dimanche 10 avril 2016

85. Tchèque ou espèces?

J'ai donc payé cet antivirus 79,99€... Eh! Quand on y pense, ce n'est pas rien. Avec une telle somme, je me suis renseignée, j'aurais pu m'offrir une cage pour furet et rongeurs de dimensions très honorables. Sauf que je n'ai pas de furet... C'eut donc été parfaitement idiot et je ne le suis pas. Idiote.
Avec mes 79,99€ - toujours si j'avais voulu - j'aurais pu me faire tatouer Mario Bros sur la nuque par un tatoueur gothique de Abbeville. Mais d’une part je suis (très) douillette, d'autre part je l'ai dit je ne suis pas idiote et Mario Bros n'arriverait probablement pas en tête de mes choix graphiques. D'ailleurs à ce tarif, j'ai de très sérieux doutes quant aux compétences dudit tatoueur. Tout abbevillois qu'il soit.
Avec 79,99€ (ou moins) j'aurais aussi pu contribuer à mon propre album sur ULULE. Si j'avais été idiote bien sûr. Parce que si j'avais les moyens, est-ce que je lancerai une contribution en ligne? Non, probablement pas. N'empêche que ni vu ni connu, je viens habilement de glisser un message subliminal. Là, juste un peu plus haut à gauche. Maligne la Stef! Je l'ai même mis en rouge pour qu'il sublimine encore mieux. Comme ça personne ne pourra le rater. C'est que c'est pas de la tarte à la rhubarbe à gérer cette histoire de collecte participative, je vous le dis. Dans le genre, je crois même que je suis un peu nulle. Pour ne pas dire carrément. C'est que ce cocktail savoureux de harcèlement et de mendicité n'est pas tout à fait de mon goût... Enfin sans vouloir insister (trop) lourdement, sachez qu'avec les fonds récoltés,  je ne partirai pas aux Seychelles et je n'ouvrirai pas non plus de société aux Iles Vierges. Je vais "juste" faire un album. Evidemment, il sera vraiment super de la mort qui déchire son linceul et donc, vous pouvez m'aider jusqu'au 30 avril.... sur ULULE, donc. Bis.
Bref! Tout ça, c'est pour dire, tout ce qu'on peut faire avec 79,99€! Alors moi, qui ne suis pas idiote je le rappelle, je me suis payé un antivirus. Enfin pour mon ordinateur. Parce que personnellement j'étais à jour de tous mes vaccins. Il avait beau être tout neuf, vu qu'on ne se connaissait pas depuis longtemps, je préférais qu'on prenne nos précautions. On ne sait jamais.
Rétrospectivement, je me demande si je n'aurais pas mieux fait d'investir dans cette cage à furet? Et aussi, si je ne suis pas d'une navrante naïveté? Le site se présente comme La solution de sécurité la plus réputée au monde. La plus réputée au monde? A 79,99€? Le siège social du fournisseur se trouve en République Tchèque... Dois-je douter? Parce que sans vouloir me montrer désobligeante, s'ils sont aussi doués en matière de sécurité informatique que lorsqu'il s'agit de remporter l'Eurovision, je ne suis plus très certaine d'avoir fait le bon choix. Mais ne jetons pas trop tôt la pierre au brtnik des Carpates! Car tout de même, l'antivirus en question dépiste bien la présence des bacilles indésirables. La preuve, ponctuellement une voix clame qu'Une menace a été détectée. Une voix métallique et assez peu mélodieuse. Cela serait-il dû à ses origines tchèques? Toujours est-il que c'est un peu comme si Martina Navratilova s'emparait soudainement de mon disque dur. Une menace a été détectée!!! Ça surprend! En même temps, c'est étrange, mais ça me rassure... D'autant que somme toute, Martina s’exprime assez rarement. Sans doute la tchèque n'est-elle pas très causante. Du moins c'est ce que je croyais jusque hier... Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais subitement on ne pouvait plus l'arrêter! Elle s'est emballée sans raison, répétant sans fin son exaspérante litanie. Une menace a été détectée... Une menace a été détectée... Une menace a été détectée!!! On eut dit que Martina avait décidé de représenter la République Tchèque à l'Eurovision 2016 avec un rap signé par un redoublant de grande section maternelle!! Déçue, j'ai bien dû reconnaître que Martina n'était pas Marie Curie. Ni Joey Starr. Certes, je lui suis très reconnaissante de diagnostiquer et mettre en quarantaine les infâmes bactéries virtuelles qui contaminent sournoisement mon disque dur, mais à 79,99€ je lui serais encore plus reconnaissante de les exterminer! Si je compare, mon gynécologue me soigne mes infections intimes pour bien moins cher. Et il est remboursé par la sécu! Mais il est vrai que mon gynécologue, moins folklorique, moins slave aussi sans doute, ne ponctue pas ses consultations de sinistres "Une menace a été détectée... " Et je l'en remercie.
Vous vous moquez derrière votre Mac? Je sais... Il n'y a pas de ver dans les pommes... Seuls nos PC sont gâtés. Réjouissez-vous, Steve Jobs vous a fait économiser 79,99€.
Mais j'y pense... Quelle bonne nouvelle!!!! Ça vous dirait d' investir dans une superbe cage à furet? Non? Alors si vous participiez plutôt à mon album.... sur ULULE ? Dépêchez-vous, la campagne s'achève le 30 avril ! Ter.

