dimanche 10 décembre 2017

102. Mort c'est mort!

Monsieur Gérard Bedeau, de Lannebert dans le Morbihan, est décédé ce jeudi 7 décembre d'une bête pneumonie à l'âge honorable de 94 ans. Il est mort Gégé. C'est la vie. Sauf que tout le monde s'en fout. Pas d'article dans Paris Match, ni dans le Canard Enchaîné. A peine un avis de décès dans Ouest-France et encore, y avait une coquille à son nom de famille. Fatou, l'aide-soignante, exceptionnellement de garde, a découvert le corps un peu tard, parce qu'elle était dans la salle du personnel à regarder un certain Laurent Gerra pleurer dans la télévision. Elle trouvait ça un peu bizarre, Fatou, ces gens qui pleurent depuis 24 heures, pour gagner des points d'audience. Au pays, on fait ça à la maison, en famille, entre amis, pour se réchauffer, pas devant les caméras.
A l'heure du déjeuner, Fatou est allée lui porter son plateau, mais Monsieur Bedeau n'était déjà plus de ce monde. Même que ça devait déjà faire un moment parce que la chambre commençait à sentir. Ça lui a fait quelque chose à Fatou. Il était gentil Monsieur Bedeau, jamais un mot plus haut que l'autre, pas comme Madame Dubuisson, cette vieille sorcière, toujours à mettre des coups de canne et à mouiller ses draps à la première occasion. Non, Monsieur Bedeau, c'était un de ses petits vieux préférés. Il l'appelait Madame Soleil, il radotait bien un peu en faisant grincer son dentier, mais il demandait toujours des nouvelles des enfants. Elle a souri, remonté le drap sur le vieux monsieur et mis la pâte de fruits dans sa poche, pour son petit dernier. De toute façon, Monsieur Bedeau, il détestait ça les pâtes de fruits. Fatou a un peu hésité avant de composer le numéro du chef de service. Avant de partir pour les Champs Élysées,  il lui a bien précisé de ne le déranger qu'en cas d'extrême urgence. Était-ce une extrême urgence? Il s'énervait vite le chef et après tout, il n'y avait plus grand chose à faire...  Dans le doute, elle a tout de même laissé un message sur sa boîte vocale. Comme elle a trouvé le numéro sur la table de chevet, elle a pris l'initiative de laisser un message à la famille. Ils ne venaient pas souvent lui rendre visite, mais tout de même, ils voudraient surement savoir. Là encore, répondeur. Décidément. Sur le message, elle a reconnu une chanson de ce chanteur qu'on enterrait aujourd'hui à Paris. Je te promets le ciel... Elle s'est dit que c'était étrange ces paroles. Comment pouvait-on promettre le ciel? Et c'était pour ça que des milliers d'inconnus traversaient la France? Parce que quelqu'un leur avait promis le ciel? Pauvre Monsieur Bedeau! Qui ferait le voyage pour un pauvre vieillard qui n'avait rien promis à personne? Fatou s'est assise près du vieil homme. Tout doucement, elle s'est mise à chanter. Elle s'est dit que peut-être, comme ces gens sur les Champs Élysées, Monsieur Bedeau aurait préféré une chanson du chanteur mort? Mais Fatou n'en connaît pas. Naturellement, elle a entonné une berceuse. Le vieillard avait l'air tellement petit, tellement fragile dans ce lit froid.
Sans que Fatou y prenne garde, la nuit est tombée. Son service était terminé. Le chef ne l'avait pas rappelée. Sans doute que ce n'était pas une urgence. La famille non plus. Sans doute qu'enterrer un chanteur, c'était plus important. Avant de partir, elle a préféré prévenir son collègue pour Monsieur Bedeau. Il s'est mis en colère, les morts faut toujours que ça vienne vous gâcher la vie. Juste le soir où il comptait regarder la rediff' du concert de Bercy! 
Monsieur Bedeau a été enterré ce dimanche 10 décembre au cimetière communal. Aucun Président de la République en activité ou à la retraite n'était présent. Aucun musicien n'a sorti de guitare. Pour être honnête, il n'y avait quasiment personne aux obsèques de Gégé d'ailleurs, lors de la quête, le curé a récolté à peine 23,80€ pour ses ouailles.
Mais au moment de la mise en terre, Fatou se tenait au bord de la fosse. Elle fredonnait une berceuse en jetant une poignée de terre sur le cercueil.

