceci étant, il ne perdra rien de sa saveur si vous vous trouvez sous la tempête en Normandie. Vous ne trouverez alors rien de de mieux pour vous réchauffer que ce cocktail subtilement dosé! A Paris, les occasions de goûter ce cocktail sont plutôt rares. Du reste, au quotidien, le goût ne serait pas le même. Trop de sucre... Pas assez de rhum... Et puis je crois que, à en boire trop souvent, à force, on se lasserait. Car  la recette mise à part, le plaisir vient aussi de ce léger parfum de surprise que portent avec elles les fêtes de famille. Du moins les fêtes de ma famille. 
Ma famille ce n'est ni Un air de famille  ni Festen. Ma famille est joyeuse et fait du bruit. Ma famille vient du Nord et du Sud. Aujourd'hui, ma famille est même devenue internationale. Dans ma famille on s'appelle sur Viber et sur Skype, on se Twitte et on se laisse des messages sur Facebook. Ma famille est de toutes les couleurs et de toutes les religions. Dans ma famille, il y a des profs, des metteurs en scène, des médecins, des journalistes, des avocats et même des flics. Dans ma famille, on a plutôt de la chance car il n'y a pas d'homme politique. Mais il y a des syndiqués, des retraités, des expatriés, des fonctionnaires, des lycéens, des chômeurs, des intermittents, des indépendants, des étudiants bref tout un tas de militants! Dans ma famille, il y a des enfants qui courent partout et tout plein d'oncles, de tantes et de cousins et des cousines de toutes les tailles : petits, normaux ou grands (je peux avoir un prénom s'il vous plaît?). Mais dans ma famille, il n'y a plus qu'une seule Mamita qui ne fait plus le Couscous ni la Dafina depuis longtemps, et quand on a envie de la Tarte au sucre ou du Cramique de Mamoune, maintenant, on les fait nous-mêmes. Après, on s’envoie des photos tout fiers du résultat, même si on est bien obligé de reconnaître que la tarte n'est pas exactement pareille que quand elle la faisait. Dans ma famille, il y a aussi les amis. C'est normal parce que dans le mot famille, au milieu, caché, il y a le mot ami. Mais attention! Pas n'importe lesquels, d'amis! Ceux qui sont sur les photos de classe et les photos de vacances. Ceux qui nous ont vu avant le café du matin et après le dernier petit verre du soir. Ceux avec qui on a partagé le Couscous, la Tarte au Sucre et aussi une petite cuite de temps en temps. Parce que  dans ma famille, que l'on soit 3, 7 ou 50 à table, on mange, on boit et puis quand on a fini, on se ressert une seconde fois! Quand on arrive par le Sud de ma famille, c'est la première question qu'on pose : "Tu as mangé?". Inutile de répondre, l'assiette est déjà sur la table.  D'ailleurs, rares sont ceux qui ne cuisinent pas.
Mais dans ma famille, personne ne cuisine comme ma mère.
Ma mère vient du Sud et comme elle sa cuisine est colorée, piquante et généreuse. Mais surtout, la cuisine de ma mère est fameuse!
Dimanche dernier c'était la Fête des pères. C'était surtout la fête de mon père, car nous célébrions ses 70 ans. Pour lui, pour nous les 50 convives du Nord et du Sud joyeusement réunis pour cette occasion, ma mère a passé 3 semaines dans sa cuisine à mitonner un feu d'artifices de saveurs et de mets afin de nous régaler. Et nous n'avons pas manqué de faire honneur à son buffet gargantuesque (je mange les restes depuis une semaine!) tellement appétissant que même le soleil en a voulu sa part, bientôt délogé par les premières étoiles, venues accompagnées des musiciens brésiliens.
Repus, heureux d'être ensemble, nous avons évoqué tour à tour les souvenirs d'enfance, pris des nouvelles de ceux qui ne pouvaient pas être là et pensé à ceux qui ne pouvaient plus être là. Nous avons ri. Et pleuré un peu quand, bien sûr, j'ai chanté Petite. Nous avons dansé le Forro sur le bord de la piscine éclairée en buvant du Champagne. Nous avons fait la chenille. Dans ma famille on est un peu beaufs. Nous avons plongé tout habillés dans la piscine. Dans ma famille on est un peu couillons. Nous avons bu encore un petit coup en ressortant le fromage. Et puis après qu'Aretha nous aient demandé un peu plus de  Respect, on est allé se coucher.
Le lendemain à midi, après le petit-déjeuner on s'est remis à table et on a recommencé à piquer de la fourchette. Parce que dans ma famille, on n'est pas des mauviettes!