samedi 26 mars 2016

84. Alors on danse?

Mambo... Dile que si... Setenta! Dame! Enchufla! Abanico! 
Je vous arrête tout de suite, je ne révise pas mon espagnol. Je pourrais. Je devrais même. Mais non. Je préfère réviser mes figures de salsa. Qui ricane? Oui, je danse la salsa! Enfin je danse... Ok, ok, c'est un peu ambitieux comme formule... Disons plus humblement que pour le moment, je me déhanche, je tourne, je trébuche bref, je prends des leçons. Et je peux vous dire que ce n'est pas plus simple de s'y retrouver entre un Sombrero et una Muneca qu'entre Ser et Estar. Par contre, c'est bien plus rigolo! Tout du moins pendant les cours. Parce que réviser une danse de couple toute seule, no es tan gracioso. J'ai l'air finaude dans mon salon à piétiner sur le parquet : un, dos, tres... cinco, seis, siete... Pffff! Evidemment, ce serait trop simple de compter jusqu'à huit comme avec la guitare!!! En plus, je mélange tout... Faut faire quoi déjà avec les mains? Je croise en haut ou en bas? De toute façon, je ne sais pas pourquoi je m'entraîne, c'est toujours le type qui guide. Vous me direz, quand on y réfléchit, ce n'est pas très étonnant. C'est une danse cubaine après tout. Quoi? Si les cubains étaient féministes, ça se saurait, non? D'ailleurs, il n'y a qu'à voir les robes des danseuses... Enfin les robes... Plus exactement les ficelles tendues entre les (tout) petits bouts de tissu. Très honnêtement, je doute que les Femen valident les tenues des danseuses de compétition. Fort heureusement, personne n'a encore eu la mauvaise idée de faire entrer le féminisme sur les pistes de danse de salon! Je peux me tromper mais on n'a jamais entendu aucune danseuse exiger d'être l'égale de son partenaire ni proférer un "Oh! C'est moi qui guide!" entre deux tours de piste, si? Et pourquoi? Parce que toutes les femmes vous le diront : qu'il soit cubain, brésilien ou argentin, le machisme latin, celui de la Salsa, du Paso Doble  et du Tango, c'est terriblement caliente! 
Personnellement, après quelques mois de cours, d'un point de vue strictement pratique j'ajouterais qu'il est aussi terriblement fatigant. Eh! Apprendre la salsa, ce n'est pas comme danser un slow avec Michel Houellebecq! Pour vous résumer : il s'agit de se rappeler toutes les figures (les pas et les noms!), de suivre son partenaire (sans trop le piétiner) et le rythme (rarement tempéré), de ne pas bousculer les autres danseurs, tout cela avec féminité et (dans la mesure du possible) grâce. Selon l'avis de Naiara qui nous donne les cours, il faudrait encore ajouter à cela je cite (mais, c'est dommage, sans l'accent tonique ni les fautes de français qui font tout son charme) "une décontraction sensuelle inhérente à la cubanitude de la salsa". Je l'aime bien moi Naiara. Ses cours sont super. Elle arrive, elle branche la sono, elle se déhanche et d'un coup, il y a du soleil. A gozar!  Vas-y que je me trémousse! Baila mi rumba! Mais tout de même... La cubanitude de la salsa? Selon mon avis à moi, pour ne pas dire mon expérience (!), la décontraction est surtout proportionnelle à la quantité de Mojitos ingérée durant la soirée. Le problème étant qu'il existe un risque plus que certain que la sensualité en prenne un coup... Ici (et j'ai bien conscience que ça n'a aucun rapport) je réalise soudainement qu'une salsa avec Michel Houellebecq n'aurait probablement rien de caliente. Et aussi qu'une cinquantaine de Mojitos n'y feraient rien. Certes, il y a peu de chance que Michel se pointe jamais à mon cours ou dans les bars latinos où je secoue mon popotin. Tant mieux d'ailleurs car après cinquante Mojitos je ne suis sûre de pouvoir conserver ni toute ma sensualité ni toute ma dignité!!!
Du reste, le Mojito c'est une des figures dont je me souviens le mieux en salsa. Et je ne suis pas la seule, celle-là personne ne se trompe jamais. C'est facile, face à face, on imagine qu'on tient un verre et on le remplit! Et pour ce qui est de la décontraction, pas besoin de chercher bien loin.
Je vais proposer un truc à Naiara. Pour retenir les passes plus vite, il suffirait de remplacer les noms par Pina Colada ou Caipirinha? Ce serait tout de même plus facile à se souvenir que Vacilala et Kentuky. Le problème c'est qu'il reste encore ces fichus pas à se rappeler... Grrr... C'est pas gagné... Un, dos, tres... Cinco, seis, siete... Bah de toute façon, y a qu'à suivre, c'est le type qui guide!

