samedi 30 juin 2018

108.J'm'en foot

Autour de moi, tout est encore calme. Sans doute le calme qui précède la tempête. On n'entend pas un bruit à Dieulefit. On ne peut pas dire que ce soit particulièrement inhabituel surtout quand il fait 36°C dehors. Pourtant, il règne dans l'air une tension que ne renierait pas Sergio Leone. On n'entend pas un bruit dans la rue du Bourg. Hormis les abeilles et les cigales qui s'activent d'hortensia en bouquet de lavande sous le soleil étouffant de la Drôme. Elles s'en fichent, elles, des flexions de Messi, des pas chassés de Griezmann, elles s'en tamponnent des doigts d'honneur illuminés de Maradonna, elles butinent, elles chantent et ça leur suffit bien.  A des milliers de kilomètres, à Kazan je crois,  tout est probablement moins calme. Et puis, j'imagine que ça sent un peu moins la lavande et les hortensias et un peu plus le gazon fraichement tondu et les relents de vodka (j'ai l'imagination folklorique). Le stress doit grimper dans les vestiaires. Les joueurs doivent se bousculer devant les pipi room, ils n'auront plus trop l'occasion pendant les 90 prochaines minutes!
Comme des milliers de compatriotes (à part ceux partis faire les soldes et par cette chaleur je leur adresse toute ma sympathie!), j'ai réveillé la beauf qui ronflait profondément en moi pour la prévenir qu'aujourd'hui y avait France-Argentine, est-ce qu'y ferait pas un peu soif?
Le foot j'y comprends rien. Mais la Coupe du Monde j'aime bien. Ça sent la bière et le saucisson. Mes voisins m'expliquent tout bien comme il faut. Ils m'invitent à voir le match là haut à Saint Nazaire le Désert. Ils feront un barbecue. On en profitera pour se raconter nos vie. Au café du coin, les gens viennent en tongs, y en a même qui tombent le T shirt ou se maquillent en arc-en-ciel, comme les passages piétons du Marais à Paris sauf que personne ne leur fait de réflexions à la con. C'est tranquille, Emile... Pas plus que l'bord, Hector!
Le match est pas encore commencé, tout le monde est de bonne humeur, assommé mais de bonne humeur. On n'entend pas la Marseillaise, mais c'est tout juste. On va gagner, c'est forcé, parce que Grizou... Zizou c'est kif-kif. Et ces Argentins, quand on voit ce qu'est devenu Maradonna ça fait pitié... Déjà, le Pape est peut-être argentin, mais ce but avec la main, c'était pas très catholique.
En attendant ça commence. Chers amis, ceci est un blog inédit, un blog live, à l'ombre devant le match!
Après 13 minutes, on ne peut pas dire qu'il se soit passé grand chose à part que j'ai une sérieuse envie de Chips. Si... Oh! Oh! oh! Non! Je n'en crois pas mes yeux! Grizou vient de tirer un penalty! Il a marqué! C’est là que je mesure les limites de la chronique sportive live..  Au bout de la rue, les clients du Bureau sont déchaînés. Le gérant s'interroge je pense, aura-t-il assez de bière pour tenir tout le match?
Là nous en sommes à la minute 24 et tout le monde siffle, je ne sais pas très bien pourquoi, c'est surement à cause de ces abrutis d'Argentins parce que le commentateur est très satisfait de l'équipe française, il dit le plus grand bien de tous les joueurs,  il approuve même l'esthétique de leurs tatouages (!). C'est malin, ils se sont pris un pruneau à la minute 42...
Bon, nous sommes tous d'accord, le blog live, c'est chiant alors j'espère que vous ne m'en voudrez pas - trop - mais je vais laisser cette chronique en plan. J'aime bien la Coupe du Monde c'est vrai, mais il ne faut pas abuser des bonnes choses et une mi-temps, c'est honorable. En plus, je ne connais pas l'hymne national argentin. C'est sans doute un moment fort pour l’équipe de France mais dehors la température a dû chuter, les abeilles, les cigales et la piscine m'appellent et il serait impoli de ne pas leur répondre positivement!
Bonne fin de match!

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