mardi 27 septembre 2016

90. Ça Pommerat!

C'est drôle le théâtre. Ou pas d'ailleurs. C'est beau aussi. Enfin c'est pareil, pas toujours. Pour le savoir... il faut y aller! Se bouger. Faire un effort. Ça se mérite le théâtre. C'est pas comme la télé quand tu t'affales, fatigué et que t'appuies sur un bouton, non. D'ailleurs si t'es fatigué souvent, tu passes à côté. Et puis c'est rare les théâtres où tu peux t'affaler en jogging avec tes chaussettes trouées. C'est pas plus mal remarque. Tu te moquerais si je te disais que je regrette le temps où les gens s'habillaient pour y aller, au théâtre? Aux Restos du Cœur où je continue d'animer mes joyeuses séances de cinoche, on propose parfois des places de théâtre aux bénéficiaires. Je suis souvent étonnée de voir qu'ils se sont mis en frais pour l'occasion : l'une s'est maquillée, l'autre a troqué le sweater pour un veston. C'est comme dans Zola. Ils admirent les dorures du hall, le tapis rouge, les cristaux des lustres, parfois plus que le spectacle lui-même ! J'avoue qu'ils n'ont pas toujours tort... Enfin tout ça pour dire, c'est quelque chose le théâtre! Ça vit!
Je n'ai pas retrouvé de bénéficiaire des Restos dimanche à Nanterre au Théâtre des Amandiers, juste un ami. On s'était habillés parce que tout nus je crois pas qu'on nous aurait laissés rentrer, mais décontractés, en jean et baskets. En même temps, aux Amandiers, il n'y a pas de dorures ni de  tapis rouge.Y a du jus de pommes bio, de la bière artisanale et des intermittents en sarouel et dread locks qui distribuent des tracts militants à l'entrée. On aurait eu l'air fins tout endimanchés, à faire du zèle vestimentaire ! Au moins nous étions à l'aise pour suivre l'ouvreuse jusqu'aux sièges S31 et S33. C'était comme si sa belle humeur nous annonçait que nous allions passer un bon après-midi. J'aurais voulu pouvoir lui donner le pourboire que réclament (souvent) sèchement les ouvreuses des théâtres privés et qu'on ne peut pas verser dans les théâtres subventionnés. Nous nous sommes donc contentés de  lui sourire de toutes nos 64 dents. Je soupçonne mon compagnon d'avoir eu le sourire un peu plus généreux, eu égard aux rondeurs de l'ouvreuse sans doute... Aaah... S'asseoir, s'installer, éteindre son programme, dévorer le portable et attendre... Impatients... Bouillonnants... Trois mois déjà que nos places sont réservées et que notre attente a débuté. Vivement que le rideau... bon ok y a pas de rideau mais on va pas chipoter et puis si vous voulez changer vos voilages, allez donc au BHV! Y a quoi d'abord? Une table et une nappe. Ben il doit pas en recevoir si lourd que ça des subventions si c'est tout ce qu'il a pu se payer comme décor! D'un autre côté, le programme annonce 42 comédiens! Et 4h30  de spectacle. D'ailleurs mes voisins bougonnent déjà "Oh la la... si c'est trop long on s'en va!" Blasphème! Pour ce qui me concerne, je sais déjà que ce seront 4h30 de bonheur et je jubile à l'avance! Joël Pommerat! Joël POMMERAT!!! Comment pourrait-il en être autrement? Mon euphorie approche celle du soir où je suis allée voir Beyonce, la  dépasse même car ce soir, je suis assise! Alors que je me demande quel serait l'effet que me procurerait l'apparition de Beyonce dans une quelconque mise en scène de Joël Pommerat les murmures de la salle et les lumières s'éteignent (ou presque) et le bonheur et Ça ira (1) Fin de Louis commencent....
Je ne suis pas critique de théâtre alors je vais vous épargner la résonance, l'héritage, l'Histoire dans l'histoire, le modernisme bla bla bla... Moi j'ai pas vu tout ça. Enfin si, forcément... Mais après.
Moi j'ai vu du théâtre. Celui qui me bouleverse, chaque fois. Une troupe d'acteurs et la mécanique parfaite et coordonnée qui les unit, les mois de travail collectif. L'homme qui les dirige un par un, et tous ensemble. Et puis encore et toujours, ce plaisir généreux, communicatif, de partage avec la salle... C'est difficile à décrire... Et comme les mots ont l'air petits et pâles tout à coup. Aller au théâtre pour moi c'est extraordinaire. C'est comme avoir 8 ans et aller à Euro Disney... C'est comme avoir 60 ans et ouvrir un Château Talbot 1970...
Je dois sans doute avoir l'air nouille avec mon enthousiasme naïf qui déborde? Bah tant pis. C'est mon truc à moi. Pis ça me manque. Parce que pour être franche, ça m'arrive plus si souvent des bouleversements de cet ampleur aujourd'hui quand j'y vais au théâtre. Forcément, il est comme tout le monde, il est dans la mouise le théâtre. Il a plus de sous. Alors il fait des économies. Et les économies sur les rêves c'est moyen, pour pas dire moche. Ou triste. Ou nul. Et c'est pas près de s'arranger je crois.
"Le théâtre c'est la vie, ses moments d'ennui en moins" C'est de Hitchcock et c'est surtout un prof de théâtre qui nous assénait régulièrement cette sage maxime à longueur de cours. Des années plus tard, je me demande ce que dirait le maître (celui du suspense pas celui des cours) parce qu'il arrive bien souvent (de plus en plus?) que le théâtre ce soit la vie certes, mais les moments d'ennui en plus. Et puis parfois, comme dimanche, il y a encore la magie, aussi vive que la première fois que, petite fille, je me suis assise dans une salle de spectacle. Et d'un coup, sans prévenir, le rêve recommence...
Alors le théâtre est dans la mouise? Il traverse une crise? C'est pas grave...  Tant que y a Pommerat  et des spectacles comme Ça ira...  je me dis que ça ira!