Si ça vous tente les parisiens:
Cours Naiara Laburu
Tous les Mercredis à 19h15 
Centre Momboye 
25 Rue Boyer 75020 Paris 
Sur FB De Cuba Son

Es bonito!

dimanche 28 février 2016

83. Train d'enfer

Vendredi dernier je prenais le train. J'aurais pu prendre la mouche, mais je ne verse pas dans l'entomologie, les insectes me dégoûtent. Ça rampe, ça pince, on ne sait pas où est la tête... Beurk! J'aurais pu prendre le large mais c'est comme les insectes, les fonds sous-marins me flanquent la frousse. Ça colle, ça pique, on ne sait pas combien d'yeux vous regardent... Yeark! J'aurais pu essayer de prendre la lune par les dents. J'ai toujours eu le goût des missions impossibles. Et puis c'est joli la lune. Rien d'angoissant... Rien de dégoûtant...
Mais non. Rien de tout ça. A la place, j'ai pris un bête de train. Un Paris-Metz tout simple. Rien de très exotique en somme. Metz pour l'exotisme, ce n'est pas Bangkok. Quoique les deux villes aient en commun d'avoir une longue saison des pluies. Et deux ou trois sex-shops. Mais je m'égare. De l'Est forcément.

Le train TGV 2209 partait à 13h40 de la voie 8.
Ils, comprenez deux trolls blonds, sont arrivés se tenant par la main, l'air émerveillé et fourbe de deux chérubins. Pour le soleil, comme je viens de le dire, nous partions pour Metz donc il pleuvait des cordes. Quant à demander... Je dirais plutôt que les parents ont crié: "C'est ici la voiture 18?" Là, je me suis dit ça va faire mal. Ça va faire très mal. Les portes automatiques se sont fermées, Dans les yeux du monsieur face à moi, j'ai pu lire la panique. Nous étions pris au piège. Le train était bondé. Nous ne pouvions plus nous échapper, ni changer de place. Dans le wagon, les deux trolls avaient été rejoints par d'autres spécimens de moins d'1m12. Nous allions devoir être forts et voyager en période de vacances scolaires.