Ma famille n'a rien d'exceptionnel... Mais c'est la mienne. 
Ma famille est belle. Du Nord au Sud.
Je vous aime. 

Dieulefit, 20 Juin 2015


mardi 9 juin 2015

77. L'amour, c'est trop lourd!

Madame l'amère de Paris,
Je comprends bien que vous ne devez pas rigoler tous les jours au boulot quoique pour une ancienne inspectrice du travail, Maire de Paris ça doit sembler aussi joyeux que lutin du Père Noël.  Vous connaissez sans aucun doute les règles du Je politique et c'est pourquoi vous avez été élue. Tant mieux. Ça avait l'air de vous tenir tellement à cœur, j'ai même voté pour vous. Pourtant, je dois être honnête, je préfère de loin ma modeste situation à la vôtre. Certes, ils sont houleux les flots de l'intermittence du spectacle et je m'interroge quelquefois - et pas seulement pour réviser mes classiques - qu'allais-je donc faire dans cette galère, ballottée sans cesse par les vents contraires de la création et du Pôle Emploi? Dans ces moments je me réponds (forcément puisque je m'interroge) que j'ai embrassé (et avec quelle fougue!) une carrière imprévisible, incertaine et peu lucrative c'est entendu mais qui a le mérite de faire mon bonheur et peut-être même celui de quelques spectateurs égarés en passant...
Madame, je ne crois pas que vous puissiez en dire autant et croyez bien que je compatis. Cependant depuis à peine un an que vous occupez vos fonctions, j'ai déjà le mal de Maire.
Permettez-moi de vous poser une question intime... Avez-vous déjà été amoureuse? Connaissez-vous cette inexplicable béatitude? Cette douceur voluptueuse? Ce sentiment de bien-être et de confiance absolus? L'avez-vous déjà éprouvée la sécurité rassurante de vous lover au creux de bras tendres et réconfortants? Vous a-t-on déjà regardée à vous rendre plus belle que Sofia Loren? Ce bonheur immense vous a-t-il parfois rendue délicieusement nouille?  Je vous le souhaite. Si toutefois ce n'était pas le cas, je vous recommande la lecture des Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes, cela pourrait vous instruire...
Madame, hier j'ai emprunté le  Ponts des Art, connu dans le monde entier comme Le pont des amoureux. C'est aussi le pont depuis lequel Boudu se suicide mais c'est nettement moins romanesque. Nettement moins connu aussi. Passons donc et ouvrez n'importe quel guide touristique. Vous lirez que je n'invente rien: Chouchou et Loulou viennent du monde entier cadenasser leurs cœurs au parapet du  Pont des Arts. C'est poétique, c'est romantique et puis c'est bien moins cher qu'une bague chez Mauboussin. Une tradition simple et charmante en somme...
Après l'effondrement d'une partie de la passerelle l'an passé, la Ville avait annoncé que "les cadenas ne sont pas bons pour le patrimoine parisien" (ce qui m'embêtait un peu, surtout pour fermer mon vestiaire à la salle de sport). 
Cette semaine donc, cadenas et tradition ont disparu.
Hier sur le Pont des Arts, je n'ai pas croisé le vent, le vent fripon mais plutôt les derniers cadenas, qui attendaient d'être forcés. Sous le soleil du mois de juin, cette partie du pont resplendissait comme un véritable lingot d'or posé sur la Seine... Ah! l'Amour... Existe-t-il un sentiment plus précieux? me demandai-je en regardant couler le fleuve.
C'est en me retournant de l'autre côté du pont que j'ai eu ma réponse. De ce côté, les cadenas avaient déjà disparus. Les rambardes provisoires étaient recouvertes de plaques de contreplaqué bariolé pardon, couvertes de Street Art, tout droit sorties de chez Leroy Merlin, et qui laissent penser quant à elles que l'Amour c'est drôlement moche...
Des Anglais qui erraient sur le pont ne savaient pas quoi faire de leur grand amour, leur petit cadenas dans les mains. Entre deux selfies, des Espagnols leur ont filé un tuyau: la Passerelle Léopold Sédar Sanghor se trouve à deux ponts juste en face du Musée d'Orsay... Et profitez-en, l'expo Bonnard est magnifique!
Madame la Mémère de Paris, je comprends bien que autant d'amour c'est lourd à supporter et que ça peut même être dangereux. Mais si on prend ses précautions? Qu'on fait bien attention?  Par exemple, si vous faisiez fabriquer un arbre à cadenas? Un peu comme le Mur des Je T'Aime dans le XVIIIème arrondissement. Tout le monde serait content vous savez : les amoureux, les touristes, les vendeurs de cadenas des berges de Seine, les architectes, les artistes (enfin au moins celui à qui vous passeriez la commande!). Et puis moi. Parce que je trouve ça bien joli, dans une des plus belles villes du monde, d'accrocher son cœur à un autre pour être sûr de ne pas le perdre. Mais je me doute que je ne suis pas votre préoccupation principale,  parisienne anonyme que je suis. Vous devez réduire la circulation à 30km/h,  faire pousser des sens uniques un peu partout, détruire les Serres d'Auteuil... je ne veux pas abuser de votre temps.