lundi 22 août 2016

89. Au pays des aveugles

Encore un été. J'ai retrouvé le chemin des champs de lavande et l'odeur des melons sucrés de Provence. J'ai retrouvé les saveurs épicées des plats de ma mère et le goût citronné des Caïpirinhas de mon père. J'ai retrouvé la longue table sous la tonnelle chargée de rosiers, j'ai retrouvé la famille, les amis.
Cette année pourtant, ce ne sont pas des vacances comme les autres. Cette année pour tout vous dire, ce ne sont pas des vacances. N'allez pas croire que je me plains, loin de là. Cette année plutôt que de passer l'été en maillot à perfectionner mon bronzage en bouquinant lascivement (ou presque!) le dernier Camilla Lackberg au bord de la piscine afin d'obtenir le teint parfait entre Bambou Bolivien et Feuille Morte Ressuscitée je passe l'été à bosser toute habillée derrière l'ordi. C'est pas avec ça que je vais faire la couverture de Glamour. Ni du Canard Enchaîné. C'est sûr que c'est moins vendeur que d'autres qui passent leur été à se baigner toutes habillées sur les plages... Enfin moi j'm'en fous, je bosse. Comment ça "ah bon?"?
Alors, pour ceux qui ont du mal à suivre mes péripéties professionnelles, petit récapitulatif.  

Pour ce qui est du théâtre, je suis comédienne.
Et humoriste. Y a pas de raison, puisque tout le monde s'y met.
Pour ce qui est de la musique, je suis chanteuse.
En passant, je vous informe que mon second album STEF! En pleines formes sort en septembre.
Pour ce qui du spectacle en général, je suis auteur. Et non, je n'ai pas oublié le e. On n'est pas obligé de le mettre et c'est très moche.
Pour ce qui est de la production, je suis chargée de production. J'ai un très beau diplôme alors arrêtez de me proposer des moches postes de stagiaires, merci. 
Pour ce qui est de l'enseignement, je suis prof' de théâtre. La meilleure selon mes élèves.
Pour ce qui est de la traduction, je suis adaptatrice de séries et documentaires. 
Pour ce qui est des trucs alimentaires, bah je suis comme tout le monde... 
Pour ceux que ça intéresse, je réussis très bien le bœuf aux carottes.
Et pour ce qui est d'aujourd'hui, là, cet été, après une chouette de formation avec des super films, des super séries et des super documentaires je suis (enfin!) audio descriptrice. Autrement dit j'écris les descriptions les films pour les personnes malvoyantes. Pas des sous-titres, hein? Des descriptions.  Ce qu'on voit quoi. Parce que les sous-titres, très honnêtement, les aveugles ils s'en fichent  un peu, ils ne peuvent pas les lire!