Sur  les 330 km qui nous séparaient de Metz, les trolls ont successivement changé de place une demi douzaine de fois, ils ont colorié et perdu le crayon orange et le marron, ils se sont disputés, ils ont fait un aller retour aux toilettes, ils ont crié, ils ont joué au Pokémon et renversé leurs cartes dans le wagon. Quoiqu'en vacances, ils ont mangé des Petits Ecoliers  de Lu, ils ont envahi le couloir, refait un aller retour aux toilettes, un troll s'est pincé (3 fois!) le doigt dans la tablette pliante du siège de Maman et a pleuré abondamment et surtout bruyamment, pendant que l'autre renversait sa  brique  de jus de fruit sur son pantalon et se mettait à pleurer à son tour. Ce dernier a rerefait un aller retour aux toilettes, pour se nettoyer, forcément. L'un d’entre eux (je ne sais plus lequel) nous a interprété plusieurs extraits de l’œuvre de Henri Dès, pendant qu'un autre écoutait en boucle Petite poule cherche un ami sur sa tablette. Au cas où cela vous préoccuperait, Petite poule initialement très timide se révèle très sociable et se lie d'amitié avec quasi toute la basse-cour sauf une pintade noire. Ses nouveaux amis finissent même par organiser une espèce de super fiesta en son honneur où le picotin et le lait coulent à flot. Personnellement, j'ai trouvé l'attitude de Petite poule limite. Sa timidité ne devrait-elle pas l'inciter à faire preuve d'un peu plus de tolérance? Que lui a fait cette pintade au juste? Peut-on juger une pintade seulement sur sa couleur?
Enfin pour en revenir à nos trolls, je salue leur performance et leur énergie. En 1h30 de voyage à peine, je serais bien incapable d'en faire autant. A part pour ce qui concerne les allers retours aux toilettes peut-être.
Ceci étant, je ne leur jette pas la pierre, ce ne sont que des trolls. Le train c'est l'aventure! Comment rester en place? Moi non plus je n'étais pas une petite troll modèle, loin s'en faut! Petite fille, lorsque je me rendais à Metz chez mes grands parents, le trajet ne durait pas 1h30 mais 3 bonnes heures en compartiment fermé. Rétrospectivement, je réalise que j'ai dû en réjouir des voyageurs de commerce avec mes Barbie, mes Pif Gadget et mes Scoubidous !
Quand on y pense, tout ça c'est une question d'éducation. Ce sont les parents des trolls qui sont mal élevés. Non mais sans blague! Ils se croient tout permis ces parents! Ils croient qu'ils peuvent lire leur journal, dormir, bosser sur leur ordi ou passer un coup de fil sur la plateforme et laisser leur petit troll livré à lui-même, en liberté dans le wagon avec un Tom-tom et Nana, une tablette et deux Pepito? Parfois, dans un accès d'autorité, l'un d'eux s'écrie : "Tiens toi tranquille!!! Tu n'es pas tout seul!" pour que tout le wagon entende bien comme il est un parent consciencieux.
La palme revient sans doute à cette maman dont le bébé pleurait dans le train vers Montélimar. J'étais assise dans l'un des espaces de quatre places avec deux autres voyageurs. La dame s'est levée, nous pensions qu'elle allait le promener, le nourrir, peut-être le changer dans l'espace dédié.... non! Elle a tout simplement changé la couche de son nourrisson sur la table devant nous, ahuris....  et dégoûtés!!
Quand je vous dis que ce sont les parents! C'est vrai que je n'ai pas de troll. Mais tout de même, j'ai le sens de l'observation. Et dans les trains, je croise parfois des trolls sages comme des images. Ils ont un point commun : leurs parents sont très bien élevés. Je veux dire que pendant le voyage, ils s'occupent principalement de leur troll et non pas d'eux-mêmes. Ils lui racontent des histoires, ils jouent avec lui ou regardent un dessin animé, et le petit troll ne s'ennuie pas, il est sage. Résultat, les voyageurs ont la paix. Si tant est que leur voisin n'écoute pas Maître Gims à bloc dans son casque audio ou qu'il ne téléphone pas à son laboratoire médical pour connaître les résultats de ses analyses d'urine.
Accessoirement, les voyageurs peuvent même en profiter pour revoir leur texte tranquille et éviter d'avoir des trous de mémoire pendant toute la représentation du soir... 