vendredi 20 octobre 2017

101. Etude de toilettes...

Elle a une tête à s'appeler Marie-France. Ou Nadège. Ou Jocelyne. Bref, un prénom qui colle aux dents. Un peu grasse, le cheveu filasse et jaune Pastis (Accident de teinture? Coiffeur débutant? Rancunier?). Marie-France explique qu'elle a trois enfants, et précise qu'elle n'est pas mariée. A 42 ans, elle est coquette et fait en sorte d'en  paraître dix de plus. Son hobby dans la vie c'est la lecture. Les romans policiers... Les histoires à suspense... Cependant, ses  goûts sont éclectiques. Elle dévore aussi bien Amélie Nothomb que Les histoires vraies de  Pierre Bellemare. Récemment, elle a bien aimé le dernier Fred Vargas...
Tout ça c'est bien joli, mais la dame derrière la table, elle s'en fiche des secrets de beauté et des penchants littéraires de Marie-France. Autant que de son premier Carambar. Ce qui l'intéresse, la dame surgelée, c'est de savoir comment Marie France nettoie ses toilettes. Elle est même payée pour ça Madame Picard. Et à l'heure qui plus est. Alors Marie-France qui décortique l'approche méthodique  du Capitaine Adrien Danglard, autant dire qu'elle s'en tamponne et proprement, c'est le cas de le dire. A moins que ça n'implique l'usage de Gel Javel ou de détartrant, ce qui n'est pas le cas.  
Marie-France, on n'est pas au Festival de Cognac, là, parle-nous plutôt de  tes chiottes! Elles sont comment? Si, si je t'assure, ça m'intéresse! Ancrées ou suspendues? En émail ou en carton? A lunettes ou à moustache? Parle-moi de tes sanitaires, c'est passionnant je t'assure. 
Marie-France ne se le fait pas dire deux fois. Elle se sert un thé à la mûre et reprend un petit gâteau. Y a pas de raison, c'est gratuit. C'est qu'elle aime ses toilettes presque autant que ses enfants. Elle en prend soin. D'ailleurs, côté méthode, elle peut rivaliser avec le Capitaine Danglard ! Blanc. Madame Picard n'apprécie pas le trait d'esprit. Marie-France poursuit.  Sa relation avec sa cuvette est intense. Tous les deux jours, elle entreprend de la dépouiller de ses bactéries, de préférence au crépuscule quand les enfants sont couchés et que Maurice, son compagnon, regarde  On n'est pas couchés. C'est un moment privilégié, d'intimité, le moment où elle nettoie ses lieux d'aisances. Elle préfère être seule, que personne ne vienne perturber son tête-à-tête hygiénique. Elle tourne le verrou et regarde la lunette dans les yeux. Après un bref moment de recueillement, elle entreprend de pulvériser un produit désinfectant, à la javel, parfumé de préférence. Honteuse, elle confesse avoir un penchant pour la fraîcheur de l'eucalyptus. Madame Picard la rassure, elle n'est pas la seule. Et puis c'est bien normal de vouloir ce qu'il y a de mieux pour ses sanitaires. Marie-France frotte ensuite activement les parois. Elle assainit, désinfecte, purge la cuvette de la moindre souillure avant de répandre amoureusement, un gel coloré et détartrant (sans fragrance cette fois, dans un souci de cohérence olfactive, histoire de ne pas contrarier la senteur eucalyptique précédente) sous les rebords de la cuvette comme le montre la publicité du produit dont elle a fait l'acquisition au super'. Il ne lui viendrait pas à l'idée d'utiliser le gel comme produit nettoyant! Il doit adhérer à l'émail, couler sensuellement le long des parois jusqu'au fond de la cuve si l'on veut que ses particules chimiques fassent leur œuvre et traitent le tartre. Non, mille fois non, elle n'envisage pas une seconde de frotter l'émail au gel détartrant. Pourquoi pas à l'acide bromhydrique! Du reste, sa Maman faisait déjà comme ça alors... A ce stade, l'esprit de Madame Picard vagabonde. Elle crayonne une silhouette sur son bloc note... Elle se demande si elle a bien fait de renoncer à ses études de Beaux Arts? Tout de même, elle avait un certain coup de crayon, tous ses profs le disaient... Elle aurait peut-être pu exposer? Au lieu de quoi, la voilà dans la pub à questionner des Marie-France et des Jocelyne à longueur de journée sur leurs ballets de chiottes. Et si elle reprenait des cours? Il est peut-être encore temps? De son côté, Marie-France s'absorbe dans la contemplation du  prototype de flacon de Gel superdétartrant, hypradésinfectant, ultradésodorisant que lui tend Madame Picard. Madame Surgelée veut savoir... Elle attend, elle exige une réponse : ses précieuses toilettes méritent-elles un tel traitement? Marie France hésite.... Quelle est la bonne réponse? C'est encore pire que de choisir son bulletin dans l'isoloir... L'avenir hygiénique de milliers de sanitaires de France est entre ses mains! Elle ne doit pas se tromper, son avis est primordial, déterminant, c'est pour cela qu'on a fait appel à elle ! Après un suspense insoutenable que Pierre Bellemare lui-même n'aurait pas renié, elle valide enfin le produit. Avec un enthousiasme modéré cependant. Elle autorise sa commercialisation éventuelle. Elle envisage même du bout des lèvres de l’utiliser à titre personnel, pour voir, quoique sans conviction déplacée. 
Ce moment suspendu (à l'instar des toilettes du bureau) a duré une heure trente. Madame Picard est épuisée. Elle congédie brutalement Marie-France non sans avoir gratifié majestueusement sa noble expérience sanitaire de 40€ avec lesquels elle s'offrira sans doute le dernier Jean Christophe Grangé qu'elle pourra lire confortablement assise sur ses chiottes rutilantes. Demain, le panel d'étude porte sur une huile d'olive sans olives, la journée sera longue. 
Exceptionnellement, Madame Picard s'autorise quelques minutes pour consulter les annonces de cours de dessin sur Internet... 