Donc dehors le soleil brille brille brille, les cigales chantent chantent chantent et moi j'audio décris cris cris. Mais moins fort que les cigales. Sur mes écrans les buildings d'un documentaire sur Manhattan se découpent à l'horizon. C'est pas avec ça que je vais gagner un  Emmy Award mais bon, il faut bien commencer et puis le premier truc qu'on voit c'est quand même les gratte-ciels alors je vais pas leur décrire le flic qui fait la circulation au carrefour! Bon, voilà bientôt une heure que j'essaie de placer que Kaitlyn fait le tour de son hélicoptère. Rien à faire, ça ne rentre pas! Elle examine son hélicoptère ?  Elle fait le tour de son hélico? Elle examine son hélico? Et si je parlais très très très vite? Katefailtourdsonhélico? Bon, là je postillonne, forcément. En plus franchement, elle n'a pas l'air super méticuleuse Kaitlyn et personnellement j'attendrais le prochain hélico pour naviguer entre les gratte-ciels! De toute façon, j'ai un problème plus sérieux. Je dois décrire la salade Waldorf revisitée par un chef étoilé qui n'est pas franchement appétissante. Dois-je préciser que ce monsieur abuse de la mayonnaise? Dois-je dire qu'à mon humble avis le gorgonzola ne se marie pas très bien avec ladite mayonnaise et encore moins avec les raisins secs? N'est-ce pas le moment pour les spectateurs de se réjouir de leur cécité? Je vais me contenter d'un sobre Un client déguste sa salade. Il boit du Champagne. Je peux quand même pas dire qu'il a bien raison de se rattraper sur le Dom Pérignon pour faire descendre toute cette mayo! Pas la place!
Plus loin encore m'attendent 2 minutes de description d'un bar à huîtres... Décidément j'ai tiré le gros lot, ce documentaire est plein de rebondissements... Moi qui peut voir les images et profite des commentaires synchronisés je voyage... au bord de l'ennui! Tiens, deux secondes de vide? Mais c'est Byzance! Je me lâche : L'écailler ouvre une huître. Il la pose sur un plateau rempli de glaçons. Je rivalise avec Baudelaire en somme. C'est qu'avec le bruit des glaçons, les auditeurs pourraient croire que c'est un verre de whisky à l'écran. Je dois bien les détromper  parce qu' une huître dans un verre de Jack Daniel's, on dira ce qu'on voudra, on a beau être dans un documentaire américain, ça fait mauvais genre et surtout ça doit avoir très mauvais goût! Donc soyons précis.
Pour ce qui est du ravalement de la gare, Jackie Kennedy ne me laisse pas en placer une, c'est réglé. Je lui laisse la parole. De toute façon, elle a l'air d'être mieux renseignée que moi côté ferroviaire et puis avec le raffut qu'il y a dans la gare, je vais pas rajouter en plus les horaires des départs pour Pittsburgh!
Mais ils ne font que manger dans ce documentaire c'est pas possible!!!! Il faut vraiment que je décrive des steaks hachés qui grillent pendant... pendant 8 secondes? Bon. Dans un restaurant, deux steaks cuisent sur les flammes d'un grill.  Ça tient, à point.
Après la salade, les huîtres, les bagels et les steaks, j'arrive au bout de cette description indigeste de Manhattan. Kate remonte dans son hélico. Le soleil se couche sur les buildings. Et sur la piscine de Dieulefit.... Je n'ai pas bronzé, mais j'ai bien bossé aujourd'hui. Fière de moi, j'éteins l'ordi.
J'aime bien ça moi,  mettre des mots sur des images.  C'est comme mettre des mots sur la musique.
Par contre, c'est comme la musique, il y a des images qu'on préfère que d'autres.... Demain, suite de la série embarquement pour Londres. Ça va pas s'arranger, avec ce qu'ils bouffent! 