vendredi 22 janvier 2016

82. Toute ouïe

Quand on m'a retiré les premiers pansements, j'ai d'abord cru que j'étais devenue Super Jaimie! Alors moi aussi, on m'avait greffé une oreille bionique? Pour un peu, je me serais presque mise à courir au ralenti en pantalon pattes d'éph après de vilains espions à la solde des Russes! Sauf qu'après l'intervention, d'une part j'aurais eu l'air maligne à courir avec ma blouse en papier ouverte à tous les vents dans les couloirs de la clinique et d'autre part, j'étais aussi devenue Super Pompette. Alors là je vous arrête tout de suite. N'allez  pas vous imaginer des choses. Par exemple que je me sois sifflé trois coupes de Dom Perignon direct en sortant du bloc op'! Non. Simplement, vous saurez que privé de repères auditifs, il est difficile de se tenir debout. Il n'était donc pas question que je me mette à galoper après qui que ce soit. Du coup, j'ai préféré rester couchée et attendre que l'infirmière m'apporte mon eau chaude aux poireaux et mon yaourt au goût bulgare (la clinique était privée). C'était plus sage. De toute façon je ne cours jamais après les vilains espions, qu'ils soient russes ou yougoslaves. Ou bulgares à l'instar des yaourts. Je ne cours que si Hannibal, mon coach sportif - c'est son vrai nom - me l'ordonne. Il se peut d'ailleurs que Hannibal soit un espion venu de l'Est mais je ne me suis pas renseignée.
A mon retour de la clinique, j'ai assez vite réalisé que je n'étais pas (encore) devenue Super Jaimie. Après un séjour de trois jours à la clinique seulement j'étais d'abord devenue Super Moche. Dans la salle de bain, je tentais bien une incantation douteuse, "Miroir, méchant miroir, dis-moi qui est la plus laide?" Mais le miroir s'est un peu trop docilement exécuté à mon goût, me renvoyant un portrait de moi méconnaissable et difforme : ma crinière incontrôlable dont je suis habituellement si fière était devenue filasse et graisseuse, j'avais le teint cireux, la lèvre pâle, les yeux petits comme tombés au milieu de la figure. Une incarnation authentique du glamour en somme! Ensuite, toujours ces bourdonnements et ces vertiges, Super Pompette, le retour. Pour finir, je me sentais frustrée car à travers les derniers bandages, malgré l'opération, je ne pouvais pas comme la femme bionique de la série entendre  à travers le plafond ce que les voisins du premier se racontaient rien qu'en dégageant négligemment les cheveux (non graisseux!) de mon oreille. Par contre, au bout d'un certain temps, je suis arrivée à identifier qu'ils passaient inlassablement un balai Bissel à longueur d'après-midi. Un balai Bissel!!! En même temps, c'est assez cohérent que ça dure l'après-midi entier si l'on tient compte de l'efficacité de l'accessoire. Mais tout de même, ça m'a littéralement stupéfiée! J'aurais voulu concentrer les pouvoirs de ma nouvelle oreille quasi bionique pour savoir s'ils utilisaient encore un Minitel mais avec les pansements c'était encore trop tôt, bien sûr. Après mûre réflexion, comme j'avais envie de dormir quasiment toute la journée, j'ai fini par apprécier leur goût rétro pour les années 70 et le balai Bissel plutôt que pour un aspiro 1600 watts.
Peu à peu, j'ai repris du poil de la bête. Au propre comme au figuré. Parce qu'en convalescence, et au point où en étaient mes cheveux de Super Moche j'avais d'autres préoccupations que l'usage de mon Epilady, vous m'excuserez. Entre autres, j'attendais de revoir mon ORL. Forcément, vu qu'on m'avait opérée de l'oreille. Mon prochain détartrage, là tout de suite, je m'en fichais un peu comme de mon premier coloriage. Donc j'attendais. Avec mon bonnet sur la tête. Parce qu'en tant que Super Moche j'ai fait l’acquisition d'un bonnet. Les superhéros ont toujours un costume ou un accessoire, c'est bien connu. Une cape, des bracelets, un masque, un bouclier, que sais-je. Il m'en fallait donc un qui soit à la fois pratique, pour protéger les pansements et l'oreille des coups de froid et esthétique autrement dit qui dissimule habilement ma toison huileuse. J'ai donc opté naturellement pour le bonnet de laine après avoir longuement hésité avec la cagoule... Je me suis d'ailleurs réjouie que mon opération ait eu lieu en plein hiver parce qu'au mois d'août je me serais sentie drôlement ridicule avec mon gros bonnet et son gros pompon. Mais là, non. Ça va. En plus, je l'ai bien choisi mon bonnet. Dessus il y a écrit  Happy.  C'est exprès.
Parce que mon ORL je l'ai revu. Il m'a enlevé le dernier pansement, il a enlevé les points de suture, il a sorti des outils bizarres, il a tripatouillé, il a aspiré, il a grattouillé, il a épongé dans mon oreille et puis tout content de lui, avec un grand sourire, il a dit que l'opération s'était très bien passée, on se revoit dans quinze jours, pour surveiller. Maintenant, dans la rue, à la boulangerie, sans prévenir du côté de mon oreille gauche, j'entends. Deux, trois fois plus fort qu'avant. Comme une bulle. C'est rigolo. J'ai envie de demander aux gens : "Vous pourriez baisser le volume de votre moteur s'il vous plaît?" "Vous pourriez claquer des talons moins forts?"  Pour le moment ça dure 1 minutes ou deux et puis ça va perdurer. Dans trois semaines, la prothèse qu'on m'a posée dans l'oreille sera en place et je retrouverai un niveau d'audition quasi normal en permanence. Si ça se trouve, je pourrai même entendre des bruits que je n'entendais pas avant! Comme Super Jaimie? Ouais! Pareil! Comme Lassie aussi, faut voir. Bon, le hic, c'est que d'ici là je ne peux pas me laver les cheveux et que je dois garder mon super bonnet de Super Moche. Franchement, je m'en fiche. Super Jaimie, moiMon oreille, elle n'est pas bionique, elle est en  plastique. Super Moche, moi? Soyons lucide, ce n'est pas avec ce bonnet, que je vais me trouver un mec qui vaut 3 milliards. Et alors?
Je commence 2016 avec une toute nouvelle oreille et dans le genre Super Cadeau d'anniversaire,  je ne vois pas ce qu'on aurait pu m'offrir de plus SUPER!

https://fr.wikipedia.org/wiki/Super_Jaimie
Super Jaimie (Lindsay Wagner)