mardi 26 septembre 2017

100. Délit de fuites

Pendant que des ouragans aux prénoms bien moins exotiques que les villes qu'ils dévastent, laissent de pauvres gens sans toit, sans eau potable, sans électricité et même, sans Internet (!!) moi, j'ai un dégât des eaux. Minable. Nul. Plouc presque. Je sais. Loin de moi l'idée d'une quelconque comparaison  avec ces sinistres sinistres du bout du monde. J'ai de l'éducation, je sais me tenir et je n'ai pas le mauvais goût de pousser des cris d'orfraie pour trois cloques sur mon mur. Du reste j'imite très mal l'orfraie (Rapace diurne plus connu sous le nom de Pyrargue. Le pygargue à tête blanche est particulièrement connu pour être l'emblème des États-Unis. NDLR). Mais me plaindre un tout petit peu quand même, je crois que je peux. Car enfin cette acné qui défigure ma chambre est toute à la fois inesthétique, coûteuse et me contrarie d'autant plus que je trouve assez peu divertissant de pister artisans, assureurs et autres experts (compétents toutefois, amen).
Pour résumer, je peux désormais me vanter d'avoir une vue imprenable sur les courbes harmonieuses de ma baignoire depuis mon lit.  Dès le matin au réveil, je peux admirer ce merveilleux panorama tout à loisir à travers une cavité béante où les méandre de la tuyauterie cuivrée fraîchement changée brillent de mille feux. Comble de bonheur, je pourrai admirer ce spectacle pour une durée indéterminée, car le taux d'humidité du mur avoisine les 100%, et n'est pas près de sécher, tout du moins pas avant 3 mois au minimum, s'il s'y décide. Mais venez voir par vous-même, je vous en prie. La visite vaut le détour, c'est somptueux. Je propose des tarifs réduits pour les enfants, les chômeurs et les seniors. N'hésitez pas,  vous ne serez pas déçu. Les photos sont autorisées et je prévois moi-même de faire éditer des cartes postales, pour les fêtes de fins d'années ce sera charmant. Pour la modique somme de 2€, vous pourrez utiliser vous-même l'humidimètre (digital!) qui m'a été gracieusement offert par l'expert commis par l'assurance. Autant vous dire que c'est Noël en septembre! Divertissement garanti! Cette activité très pédagogique pourra être proposée aux groupes scolaires qui en feront la demande. Des ateliers sont d'ailleurs prévus :  initiations aux couleurs pour les plus petits (vert, orange, rouge) et découverte des mystères des variations hygrométriques et des joies des pourcentages pour les plus grands. Visites en anglais, espagnol, québecois et LSF également disponibles. Me contacter.
Vous l'aurez compris, je jubile. Car pour  parfaire ce scénario idéal, mon lave-linge qui n'est pas en reste et s'ennuyait probablement de son côté de l'appartement, a décidé de rejoindre la fête. Il m'a donc joyeusement lâchée, dans un flux superbe et  un élan de solidarité non moins superbe avec la baignoire. Tuyaux pourris de toutes les canalisations, unissons-nous ! Plus on est de fuites, plus on rit ! Clamsez vidanges, calanchez tambours ! Le plombier arrive, faisons-lui fête, qu'on lui déroule la bâche de protection ! Quand j'ai vu mon sauveteur arrivé en camionnette à défaut de Zodiac, j'étais à deux doigts de lui demander si je pouvais faire un selfie tellement j'étais contente de le voir... Je me suis même retenu de chanter Comme un ouragan... Juste à temps! Pour le coup, c'eut été s’approcher un peu trop près de la frontière du mauvais goût, mon plombier aurait pu s'offenser et ma tuyauterie, déjà fragile,  se ressentir indirectement de mon impertinence.
Après  deux jours en sa compagnie, je dois avouer que des liens indéfectibles se sont tissés entre lui - mon plombier - et moi. Aujourd'hui il ne vient plus, j'ai le cœur gros. Heureusement, il m'a laissé cette cavité et ces tuyaux en souvenir de lui. C'est beau. Grâce à lui, ma chambre a des airs du Centre Georges Pompidou. Y a pas à dire, ça a de la gueule! Ce design... Ce modernisme... J'ai bien conscience que son œuvre ne fera pas l'unanimité, mais il faut bien reconnaître que ça ne laisse pas indifférent. Quelle audace! Ce mur qui exhibe ses entrailles sans pudeur à la façon d'une Frida Khalo ou d'un Soutine ! Il y a de la rage, de la souffrance dans cet abîme mural... Une émotion à l'état brut, qui vous frappe de plein fouet. Le plâtre qui saigne, sans papier peint, sans fioriture inutile. C'est saisissant. Je mesure pleinement la chance qui est la mienne de pouvoir contempler, analyser, disséquer la création de mon plombier chaque jour. D'autres n'ont pas cette aubaine. Je me demande si je ne devrais pas renoncer aux travaux quand l'heure sera venue?
Inutile de prendre une décision à la hâte, fort heureusement, je vais avoir du temps pour réfléchir et rêver devant  le plombage artistique de ma carie murale... 
Il a bien raison le poète Jean-Jacques Goldman qui dit : "On n'échappe à rien, pas même à ses fuites." (On ira, 1997) 