vendredi 15 juillet 2016

88. Putain de camion...

Figurez-vous que ce matin, en tant que membre unique de la rédaction de ce blog, je me suis autopromue rédactrice en chef. C'est une décision que j'ai mûrement réfléchie et qui n'a pas été facile à prendre. J'ai longuement discuté avec moi-même : Blog, mon beau Blog, suis-je toujours la plus STEF! ? Eh! A l'heure du numérique le miroir est assez has been, j'ai préféré interroger l'écran de mon ordi ou celui de mon smartphone. D'autant que c'est assez rassurant : j'ai cherché sur Google, je n'ai trouvé aucune chanteuse vivant en colocation avec sept nains qui subsiste en tant qu'agent d'hygiène et de propreté et qui soit plus STEF! que moi. Toujours est-il qu'après une réflexion intense, j'ai voté et je me suis élue. A l'unanimité. Tant que j'y étais je me suis aussi nommée directrice de la publication. Et rédactrice adjointe. Ça ne mange pas de pain de mie. On ne peut pas dire que tout cela soit très lucratif. mais tout de même, c'est assez gratifiant. Comme dit la Compagnie, c'est bon pour le moral, c'est bonbon... Suite à ma récente promotion j'avais dans l'idée de vous parler d'un truc léger ou frivole, pour ne pas dire complètement idiot. Après tout, c'est l'été, mes (vos?) neurones n'ont-ils pas besoin d'un entracte. Donc, après de (très) brèves recherches, j'avais décidé de vous vanter tout à trac les avantages et les inconvénients de la poussette-trottinette et d'aborder la meilleure façon d'assortir le sac à main cubi de vin (version Cabernet Sauvignon ou Chardonnay) avec votre garde robe estivale. Vous reconnaîtrez que je prends ma nouvelle fonction au sérieux et sais vous dégoter des sujets électrisants bien que pas assez pour m'illuminer le plafond avec du 220 V et pondre une nouvelle chanson désopoilante.  
Du reste la gondolade, là tout de suite... pardonnez-moi mais ça vient pas. 
Hier, au son de l'accordez accordez accordéon, fête nationale oblige, j'ai joyeusement chanté des refrains plus usés que le plus usés des vieux jeans de Gainsbourg. Sous une guirlande multicolore j'ai accompagné des couples maladroits qui s'essayaient à la valse musette. Le cœur tout en bleu blanc rouge, j'ai vu la Vie en Rose,  j'ai bu un Petit vin Blanc, j'ai fredonné la Java Bleue,  je me suis Promenée au Bord de l'eau et j'ai pris la Nationale 7.... Il faisait chaud, très chaud sur la terrasse recouverte de gazon, le thermomètre probablement. La bonne humeur, l'amitié et quelques bières sûrement un peu aussi... Sans prévenir, Youssef le pompier de garde s'est mis à danser dans son uniforme... Une vieille dame s'est levée et nous a interprété Le temps des Cerises. Plus personne n'a parlé et on se serait cru dans un film de Julien Duvivier... Quelques bières plus loin, la soirée a viré à la colonie de vacances quand l'assistance a entonné en chœur Santiano  et  Les copains d'abord... 
J'ai chanté, j'ai ri, j'ai dansé avec de parfaits inconnus. 
A 6 heures du matin, j'ai quitté ces inconnus parfaits...
Ce matin, quand j'ai enfin émergé,  j’ai hésité (pas longtemps) entre un café au Guronsan et un vieux reste de kebab froid. Il faut dire que mon estomac était un peu déboussolé après le décalage horaire de la nuit. Il s'est rapidement remis à l'heure locale quand j'ai approché de mon nez le reste de grec que j'avais voulu garder en souvenir. Bien réveillée, j'ai allumé la radio. J'ai vite regretté. J'ai brutalement découvert que la fête était bel et bien finie et qu'un illuminé avait décidé d’annuler le feu d'artifice à Nice la veille au soir. Envolés d'un coup la sensation de chaleur, d'harmonie et de bien-être... Revenus la peine, l'effarement, la colère et l'impuissance... Alors quoi? On s'habitue? Un jour Je suis Charlie, le lendemain Je suis Paris, et puis Istanbul, Bruxelles, Bamako, Orlando, aujourd'hui c'est Nice...  Et demain? Je serai quoi? J'en ai assez de cette schizophrénie. J'en ai assez de réviser ma géographie à coup d'attentats. Je ne suis personne. Je suis STEF! et Je suis triste.