Mais quand même, pensez-y... Vous pourriez  accrocher le premier cadenas pour votre prochaine campagne? Quoique... Pour ma part, je ne suis pas sûre de vous confier les clés une seconde fois...

Cordialement.

lundi 4 mai 2015

76. La maladie d'humour

C'est quoi au juste l'humour? Très sincèrement. Je m'interroge.

Quand je ne sais pas ce que signifie un mot, j'ai pris la bête habitude d'aller voir dans le dictionnaire.  Cela paraîtra un peu dépassé sans doute, mais je l'aime bien Robert! Je peux même dire que c'est un vieux copain. Un ami d'enfance pour ainsi dire. Et en amitié du moins, je suis fidèle. Ou presque. Je ne peux pas nier que, faible femme que je suis, j'ai parfois succombé au charme des pages de son cousin, le petit Larousse. Le pouvoir mystérieux de ses illustrations colorées sans doute... Mais Robert n'est pas jaloux, il ne m'en a jamais tenu rigueur. La preuve! Alors que je le feuillette délicatement, cet ami de toujours m'offre sans façon la définition exacte du mot Humour (nom masculin, issu du vieux français humor) et je pense que Robert ne m'en voudra pas si je la partage avec vous. 
Humour :  
1. Forme d'esprit qui cherche à mettre en valeur avec drôlerie le caractère comique, ridicule, absurde ou insolite de certains aspects de la réalité.
2. Caractère d'une situation, d'un événement qui, bien que comportant un inconvénient, peut prêter à rire.
C'est une blague Robert? Une forme d'esprit? Tu déconnes!
Ne le prends pas mal surtout, d’habitude je te fais confiance les yeux fermés mais là... J'ai comme l'impression que tu te moques de moi. Je t'assure! 
Ou alors c'est peut-être que mon esprit  n'a pas la forme requise?
Je t'accorde qu'aujourd'hui, les humoristes sont partout. Impossible de leur échapper : sur scène, à la télé, à la radio, dans les journaux, sur le Net, ils envahissent désormais nos écrans de cinéma et certains s'approprient même le Théâtre du Châtelet ! Ne va pas te méprendre Robert. Je ne dis pas qu'aucun de ces amuseurs public ne sait faire preuve de drôlerie, bien au contraire. Mais tout de même... Je ne sais pas ce qu'il en est pour toi, personnellement je sature.  
Faut-il absolument que tout devienne prétexte à une chronique cocasse ou un sketch hilarant? 
Attention, je ne te parle pas de la forme. Comme toi, je sais bien que le rire n'est pas universel et que c'est une notion subjective.... J'ai lu Bergson. Oh! Ne va pas croire que je me vante, j'étais forcée! Par mon prof de philo en Terminale. Si tu crois que ça m'a fait rire tu te trompes sérieusement (jeu de mot, force 2). Je n'ai rien compris et le jour du bac j'ai sauvé l'honneur avec un piètre 12, que mes parents n'avaient pas trouvé drôle tu peux me croire. Par contre Rabelais, Groucho Marx, François Morel et Fluide Glacial, là je maîtrise! Je sais bien que le rire ne se conjugue pas toujours au présent de l'indicatif et que Je ris n'implique pas nécessairement que Tu ris ou que Nous rions... Oui, oui, Robert, tu me l'as dit que certains adjectifs s'accordent bien avec l'humour : absurde, noir, juif, gras, grinçant, bête... Tu m'as même appris que médical peut parfois s'accorder avec humour. A ce propos,  je t'avoue que je cerne mal le concept? Passons. Ma question n'est pas Peut-on rire de tout? Desproges a déjà répondu, merci à lui. Ma question serait plutôt : POURQUOI rire de tout?