Grotte de l'amertume au lever du jour (Entreprise L. , 2017)




lundi 21 août 2017

99. Festival estival !

Bon d'accord je vous ai un peu laissé tombés. Mais j'ai une vie aussi. Ou plutôt une laaaaïfe comme le disent fort à propos (et fort théâtralement!) mes petits élèves anglophones. Si vous croyez que c'est easyyyy de décrocher, de prendre le temps d'un blog, juste comme ça, parce que l'envie m'en prend. Eh bien non. C'est très compliqué. Ça demande de l’organisation, de la planification; de l'inspiration même! Et puis, j'ai des obligations. Jouer les cigales, quoiqu'en pense Monsieur De la Fontaine, c'est du boulot. A moins de vous mitonner une lazagne entre trois et cinq du mat', je ne vois pas comment j'aurais pu vous poster quoique ce soit depuis le mois de juin. Alors inutile de me faire tout un flan aux œufs. D'autant que ces jours-ci, les œufs, vous feriez mieux de faire attention (sans pour autant virer vegan, ce serait excessif et fort peu convivial, surtout lors d'un barbecue entre amis, cf post 97) ! 
Si je suis un peu speeeeeed, veuillez m'en excuser mais c'est que des vacances, cette année j'en ai pas eu bézef! Alors quand terrassée par une angine sortie de nulle part pendant mes seuls jours de repos, la piscine et le soleil se sont unis pour me narguer derrière la fenêtre, je reconnais que je suis devenue quelque peu chatouilleuse et que ça m'a fait moyennent rigoler.
Ma nature joviale a pourtant repris le dessus et me voilà shootée, requinquée, les globules en fête, prête à taquiner le clavier. 
Je vous avais donc laissé au carrefour des vacances pour prendre un Virage à droite  ou plutôt à l'Est direction Avignon. Je ne sais pas ce qu'il en a été de votre côté de l'autoroute A6, mais pour ce qui me concerne, l'étape fut belle, CGTiste, et ensoleillée ! Après une année électorale, disons le tout de go, le pari de porter Michel Sardou entre les remparts c'était un peu comme la candidature de Jean-François (Copé pas Derec), audacieux et pas vraiment gagné. Mais dans la famille Virage à Droite, on a le tempérament joueur. Et sagace. On le sait bien que faire Avignon ce n'est jamais "gagner". C'est plutôt la garantie de perdre ses économies dans une mesure plus ou moins conséquente. De ce côté là, on peut dire que nous avons honorablement rempli le contrat. Conformément à la tradition, nous avons sué sang et eau 12 heures par jour, nous n'avons pas gagné un euro, nous avons dépensé plus que de raison et nous affichons fièrement un solde déficitaire, modéré toutefois (ouf!). Je vous entends qui murmurez déconcertés "mais pourquoi" ? Eh bien une fois n'est pas coutume, je vais oser l'écrire... pour le PLAISIR. Celui de jouer devant une salle pleine tous les soirs un spectacle qu'on a créé, porté, aimé, amélioré et défendu pendant trois ans. Parce que contre toute attente, ils ont été nombreux les spectateurs sensibles à ce répertoire improbable tout à la fois tendancieux et patriote et que nous n'avons pas joué - que - pour les égarés du catalogue et la belle-famille du technicien. On a beau avoir un spectacle pleins de jolis participes passés, mettons les chose au point : Avignon c'est la jungle, pire c'est le Salon de l'Agriculture du spectacle avec moins de ministres et sans le stand raclette de l'Amicale des Fromagers d'Abondance.  Certes, initialement c'était LE festival de Théâtre par excellence, merci Monsieur Vilar... Mais le temps a passé... Le IN snobe le OFF, ils ne sont pas du même monde... Dans le premier La mégère apprivoisée dure 5h dans une mise en scène iranienne sur fond d'émancipation féminine... Dans le second, le dressage de la diablesse dure à peine 1h10 avec 3 comédiens éclairés par deux projecteurs de chantier... Dans le OFF, Edward Bond et Yasmina Reza côtoient les prometteurs Faites l'amour avec un belgeMa patronne est un fumier et  Mon cul c'est pas du poulet, parce qu'il faut bien que les spectateurs de TF1 aussi élargissent leur culture... Et puis il faut encore compter avec les humoristes, les danseurs, les clowns, les circassiens et avec tout ceux du catalogue dont on ne reconnaît même pas l'étiquette sur l'emballage (c'est quoi au juste un clown thérapiste?) ! Et au milieu de tout ce beau monde, faire de la Chanson à Avignon - bien que de Droite - c'est coton ! J'en ai fait la l'expérience en solo, je sais de quoi je parle. Et pourtant... Contre toute attente, entre les 1484 spectacles du OFF, chanter Sardou et Barbelivien s'est avéré beaucoup plus porteur qu'interpréter mes propres refrains forgés à coups de dictionnaires de rimes et d'anatoles habilement détournés par l'ami François. Que faut-il en conclure? Que mes chansons ne valent pas tripette à côté des  Lacs du Connemara ou du France? Que je devrais me lancer dans la Chanson géographique? Que j'aurais dû voter Fillon? Bah non. Juste que c'était bien. Qu'on a bien bossé avec les copains. Qu'on a bien rigolé même. Qu'on s'en est fait des nouveaux de copains à l'ombre des canisses du Théâtre de la Bourse du Travail CGT. Pis des bien. Qu'on s'est mis du spectacle plein les yeux et les oreilles et qu' on a pleuré (La voix des sans voix, Rue de la Belle écume), rit (Hobobo, Emma la clown), réfléchit (8h30 rue des Écoles, Une cosmonaute n'est pas un souci dans notre galaxie), rêvé (Driftwood, Zorozora, Gaston moins le quart), dansé le rigodon (Marionele), tapé des mains (Garance), qu'on est retombé en enfance (Histoire d'une mouette et du chat qui lui appris à voler,  Zèbre à trois) et pis qu'on  a regretté d'en rater quelques autres de spectacles tellement y en avait dans le labyrinthe des salles climatisées. Et puis qu'on reviendra... encore et encore, parce que le spectacle, c'est bon quand c'est beau. Ou l'inverse.
Alors les vacances? Tant pis ! Peut-être l'année prochaine ! Moi je préfère passer l'été à bosser. Mince! Est-ce que je serais pas en train de virer à droite pour de bon?