lundi 20 juin 2016

87. Crache misère

Maintenant ça suffit ! Oui, je sais, il y avait longtemps depuis mon dernier coup de gueule, mais que chacun se rassure, je vais me rattraper! Alors, c'est parti, accrochez-vous aux branches, ça va pas être triste, parce que j'en ai vraiment ras le Nespresso.
Je m'en vais d'abord vous narrer l'origine de mon juste courroux (coucou) par le menu (menu).
A défaut de l'autobus S, qui n'est plus en service depuis une paye, je prenais l'autre jour le métro. Ce sont des choses qui arrivent quand on est parisienne. Ou toulousaine, ou marseillaise soit dit en passant. En l’occurrence j'avais choisi le bleu de la ligne 2 direction Nation pour les ceusses que mes trajets souterrains passionneraient, même que je changeais à La Chapelle, histoire d'ajouter encore au folklore. Jusque là, vous avouerez que niveau scénario, on est loin de Piège de cristal.
Je longeais donc paisiblement les couloirs souterrains découvrant au hasard des affiches que Maître Gims assurait la bande originale de CAMPING 3, alliant ainsi le supplice musical au calvaire cinématographique ou encore que Michel Drucker serait dès la rentrée prochaine Seul... avec vous sur la scène des Bouffes Parisiens, me faisant au passage cette réflexion qu'à son âge, j'apprécierais plus volontiers qu'il restasse seul certes, mais chez lui.
J'en étais là de mes considérations quant à la richesse de notre beau paysage culturel et je m'apprêtais à grimper prestement et en souplesse - je me suis remise au sport - l'escalier qui mène au quai aérien quand (attention, préparez-vous, ça va secouer) un homme (un porc?) me bouscule brutalement. On bouscule rarement avec délicatesse, je sais, mais bon, j'essaie de créer un climat alors mettez y un peu du vôtre. Je reprends. Par les temps qui courent, je ne m'attendais pas à ce que l'individu (le pourceau?) demande pardon, ne rêvons pas. Mais je dois avouer que, même si les temps courent très vite, je ne m'attendais pas non plus à ce que ce bougre de cochonnou me crache dessus!!!! Oui, vous avez bien lu, cet individu immonde m'a CRACHE dessus! Oh attention, hein? Pas exprès. Non, non. Comme ça négligemment, en passant. Pour la beauté du geste sans doute. Son jet de salive blanchâtre a fendu l'air, dans un arc de cercle quasi parfait, et est  malencontreusement venu s'écraser sur le bas de mon jean propre. En effet, de nos jours, à l'instar des sportifs, certains messieurs (??) trouvent qu'il est "tendance" de cracher à tout vent. Eh bien vous saurez désormais que lorsque vous sortez d'une bouche de métro par temps - très - mauvais et que précisément, le vent est d'autant plus mauvais  qu'il est contre vous, lorsqu'on vous crache dessus, cela vient tout naturellement se coller sur le bas de votre pantalon et dégouline ensuite lentement sur vos chaussures. Quant à d'éventuelles excuses, encore une fois ne rêvons pas, il n'était pas question. Sa Majesté des Glaires a poursuivi son chemin, allégée des 5ml de l'écume baveuse qui encombrait vraisemblablement sa bouche et venue mollement s'échouer sur le rivage de mon ourlet. Ecrit comme ça, ça a l'air poétique, mais en fait c'était juste dégueu!
Dans un élan de  solidarité superbe,  je me dis qu'une telle mésaventure pourrait vous arriver un jour, et ce, même si vous habitez Roubaix ou Saint-Just-en-Chaussée et que vous ne prenez pas le métro. Je souhaite donc partager avec vous cette toute nouvelle (fraîche?) expérience afin que vous ne vous laissiez pas surprendre.
D'abord, il est probable que vous ne pourrez momentanément plus bouger, immobilisé que vous serez par un incommensurable dégoût. A peine si vous oserez jeter un œil à l'infâme spumation. Vous hésiterez sans doute un instant devant l'opportunité d'ôter prestement (grâce à votre récent entraînement sportif) et dans un espace public votre pantalon souillé.  Puis, dans un éclair de décence plus ou moins bienvenu, vous vous raviserez. Une pulsion haineuse s'emparera alors subitement de vous. Sur le quai, vous chercherez le responsable de votre déchéance visqueuse car l'envie de lui crier toutes sortes d'insultes colorées et de lui rendre la politesse en lui vomissant l'intégralité de votre Chirashi saumon de midi sur les chaussettes vous effleurera sans doute. Lorsque finalement vous identifierez l'Empereur du Mollard de l'autre côté du quai, si vous êtes femme et que vous ne pratiquez aucun sport de combat, vous renoncerez sans doute et vous contenterez de jurer piteusement "le connard!" en boucle jusqu'à l'arrivée de la rame. Si vous êtes homme et prompt à la castagne, le scénario change légèrement et vous jurerez : "Ça va chier!" avant d'aller faire bouffer ses glandes salivaires au lama du quai d'en face (avec ma bénédiction cela va de soi). Au final, que vous soyez homme valeureux ou femme poltronne (ou l'inverse!), vous poursuivrez votre route, tout en croyant percevoir la moiteur du glaviot transpercer l'étoffe de votre jean et courir doucement le long de votre mollet. En chemin, vous réaliserez que si Léo Ferré s'était pris un crachat gluant en pleine poire, il aurait peut-être trouvé ce "pèlerin gélatineux et froid" un peu moins poétique et renoncé à en faire une chanson...
Une fois chez vous, vous enlèverez dare-dare chaussures, chaussettes, jean et dans un comportement complètement irrationnel, tout le reste par la même occasion, vous hésiterez quelques secondes devant la poubelle avant de faire tourner illico une machine avec double dose de lessive. Enfin vous vous précipiterez sous la douche où vous resterez pendant une bonne demi-heure en envisageant de troquer exceptionnellement le gel douche contre le Monsieur Propre ou le White Spirit.
Hélas,  il me faut vous prévenir que malgré la douche et les vêtements propres, malgré le thé bien chaud pour retrouver votre calme, sans que rien ne puisse l'expliquer, l'étrange sentiment d'avoir été sali ne vous quittera pas. Un bref instant vous pourriez même devenir philosophe et vous interroger : "Ne faut-il pas voir dans cet événement un symbole de mon insignifiance? De ma médiocrité? Méritai-je ce crachat?"
A ce stade, il ne vous restera plus qu'à faire confiance au temps. Et à la médecine. Des fois que auriez chopé la tuberculose!
Voilà, je souhaite sincèrement que cette petite fiche préventive ne vous sera jamais d'une quelconque utilité, mais sait-on jamais.
Une prochaine fois, grâce à mon amie V. nous verrons comment il convien(drai)t de réagir quand un tocard/relou/gros nase (rayez les mentions inutiles) vous persécute à une heure tardive dans le métro en vous comparant à un crustacé brésilien. C'est promis. Juré craché!