Faut-il absolument qu'on nous serve un humoriste avec le café tous les matins pendant les infos? Est-il nécessaire de faire appel à un comique pour vendre les services d'une banque ou ceux d'une assurance? Et en politique? Faut-il désormais absolument que en plus de leur orientation droitière ou gauchère, nos (ex/présents et/ou futurs) dirigeants aient aussi le sens de l'humour et parsèment leurs discours de bonnes blagues pour séduire l'électeur? Est-il obligatoire de rire quand la terre vient à peine de trembler? L'enseignement (envisagé) du stand-up et de l'improvisation au collège sera-t-il plus utile à un enfant que celui de l'histoire? Enfin, les théâtres de France et de Navarre n'ont-ils plus d'autre choix que de programmer des spectacles (prétendument) hilarants? Et je ne te parle pas de tous ces humoristes improvisés qui, de Paris à Douarnenez, font du Trempoline sur les scènes ouvertes des arrières salles de bistros!
Tu me diras, que je suis moi-même la première à écrire des chansons et spectacles comiques. Je te répondrais à l'instar de ma chouette copine Nathalie Miravette : comiques oui, mais pas que!
L'humour c'est un peu comme la nourriture, trop de sucre à force ça écœure... Un peu de fromage ou une bonne blanquette de temps en temps, ça change et puis ça varie les plaisirs!
Regarde-les comme ils rayonnent encore, ceux qu'on appelle aujourd'hui non plus Artistes, mais avec une dévotion inspirée "Grands de l'Humour" : Chaplin, De Funès, Bourvil, Maillan, Coluche, Desproges... Les prétendants(us?) humoristes actuels s'en gargarisent autant qu'ils peuvent et tant mieux. Mais croient-ils que ces virtuoses de la fantaisie passaient leurs journées à se taper le fondement sur la moquette? N'ont-ils pas montré que pour être clown on n'en est pas moins triste pour autant? Il n'y a pas que les businessmen qui aient parfois le blues...
Bien sûr, comme tout le monde, j'adore partager une franche rigolade entre copains. J'aime peiner  à reprendre mon souffle au cinéma, glousser au théâtre et me gondoler devant un artiste... Le rire est une sensation merveilleuse, magique, impromptue, parfois même inexpliquée. Du reste c'est ce qui le rend si précieux, à mon sens. Et en matière de marrade, je te prie de croire que je n'ai jamais été avare. Encore aujourd'hui on me reproche mes éclats de rires généreux et sonores!
Mais tu vois Robert, à présent, j'ai cette drôle d'impression qu'il faudrait que je rie du lever au coucher... Au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit comme dirait l'autre. Et je trouve ça fatigant. Je ne fais pas d'abdos à la salle de sport ce n'est pour en faire en écoutant la radio! Qu'on me laisse écouter les catastrophes naturelles, les magouilles politiques et la météo sans fantaisie, merci! C'est comme si les médias ou les producteurs de spectacle, ne sollicitaient qu'une part de mon esprit du matin au soir... Pourtant aussi surprenant que ça puisse leur paraître, je sais aussi réfléchir. Je sais même penser, analyser, ressentir, pleurer, me révolter et encore tout un tas d'autres trucs qu'ils n'imaginent même pas. 
Ou alors? Non... Et si... ?  Dis Robert... Tu crois que je n'ai pas d'humour?