Avignon - L'album souvenir 


mardi 27 juin 2017

98. En chaleur !

J- 9 Mais qu'est-ce qui m'a pris. 
Ce matin Joël Collado m'a affirmé que la canicule avait cédé la place à de violents orages. A Cancale peut-être, mais à Dieulefit il est à peine 11h et je le vois bien que le thermomètre affiche nonchalamment 34°C! Alors Jojo, avec ce genre de prévisions je te le dis tout net c'est toi qui va bientôt devoir céder la place! Car ici, d'orage, point. Je m'étais mis en tête de franchir les 100 mètres qui me séparent de  la boulangerie, après 50 mètres, j'ai renoncé. Vite fait. Enfin vite fait c'est une expression... A quoi bon un croissant par cette chaleur? A moins que...  Dans la piscine?
Dans un peu plus d'une semaine, je serai au Festival d'Avignon. Si j'osais un jeu de mot trivial, je  vous dirais même que je suis en marche pour le Festival. Trivial, je vous avais prévenu. Eh ! S'offrir un Virage à Droite au Théâtre de la Bourse du Travail CGT ça n'est pas donné à tout le monde. Certes, je ne suis pas tout le monde. Dans l'absolu, météo mise à part, j'irais jusqu'à dire que je me réjouis de retrouver les remparts. Même si je sais que ce n'est pas qu'une partie de franche rigolade. Qu'on va pas seulement retrouver les copains pour chanter du Michel Sardou et du Didier Barbelivien. Qu'on va pas seulement partager des fous rires et des tranches de melons. Qu'on va aussi se casser les ongles à coller des affiches, les cordes vocales à parader, la tête à rameuter du monde, la gueule même peut-être?  Qu'on n'aura pas le temps d'aller voir les spectacles des copains (les autres!) tellement on sera lessivés même si on se promet le contraire à tous les coins de parades. Qu'on sera peut-être bien content d'échapper à  Tu ronfles trop fort Théodore.  Qu'on regrettera sans doute de ne pas pouvoir jeter un œil à l' Antigone de Satoshi Miyagi dans la Cour du Palais des Papes vu qu'on joue en même temps. Qu'on s'engueulera sûrement une fois ou deux parce que c'est la vie et qu'on avait bien dit qu'on laisserait pas trainer sa vaisselle sale dans l'évier parce que ça attire les mouches! Qu'on se demandera sans doute une fois ou deux si ça valait bien la peine tout ça? Qu'on se découragera d'ailleurs... un peu probablement... Tout ça je le sais. Ça me va. Je signe. Par contre les 34°C, je les avais un peu mis de côté. Senor Météo, 'scuse...  mais ta grenouille elle a tout faux! Et moi, quelques années plus tard, je ne suis pas sûr de tenir le choc thermique. Tu me diras ça me fait un bon entraînement pour la ménopause.
Oui, voyons le bon côté des choses. Dans le Marie-Claire du dentiste fallait chercher des raisons de positiver. Chez le dentiste... tu m'étonnes! Bon. D'abord, logiquement entre marche et sauna, je devrais fondre, non? D'autant qu'on n'a rarement envie d'un veau marengo ou d'une raclette par de telles températures. Voilà qui va me réconcilier avec ma balance, nous étions un peu fâchées. Et puis désormais les théâtres avignonnais sont climatisés et on ne peut pas dire que ce soit un luxe. La mairie ne pourrait-elle songer à faire climatiser ses rues? Oh ! Je ne dis pas toute l'année bien sûr, mais ne serait-ce que pour la durée du Festival? C'est que j'appréhende un peu de défiler en Stéphanie de Morano... Oh j'assume le personnage ! Disons...  à peu près!  Mais de la Place de l'Horloge à la rue de la Bonneterie, le tailleur cintré, doublé, à manches longues je l'assume moins ! Même s'il est vrai que j'ai choisi une petite cotonnade estivale pour les parades. Toutefois, j'ai pris la liberté de remiser ma marmotte et mes collants. Je ne pense pas qu'on m'en tienne rigueur. Du moins je l'espère. S'il y avait des plaintes, j'aviserai. Le maquillage par contre risque de couler.... Si le style coulure Ripolin est actuellement en vogue je risque de connaître mon petit succès.... Sinon.... je pourrais peut-être faire passer ça pour une nouveauté dermatologique?
C'est un spectacle de natation synchronisée que j'aurais dû présenter. Un maillot de bain et basta! Bon de toute façon j'ai tout prévu dans mon sac : un thermos d'eau glacée, un spray d'eau minérale, des lunettes de soleil,  un éventail, des lingettes démaquillantes. Et puis des tracts (on ne sait jamais!). Le hic c'est qu'il risque de peser une tonne... Je vais mourir je vous dis!  Je le savais pourtant que c'était dangereux... un Virage à Droite! Tant pis! En marche!

PS : Je vous écrirai tout plein de mots purs au fur et à mesure pour vous raconter le Festival. 
Pis si vous passez dans le coin... Venez me faire un coucou...  à Droite ou ailleurs!