dimanche 15 mai 2016

86. Disque dur

Faudrait tout de même que je vous raconte cet enregistrement. En vitesse, hein? Parce que je dois y retourner. Vous avez deux minutes? 
D'abord je vous plante un peu le décor. Vous connaissez Louvres? C'est dans le 95. Du côté de Roissy en France. Pour y aller, on prend le RER D, Gare du Nord voie 41. Celui qui s'appelle LOVA. Un nom pareil, ça ne s'invente pas. On se croirait dans un film de Jean-Pierre Mocky! Les gares défilent : Stade de France.. Saint Denis... Ciel! Je suis en plein 9/3! Dans quoi me suis-je encore lancée? A Sarcelles, ça y est, je panique! Je m'imagine en enregistrement dans un obscur studio, ancien cabinet de dentiste recyclé, que garde un pitbull croisé cocker judicieusement baptisé Molaires; sous ma casquette de rappeuse, j'improvise un duo magistral avec MC Dentifrice, ancien dentiste donc récemment reconverti dans les musiques actuelles... Mais qu'est-ce qu'ils mettent dans leur jus d'orange à la Gare du Nord?!? Nous approchons de Louvres, je sors de mon étrange rêverie et tant que j'y suis, du RER. Les champs de colza en fleur m'accueillent joyeusement. A la gare, Alain Pievic m'attend lui aussi tout sourire. Je dis lui aussi, parce que quand le colza jaunit, on dirait que toute la campagne vous sourit et c'est comme Alain, ça vous met de bonne humeur. Il me conduit dans sa jolie maison-studio-bonheur avec jardin où je m'apprête à passer huit jours le casque vissé sur les oreilles. 
Je suis un peu anxieuse, disons-le. C'est que le studio, ce n'est pas mon exercice préféré. Où est la scène? Où est le public? Qui rira quand je ferai l'imbécile? A part moi je veux dire. 
Après quelques tasses de thé fumant (c'est le seul truc que j'ai trouvé pour retarder encore l'échéance) il va finalement falloir s'y mettre. Alain (qui se voudrait rassurant!) m'explique que le studio, c'est un peu comme la piscine. Plus on panique et moins il y a de chance que ça se passe bien. Super! Moi qui ai horreur d'aller la piscine! Ça se présente bien! Bon, puisque c'est comme ça, inutile de méditer je fais pareil qu'à la piscine, je coince  ma tignasse sous le bonnet, enfin le casque, et ni une, ni deux, je saute ou plutôt je chante, sans réfléchir. On verra bien. De toute façon, il y a un maître chanteur (jeu de mots), tout du moins un ingénieur du son derrière les manettes, et il saura bien me dire quoi faire. Le tout c'est d'avoir confiance. En lui d'abord... en moi ensuite!
Donc nous y voilà.
Je chante, je fredonne, je susurre...
Il enregistre, il découpe, il colle...
Je recommence, j'interprète... Un peu plus, un peu moins...
Il corrige, il écoute...
Nous discutons...
Et si...? Tu crois? Attends, je te montre... Ah oui!! Mais j'aimais mieux... J'ai réfléchi... On s'est trompés... Refais-la!
Nous écoutons, Nous réécoutons. Sauf que bientôt je n'entends plus rien, malgré mon oreille réparée. Tantôt c'est le chant l'emporte, tantôt c'est le jeu. Et moi, éternelle insatisfaite, je veux comme toujours trouver le juste équilibre entre les deux! Mais c'est tellement plus facile quand je suis sur scène! Alors Alain, reprend calmement le contrôle... Il me mène doucement, avec les mots justes, là où je veux aller... Sur ce fil invisible entre musique et interprétation... Nous écoutons une dernière fois... Hé! Hé ! Hé! ça me plaît bien dis-donc, dis-donc! Enfin je crois... Parce que bien sûr, j'ai des doutes. Que voulez-vous? J'ai beau me la jouer Beyonce avec mes 5 choristes en studio, on ne se refait pas! Donc je doute et je jette en douce un petit coup d'œil au pro? Son visage se fend d'un large sourire! Il se marre même franchement alors qu'il connaît la chanson par cœur! Mes doutes s'envolent (un peu), je n'ai pas dû être si mauvaise! On s'y remet? Il en reste encore onze!
Huit jours plus tard, j'ai fini les voix des douze titres de l'album. Ouf!
La semaine prochaine, ce sera au tour des musiciens de découvrir le charme de Louvres. Ils n'auront pas ma chance, les champs de colza ne seront plus en fleurs. Par contre, ils seront les premiers à entendre mes enregistrements. J'espère que mes chansons leur donneront le sourire... 