mercredi 18 novembre 2015

81. Terrassée...

Aujourd'hui, c'est mardi. Paris pleut. Ou plutôt, Paris pleure. Moi, j'en ai assez de pleurer. Assez de promener ma peine le long du macadam entre les fleurs, les hashtags, les paraboles des camions des télés internationales et les bougies. Assez depuis trois jours, de cette envie de vomir, de ne pas pouvoir dormir et de ce funeste refrain qui me tourne dans la tête Ah... Ah... Ah... Je me sens pas bien. Ah.. Ah.... Daech ça craint. Pour une fois que j'ai rien bu, j'aurais peut-être dû... Pourquoi je me sens si mal? 
Facebook m'a suggéré de me peinturlurer en bleu, blanc, rouge. Twitter m'a conseillé de mettre une bougie à ma fenêtre. Instagram m'a encouragée à boire des coups en terrasse. Le Président de la République m'a incitée à faire une minute de silence. Et même, de New York à Londres en passant par Le Caire et Berlin, le monde entier a tenté de me consoler en me chantant la Marseillaise. 
Tout ça, c'est gentil. Mais vain. Rien ne marche. J'ai toujours mal. Là. Juste ici, vous voyez? Du côté du cœur. Du côté de ma France. La télé a dit que c'était une attaque. Qu'il me fallait du repos. Faut dire que j'ai des antécédents. Ça m'est déjà arrivé en janvier. D'ailleurs, j'ai tout de suite reconnu les symptômes: la douleur foudroyante au creux de la poitrine, le souffle coupé, la sensation de panique, les palpitations... Je me croyais remise mais visiblement non. Pourtant, j'avais fait tout bien comme il faut. Je m'étais mise au rameau d'olivier, j'avais manifesté dans les rues pour faire de l'exercice, j'avais résilié mon abonnement à Biba pour éviter les émotions trop fortes et j'en avais pris un à Charlie Hebdo, dont la lecture était chaudement recommandée pour ma convalescence. Je commençais à me dire que, si je n'étais pas totalement guérie, du moins j'avais survécu au choc et qu'avec le temps, la douleur finirait par s'atténuer. Et puis sans prévenir, la voilà qui se réveille! Pour de vrai! Atroce, injuste et fulgurante! A cause d'une bande d'illuminés qui se sont mis en tête de tourner un remake sanglant et pourri de Timbuktu au coin de la rue. Ça fait mal je vous dis! Tellement mal! Je voudrais bien crier mais ça demande trop d'effort et je me sens curieusement vide.
Je me sens seule aussi. Même au milieu des gens que j'aime. Même au milieu de tous ces inconnus que j'ai envie d'aimer. C'est ma ville ça? Vous êtes sûrs? Pourtant je vous jure que les rues, les arbres, les gens ne sont plus les mêmes. Je me sens perdue dans ce Paris de lendemain d'apocalypse. Malgré toutes ces formidables démonstrations patriotiques, aussi belles et émouvantes soient-elles. Avec mon p'tit bouquet et ma p'tite bougie je sais pas de quoi j'ai l'air mais une chose et sûre, je ne suis pas très vaillante.
Alors ce soir, bon gré, mal gré, je prends la direction de la terrasse du Mange Disque. Pas parce que c'est politique ou militant de s'asseoir en terrasse pour boire du Chiroubles. Ni pour chier à la gueule de ces cons d'enfoirés de terroristes. C'est pas mon truc la scatologie. Non. C'est plus simplement parce que ça fait chaud de retrouver les copains et que là tout de suite, j'ai besoin de pleurer encore un tout petit peu au creux de leurs bras. Et puis en plus, l'intérieur du Mange Disque c'est tout petit et en terrasse, y a plus de place!
Au Mange Disque c'est le bar de mon chouette copain RV dans le Marais. En arrivant ce soir, je l'embrasse, je l'aime un peu plus fort que d'habitude et puis je lui commande un Martini. Je le laisse choisir la couleur et se moquer gentiment de moi. Ce soir, un autre chouette copain d'amour, l'Artiste Pitre, un artiste dingue un peu peintre, vernit ses sacs et nous on est là, fidèles au transistor, pour boire des coups, écouter Luna Parker, et nous empiffrer de Car en Sac (parce que Pitre il vernit ses sacs, pas des tableaux, mais j'ai compris la blague que après plusieurs Martini). Pendant que Daniel, Alexis, Jessy  descendent allègrement les vodkas cranberry, je me dis que la vodka c'est dégueulasse, mais quand même, c'est moi qui suis vernie de pouvoir me réchauffer et rigoler dans les bars et les bras des copains. C'est rien peut-être. Mais c'est bien.  
Et puis... y a Romain qui débarque. Le mien à moi. Il est pas beau comme un soleil, mais je l'aime pareil que Brel aime Frida. Parce qu'avec lui, même les mots sont parfois de trop. Parce qu'avec lui, je peux pleurer sans compter les kleenex. De rire, de chagrin, ça dépend... De la vie ou du film... Romain est là. Avec moi. Nous sommes en terrasse. Je n'ai pas peur. Je me dis simplement que la peine, c'est comme la vie, la musique, les verres d'Irancy et le saucisson, c'est meilleur quand on partage. 
Et quand ça ira mieux, on retournera dans les théâtres, les musées, les salles de concerts et pourquoi pas allez, même dans les stades!


Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment comme nous d'un aussi grand amour. 
Jacques Prévert dans Les enfants du paradis


vendredi 25 septembre 2015

80. Le pouvoir des fleurs

Samedi, 16h45. Dans un quart d'heure à peine, j'ai rendez-vous avec le bonheur. Vite! Je sors. Métro Barbès-Richechouart. Sous l'enseigne de TATI, je manque d'abord de m'embrocher sur la perche à selfie d'un touriste japonais. Je slalome tant bien que mal entre les vendeurs de contrefaçons et les joueurs de bonneteau. Plus loin, je refuse une cartouche de Marlboro (Gold) quoiqu'à moitié prix ainsi que plusieurs épis de maïs grillés. Tous ces contretemps m’exaspèrent, j'ai les nerfs à vifs! Laissez-moi passer! Je ne veux pas être en retard! Et s'il ne m'attendait pas? Passé Anvers, enfin, la chaussée se dégage. J'accélère le pas et débouche finalement sur la Place Charles Dullin avec dix minutes d'avance... Ouf! J'ai le front moite de m'être précipitée, à moins que ce ne soit ma veste trop chaude pour les 25°C de ce mois de septembre. J'ai encore quelques minutes devant moi. J'en profite pour ôter ma veste et savourer ce début d'automne ensoleillé. Autour de moi, des arbres jaunissant et des gens qui sourient aux terrasses des cafés pendant que d'autres flânent au hasard des rues de Montmartre. Une fois de plus, le charme de Paris me submerge à l'improviste. Derrière moi, se dresse le joli Théâtre de l'Atelier. C'est ici que j'ai rendez-vous. Dans ce théâtre où, il y a quelques années (déjà?), j'ai applaudi tour à tour Laurent Terzieff, Suzanne Flon et Michel Bouquet. Le cœur battant, je pousse la porte, je retire ma place au guichet et alors que la sonnerie retentit, je m'installe "confortablement" sur le siège 83 du balcon non sans avoir glissé 2 € dans la main de l'ouvreuse rémunérée au pourboire, merci. Une fois assise, je m'interroge : 2 € n'est-ce pas trop? Mais 1€ c'est un peu chiche, non? En attendant le début du spectacle, je scrute les spectateurs à l'orchestre:  et eux, combien ont-ils donné à l'ouvreuse? 1€ ou 2€? Les nombreux crânes dégarnis me laissent croire que je dois être la seule dans la salle à ne pas bénéficier du tarif senior. Seule sur mon siège, je suis impatiente. J'espère que mon compagnon ne va plus tarder car le spectacle est sur le point de commencer. Déjà, l'ouvreuse demande à l'assistance d'éteindre son portable, je m'exécute pendant que les lumières s'éteignent, le silence gagne progressivement la salle...
Le spectacle commence... Le grésillement d'un électrophone... Un piano qui frémit... (Mais où est-il?) Un ciel d'été... (Mais que fait-il?) Un gazon verdoyant... Ah! Enfin! Le voilà!!! Dans la pénombre, je souris à François Morel tandis qu'il gravit vivement les quelques marches qui mènent à la scène. Nous voilà enfin réunis. Le bonheur peut commencer. 
Sur la scène, apparaissent Hyacinthe et Rose, deux petits vieux étrangement familiers entourés de leurs petits-enfants.
Sur la scène il y a du soleil, des genoux écorchés, des épines, des jours de pluie, du foin coupé, un comptoir de bistro, des copains, des abeilles, des vacances d'été, un chat, L'Huma et même un curé. 
Sur la scène, ça sent bon la confiture, le chocolat du goûter, le Ricard mais ça embaume surtout les fleurs aux mille couleurs du jardin parfumé de Hyacinthe et Rose.
Sur la scène fleurissent aussi les jolis mots de François Morel égayés par les notes toutes douces d'Antoine Sahler. 
Sur la scène, ça sent maintenant un peu la sueur de François et Antoine. Mais on s'en fiche. 
Sur la scène, c'est plein de poésie, de tendresse, de naïveté, de mélancolie, de chagrin parfois et de (sou)rires. C'est plein de tout ça et c'est pour ça que ça sent la sueur!
Sur la scène il n'y a que l'essentiel. Rien d'autre. Pas de projection en 3D, pas de numéro de trapèze aquatique, pas de costume de Torero. Rien. Une chaise, une table, un piano. Pis ça suffit. 
Au final, sur la scène du Théâtre de l'Atelier, chez Hyacinthe et Rose, il y a la vie. Simple et jolie. 

Après 1h15 de spectacle, Hyacinthe et Rose ne sont plus. Ils reposent paisiblement à l'ombre de leur jardin fleuri de tulipes, d'agapanthes et de lilas, tandis que dans la salle, les lumières  se rallument. Les reniflements de ma voisine me rassurent: je ne suis pas la seule à les pleurer. Hélas, mon rendez-vous s'achève. Je me lève du siège 83 du Théâtre de l'Atelier et sors du théâtre, heureuse. Je flâne aux pieds du Sacré Cœur en regardant le bleu du ciel... Hyacinthe et Rose ont réveillé des souvenirs d'enfance et de campagne qui me reviennent en tête... Soudain  je me rappelle cette poésie de Paul Fort apprise à l'école :

Le bonheur est dans le pré,
Cours-y vite, cours-y vite
Le bonheur est dans le pré , 
Cours-y vite il va filer! 