dimanche 4 juin 2017

97. Et mon barbecue, c'est du poulet?

Le monde devient fou. L'été revient à petit pas et avec lui l'odeur délicieuse des barbecue. Connaissez-vous rien de plus chaleureux, de plus convivial qu'un barbecue entre amis? Groupés autour de l'appareil, on se dispute quant à la meilleure technique d'allumage. Pour ou contre le papier journal chiffonné? Les puristes s'insurgent à l'idée du moindre allume-feu chimique quand les plus pressés ne renâclent pas devant une ou deux giclées d'alcool à brûler histoire d'accélérer le processus... On s'interroge sur le combustible optimal. Certains ne jurent que par le charbon de bois tandis que les écolos célèbrent les bienfaits du charbon végétal (ah bon? Le bois c'est pas végétal?). Figurez-vous que les sarments de vigne parfument la viande, sauf que les rafles de maïs captent les graisses... Y a encore les afficionados du barbecue à gaz qui prétendent que c'est moins chiant à nettoyer et les fondus de la plancha qui assurent que griller sans gras c'est plus sympa!
En cuisine on s'affaire! Les côtes de bœuf hésitent entre la marinade au thym ou celle au romarin, on pique et repique et colegram les chipos, les merguez, le figatellu. Les enfants alternent consciencieusement (et dangereusement!) tomate, poivron, poulet et courgette sur les pics à brochette. Et puisqu'il reste un vieux fond de Pastis 51, on se demande pourquoi on flamberait pas le bar? On découpe les premiers melons (tant pis s'ils ne sont pas très bons), et pendant qu'on mélange joyeusement des salades de toutes les couleurs, on s'échange des super recettes qu'on oubliera aussi sec ou qu'on ne fera jamais. Le blanc prend gentiment le frais dans le seau à glaçons près de quelques bouteilles de bières. Et puis pour le dessert, y aura juste des cerises parce qu'Agathe avait pas envie de trop s'emmerder...
On a déplié deux trois transats fatigués, sorti le tire-bouchon, les chips et puis quand même un saucisson (faut pas se couper l'appétit d'accord, mais faut pas déconner!) et attaqué un Dobble, un Shabada, ou un Time's up,  le temps que les braises soient enfin prêtes. Le temps marche au ralenti... Sortez ketchup, moutarde, mayo! Sortez Sopalin et vaisselle en carton! On se sent bien entre copains... ça sent bon les grillades... ça sent les tupperware et les restes dans le papier alu... ça sent la salle de sport lundi matin mais on s'en fout parce que ça sent surtout les vacances qui rappliquent... Le barbec', ça sent le Paradis! 
Enfin c'est ce que je croyais jusqu'à dimanche dernier où j'ai assisté, médusée, au barbecue de l'Improbable. Comme quoi, quand on perd des amis de vue c'est peut-être pas plus mal. 
J'étais donc conviée dans le jardin d'anciennes connaissances artistiques, dans mon souvenir  brillantes, drôles, talentueuses, fréquentables somme toute. 