dimanche 10 avril 2016

85. Tchèque ou espèces?

J'ai donc payé cet antivirus 79,99€... Eh! Quand on y pense, ce n'est pas rien. Avec une telle somme, je me suis renseignée, j'aurais pu m'offrir une cage pour furet et rongeurs de dimensions très honorables. Sauf que je n'ai pas de furet... C'eut donc été parfaitement idiot et je ne le suis pas. Idiote.
Avec mes 79,99€ - toujours si j'avais voulu - j'aurais pu me faire tatouer Mario Bros sur la nuque par un tatoueur gothique de Abbeville. Mais d’une part je suis (très) douillette, d'autre part je l'ai dit je ne suis pas idiote et Mario Bros n'arriverait probablement pas en tête de mes choix graphiques. D'ailleurs à ce tarif, j'ai de très sérieux doutes quant aux compétences dudit tatoueur. Tout abbevillois qu'il soit.
Avec 79,99€ (ou moins) j'aurais aussi pu contribuer à mon propre album sur ULULE. Si j'avais été idiote bien sûr. Parce que si j'avais les moyens, est-ce que je lancerai une contribution en ligne? Non, probablement pas. N'empêche que ni vu ni connu, je viens habilement de glisser un message subliminal. Là, juste un peu plus haut à gauche. Maligne la Stef! Je l'ai même mis en rouge pour qu'il sublimine encore mieux. Comme ça personne ne pourra le rater. C'est que c'est pas de la tarte à la rhubarbe à gérer cette histoire de collecte participative, je vous le dis. Dans le genre, je crois même que je suis un peu nulle. Pour ne pas dire carrément. C'est que ce cocktail savoureux de harcèlement et de mendicité n'est pas tout à fait de mon goût... Enfin sans vouloir insister (trop) lourdement, sachez qu'avec les fonds récoltés,  je ne partirai pas aux Seychelles et je n'ouvrirai pas non plus de société aux Iles Vierges. Je vais "juste" faire un album. Evidemment, il sera vraiment super de la mort qui déchire son linceul et donc, vous pouvez m'aider jusqu'au 30 avril.... sur ULULE, donc. Bis.
Bref! Tout ça, c'est pour dire, tout ce qu'on peut faire avec 79,99€! Alors moi, qui ne suis pas idiote je le rappelle, je me suis payé un antivirus. Enfin pour mon ordinateur. Parce que personnellement j'étais à jour de tous mes vaccins. Il avait beau être tout neuf, vu qu'on ne se connaissait pas depuis longtemps, je préférais qu'on prenne nos précautions. On ne sait jamais.
Rétrospectivement, je me demande si je n'aurais pas mieux fait d'investir dans cette cage à furet? Et aussi, si je ne suis pas d'une navrante naïveté? Le site se présente comme La solution de sécurité la plus réputée au monde. La plus réputée au monde? A 79,99€? Le siège social du fournisseur se trouve en République Tchèque... Dois-je douter? Parce que sans vouloir me montrer désobligeante, s'ils sont aussi doués en matière de sécurité informatique que lorsqu'il s'agit de remporter l'Eurovision, je ne suis plus très certaine d'avoir fait le bon choix. Mais ne jetons pas trop tôt la pierre au brtnik des Carpates! Car tout de même, l'antivirus en question dépiste bien la présence des bacilles indésirables. La preuve, ponctuellement une voix clame qu'Une menace a été détectée. Une voix métallique et assez peu mélodieuse. Cela serait-il dû à ses origines tchèques? Toujours est-il que c'est un peu comme si Martina Navratilova s'emparait soudainement de mon disque dur. Une menace a été détectée!!! Ça surprend! En même temps, c'est étrange, mais ça me rassure... D'autant que somme toute, Martina s’exprime assez rarement. Sans doute la tchèque n'est-elle pas très causante. Du moins c'est ce que je croyais jusque hier... Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais subitement on ne pouvait plus l'arrêter! Elle s'est emballée sans raison, répétant sans fin son exaspérante litanie. Une menace a été détectée... Une menace a été détectée... Une menace a été détectée!!! On eut dit que Martina avait décidé de représenter la République Tchèque à l'Eurovision 2016 avec un rap signé par un redoublant de grande section maternelle!! Déçue, j'ai bien dû reconnaître que Martina n'était pas Marie Curie. Ni Joey Starr. Certes, je lui suis très reconnaissante de diagnostiquer et mettre en quarantaine les infâmes bactéries virtuelles qui contaminent sournoisement mon disque dur, mais à 79,99€ je lui serais encore plus reconnaissante de les exterminer! Si je compare, mon gynécologue me soigne mes infections intimes pour bien moins cher. Et il est remboursé par la sécu! Mais il est vrai que mon gynécologue, moins folklorique, moins slave aussi sans doute, ne ponctue pas ses consultations de sinistres "Une menace a été détectée... " Et je l'en remercie.
Vous vous moquez derrière votre Mac? Je sais... Il n'y a pas de ver dans les pommes... Seuls nos PC sont gâtés. Réjouissez-vous, Steve Jobs vous a fait économiser 79,99€.
Mais j'y pense... Quelle bonne nouvelle!!!! Ça vous dirait d' investir dans une superbe cage à furet? Non? Alors si vous participiez plutôt à mon album.... sur ULULE ? Dépêchez-vous, la campagne s'achève le 30 avril ! Ter.