Je me dis alors que le bonheur n'est seulement dans le pré, il est aussi sur les scènes de théâtre... 
En particulier dans le spectacle de François Morel! Courez-y... il va filer!

Même l'affiche est jolie et elle est de Martin Jarrie, peintre illustrateur

samedi 29 août 2015

79. Ne pas rentrer

Comment ça? Déjà? Mais... Mais non! Mon maillot n'a même pas eu le temps de sécher! Alors sous prétexte que Bison Futé voit rouge ce weekend, il faudrait en conclure que les vacances sont finies? De deux choses l'une, ou bien il n'est pas très fut' fut' le Bibi, ou bien il faut qu'il consulte un opticien! Le thermomètre affiche 35°C, la piscine 26°C, pas un nuage ne vient s'interposer entre le soleil et mon bronzage, les lauriers n'en finissent plus de fleurir, le teint rougeaud malgré le Bob, quelques Hollandais égarés continuent de déambuler le long des ruelles de Dieulefit, le Rosé (tiède) est encore en promo au Super U et brochettes et merguez continuent d'embaumer les barbecues alentours, c'est tout dire!
Alors ok, il se peut que Bison Futé soit père de famille et qu'il doive s'occuper de la rentrée scolaire de ses... de ses... de ses quoi d'ailleurs? Ses bisotons? Ses bisonceaux? Comment on dit? C'est bien la peine de se presser de rentrer à l'école, même Google est incapable de répondre, bravo! Bref, s'il doit rentrer remplir les cartables Minions de ses bisotrucs, qu'il voit rouge, vert ou violet le bison daltonien, ce n'est pas mon problème. J'y suis, j'y reste. Même si les melons sont (un peu) moins sucrés et que les étoiles filantes ont filé... Même si Patrick Cohen est de retour sur France Inter. Même si Amélie Nothomb publie (encore!) un nouveau roman. Même si j'ai trouvé mes impôts dans ma boîte aux lettres. Même si Marie-Claire m'aide à choisir un sac tendance pour la rentrée. M'en fiche. Pourquoi je devrais rentrer? Un sac j'en ai déjà un. Et puis je n'ai pas fini de lire Le complexe d'Eden Bellwether. Nous sommes d'accord que je suis quand même plus au calme ici pour connaître la fin? Bon. Même la SNCF veut que je reste dans le Sud! Je n'invente rien : pour le même trajet, dans une semaine à peine, elle baisse gentiment le prix de mon billet de 154€ à 43€. Avouez que c'est adorable! Je ne peux quand même pas risquer de la vexer en partant trop précipitamment. Et mes nouveaux amis locaux qui m'invitent à boire des diabolos PAC à la terrasse désertée du Jean's Café? Qui leur chantera du Michel Delpech et du Daniel Guichard pendant qu'ils grignoteront leurs cacahuètes si je m'en vais? Hein? Qui? Je ne peux tout simplement pas gâcher leurs derniers apéros de l'été! Ils m'en voudraient et cela compromettrait mon prochain séjour chez eux à Marseille! Et puis il y a aussi les copains qui sont déjà rentrés, que ce soit à Paris ou ailleurs. C'est important pour eux que je les nargue encore quelques jours depuis le bord de la piscine. Comme ça, un petit peu, sans méchanceté... Ça leur montre que je pense à eux, que je n'oublie pas qu'ils ont soit un temps pourri, soit repris leur boulot, ou même qu'ils ne sont pas partis du tout en vacances et ils sont touchés de cette petite attention... Et puis si je rentrais plus tôt à Paris, je porterais un préjudice à l'économie locale. Bon, pas énorme le préjudice, mais quand même... Eh! Je n'irais ni au marché, ni au spectacle, ni à l'accrobranche, je ne ferais pas de randonnée à cheval. Non, vraiment, c'est important que je reste en vacances. Pour moi, pour mes amis, pour la Région Rhône-Alpes!
Soyez donc rassurés, je lézarde consciencieusement au bord de la piscine encore quelques jours.

Au fond, j'ai beau savoir que Bison Futé a raison, et qu'il est temps de faire les valises et de rentrer me remettre au travail, j'ai beau être impatiente de reprendre le chemin incertain des cafés-théâtres, des cabarets et des bars à chansons, j'ai beau avoir hâte de reprendre ma plume pour signer blogs, pièces et chansons, tous les ans, j'ai bien du mal à me dire que les vacances sont finies, qu'il faut quitter ce décor magnifique parce que c'est la rentrée....