J'avais apporté, sans prendre de gros risque, une bouteille de Chardonnay à rafraîchir ainsi que - à l'instar d'Agathe - un kilo de cerises dont j'avais eu tout le loisir de picorer un bon tiers pendant les 50 minutes de trajet en RER, qui comme me l'avait assuré mes hôtes, n'excédait bien entendu pas les 15 minutes depuis le centre de Paris. En Jet Ski sans doute... Peu m'importait! Pour une côte de bœuf saignante ou des côtelettes grillées à déguster en bonne compagnie, j'étais prête à tous les sacrifices urbains!
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que mes anciennes relations avaient si mal tourné... 
Dès mon arrivée, j'ai  compris qu'il y avait andouille sous roche. Le sac au pied du barbecue affichait Charbon alternatif et les galets qu'il contenait semblaient tout droit sortis de Soleil Vert. 
Près de la grille, aucune viande n'attendait de rôtir. Aucun poisson non plus. La seule andouille qui attendait près du barbec', c'était moi. La preuve. Avisant des blocs gélatineux, je m'enquérais de la nature exacte de cet étrange allume barbecue. Gel? Pâte? On me répondit qu'il s'agissait d'un assortiment de tofus sélectionnés tout spécialement. Euh... Spécialement? Pour...? Pour le barbecue. Le barbecue de tofus. Le barbecue de tof.... Euh...? Mais... Euh... Bon. Vous m'excusez deux secondes? Faut que j'aille boire un coup, je reviens! Je me dirigeai vers les boissons pour me remettre de ma stupéfaction et accessoirement, noyer ma déception. Je n'aurai pas dû. Je n'espérais pas  trouver un Vosne Romanée mais enfin tout de même! Un simple cubi égaré ou du Coca Zéro auraient fait mon affaire! Sur la table, étiquettée Bar à eaux minérales, s'alignaient... des bouteilles d'eaux. Rien que de l'eau, comme dirait l'autre. Gazeuse, certes. Millésimée de surcroit. Il fallait semble-t-il, commencer la progression en bout de table par les "petites bulles". Moins salées, elles ne dénatureraient pas mon palais. C'était écrit. Juste là. J'hallucinais. Je cherchais, sans la trouver, ma bouteille de Chardonnay. Me voyant éperdue, un quidam me tendit un plateau de toasts au fromage végétal. Je retenais un cri.
Désespérée, j'attendais  le moment où quelqu'un surgirait d'un placard en criant "surprise!". Mais rien. Personne. J'étais prise au piège dans cette dimension parallèle où les gens s'enivraient d'eau gazeuse en grillant du tofu! Ces gens étaient pourtant normaux autrefois! Que leur était-il arrivé? Je décidai qu'il était plus prudent de ne rien consommer, c'était peut-être dangereux. Au deuxième passage du plateau de toasts au fromage végétal, il devint urgent de m'échapper. Je consultais en douce mon téléphone. Le prochain RER passait dans 1h20. Je tiendrai bon jusque là. Mon équilibre psychologique était menacé mais je résistai.
Je regagnai la civilisation. Ébranlée. Pour la première fois en 10 ans, j'eus envie de pousser la porte d'un Mc Donald! Je me retins tant bien que mal. Si le monde devenait fou.... moi pas!

dimanche 30 avril 2017

96. Dimanche j'irai voter

Dimanche 7 Mai j'irai voter. 
Je sais bien que je vous ai habitués à des réflexions plus légères, encore que... 
Il se trouve que plus l'échéance approche, moins j'ai la plume à la dérision. Mille excuses...