samedi 26 mars 2016

84. Alors on danse?

Mambo... Dile que si... Setenta! Dame! Enchufla! Abanico! 
Je vous arrête tout de suite, je ne révise pas mon espagnol. Je pourrais. Je devrais même. Mais non. Je préfère réviser mes figures de salsa. Qui ricane? Oui, je danse la salsa! Enfin je danse... Ok, ok, c'est un peu ambitieux comme formule... Disons plus humblement que pour le moment, je me déhanche, je tourne, je trébuche bref, je prends des leçons. Et je peux vous dire que ce n'est pas plus simple de s'y retrouver entre un Sombrero et una Muneca qu'entre Ser et Estar. Par contre, c'est bien plus rigolo! Tout du moins pendant les cours. Parce que réviser une danse de couple toute seule, no es tan gracioso. J'ai l'air finaude dans mon salon à piétiner sur le parquet : un, dos, tres... cinco, seis, siete... Pffff! Evidemment, ce serait trop simple de compter jusqu'à huit comme avec la guitare!!! En plus, je mélange tout... Faut faire quoi déjà avec les mains? Je croise en haut ou en bas? De toute façon, je ne sais pas pourquoi je m'entraîne, c'est toujours le type qui guide. Vous me direz, quand on y réfléchit, ce n'est pas très étonnant. C'est une danse cubaine après tout. Quoi? Si les cubains étaient féministes, ça se saurait, non? D'ailleurs, il n'y a qu'à voir les robes des danseuses... Enfin les robes... Plus exactement les ficelles tendues entre les (tout) petits bouts de tissu. Très honnêtement, je doute que les Femen valident les tenues des danseuses de compétition. Fort heureusement, personne n'a encore eu la mauvaise idée de faire entrer le féminisme sur les pistes de danse de salon! Je peux me tromper mais on n'a jamais entendu aucune danseuse exiger d'être l'égale de son partenaire ni proférer un "Oh! C'est moi qui guide!" entre deux tours de piste, si? Et pourquoi? Parce que toutes les femmes vous le diront : qu'il soit cubain, brésilien ou argentin, le machisme latin, celui de la Salsa, du Paso Doble  et du Tango, c'est terriblement caliente! 
Personnellement, après quelques mois de cours, d'un point de vue strictement pratique j'ajouterais qu'il est aussi terriblement fatigant. Eh! Apprendre la salsa, ce n'est pas comme danser un slow avec Michel Houellebecq! Pour vous résumer : il s'agit de se rappeler toutes les figures (les pas et les noms!), de suivre son partenaire (sans trop le piétiner) et le rythme (rarement tempéré), de ne pas bousculer les autres danseurs, tout cela avec féminité et (dans la mesure du possible) grâce. Selon l'avis de Naiara qui nous donne les cours, il faudrait encore ajouter à cela je cite (mais, c'est dommage, sans l'accent tonique ni les fautes de français qui font tout son charme) "une décontraction sensuelle inhérente à la cubanitude de la salsa". Je l'aime bien moi Naiara. Ses cours sont super. Elle arrive, elle branche la sono, elle se déhanche et d'un coup, il y a du soleil. A gozar!  Vas-y que je me trémousse! Baila mi rumba! Mais tout de même... La cubanitude de la salsa? Selon mon avis à moi, pour ne pas dire mon expérience (!), la décontraction est surtout proportionnelle à la quantité de Mojitos ingérée durant la soirée. Le problème étant qu'il existe un risque plus que certain que la sensualité en prenne un coup... Ici (et j'ai bien conscience que ça n'a aucun rapport) je réalise soudainement qu'une salsa avec Michel Houellebecq n'aurait probablement rien de caliente. Et aussi qu'une cinquantaine de Mojitos n'y feraient rien. Certes, il y a peu de chance que Michel se pointe jamais à mon cours ou dans les bars latinos où je secoue mon popotin. Tant mieux d'ailleurs car après cinquante Mojitos je ne suis sûre de pouvoir conserver ni toute ma sensualité ni toute ma dignité!!!
Du reste, le Mojito c'est une des figures dont je me souviens le mieux en salsa. Et je ne suis pas la seule, celle-là personne ne se trompe jamais. C'est facile, face à face, on imagine qu'on tient un verre et on le remplit! Et pour ce qui est de la décontraction, pas besoin de chercher bien loin.
Je vais proposer un truc à Naiara. Pour retenir les passes plus vite, il suffirait de remplacer les noms par Pina Colada ou Caipirinha? Ce serait tout de même plus facile à se souvenir que Vacilala et Kentuky. Le problème c'est qu'il reste encore ces fichus pas à se rappeler... Grrr... C'est pas gagné... Un, dos, tres... Cinco, seis, siete... Bah de toute façon, y a qu'à suivre, c'est le type qui guide!

Si ça vous tente les parisiens:
Cours Naiara Laburu
Tous les Mercredis à 19h15 
Centre Momboye 
25 Rue Boyer 75020 Paris 
Sur FB De Cuba Son

Es bonito!