Dimanche j'irai voter. Une enclume sur le cœur, j'irai glisser pour la seconde fois toute ma peine citoyenne dans une urne. Je devrais être habituée. Ça devrait faire moins mal. Ou pas. Au cas où, j'emporterais quelques Kleenex dans l'isoloir.
Que chacun se rassure. Je ne me lancerai pas dans une grande diatribe politique, de celles qui enflamment les bistros, la poule-au-pot du dimanche et les réseaux sociaux... Je ne veux convaincre personne. J'ai déjà eu du mal à me convaincre moi-même. C'est bien assez. Je veux croire, naïvement peut-être, que chacun sait maintenant que le pire est au bout du scrutin et qu'il connait les moyens qui sont à sa portée.

Dimanche, j'irai voter. Parce que c'est mon droit. La page Wikipedia consacrée au droit de vote des femmes me le confirme. Ce droit, plus ou moins récent selon les pays, est même pour certaines soumis à des restrictions. Devant l'écran, je mesure l’importance de ce  droit  qui est le mien. Plein de sollicitude, Google voit que je m'intéresse au droit de vote féminin. Il sait que je raffole des citations et m'en suggère une d'Odette Roux. Je ne connais pas Odette, mais ses mots réchauffent - un peu - ma détresse électorale :  "On ne nous a pas accordé le droit de vote, nous l'avons gagné."  Merci Odette (et Google) de me le rappeler alors que ma conscience civique bat de l'aile.

Dimanche j'irai voter. Même si je m'étais promis le contraire. Mais après tout, les promesses électorales, on sait ce que c'est. Et puis, on m'a déjà fait le coup. J'ai déjà dit NON. Même qu'on m'avait écoutée. Même que j'étais pas la seule. Alors, dimanche je serai au rendez-vous et je retournerai dire NON. A la haine et à l'intolérance, entre autres. Même si cette fois, je suis un peu frustrée de n'avoir pas rejoint mes concitoyens pour dire NON haut et fort dans la rue. "On n'oublie rien de rien, on s'habitue, c'est tout" chantait l'autre... Il ne croyait pas si bien dire... 

N'empêche. Moi, je ne veux pas m'habituer. Et dimanche j'irai voter. D'autant plus qu'il s'agit visiblement d'endiguer une épidémie bactériologique. J'entends partout  qu'il s'agit de choisir entre la peste et le choléra. Moi qui croyais que ça n’existait plus ces maladies-là de nos jours ? Quelle andouille! Comme je ne suis pas très au fait en matière de microbiologie, j'ai voulu me renseigner. Mais je ne connais hélas aucun épidémiologiste personnellement, ce que je déplore vivement et d'ailleurs, si c'est ton cas, que tu es sympa et célibataire, n'hésite pas à te manifester. Je me suis donc tournée vers mon pote Wikipédia (toujours lui!) même si pour le glamour on a vu mieux. Kiki m'informe donc aimablement que de 2010 à 2015 (ce qui, en passant, correspond étrangement à la durée d'un mandat présidentiel) la peste a fait 584 victimes de par le monde. Le choléra de son côté, continue de faire en moyenne 10000 victimes chaque année, de par le monde itou. Soit, sur 5 ans,  85 fois plus de victimes. Après mûre réflexion, des deux maux s'il faut vraiment choisir, j'aime encore mieux le moindre et c'est au bacille Yersinia Pestis qu'ira ma "préférence", mon suffrage devrais-je dire. D'aucuns prétendent que c'est bonnet blanc, blanc bonnet. Ce serait donc une affaire de couvre-chef ? Dans ce cas, permettez-moi d'opter pour le rouge flamboyant du bonnet phrygien. A Janson de Sailly, je me souviens que Monsieur Ribaud, prof d'histoire géo de son état, nous faisait apprendre par cœur la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Aujourd'hui, je suis nulle en histoire et je ne gagne jamais le camembert jaune au Trivial Pursuit.  Pourtant,  je peux encore réciter quelques articles de mémoire. En particulier, l'Article 3 : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » Alors dimanche, Mr Ribaud, j'irai voter. Pour l'Article 3, et tous les autres. Pas pour les riches. Pas contre les pauvres. Pas pour un homme. Pas pour un parti. Pas pour qu'on interdise les portables au collège. Mais pour préserver ce que représentent à mes yeux les trois mots inscrits sur le fronton de l'école maternelle de mon bureau électoral : Liberté, Égalité, Fraternité

Dimanche j'irai voter. Entre les dessins d'enfants, le chamboule-tout et les Lego, le cœur en peine, j'accrocherai (encore une fois) mes convictions au porte-manteau, je m'isolerai, je prendrai une grande respiration et puis j'irai glisser mon bulletin dans l'urne. Parce que je n'ai pas le choix. Parce que je suis inquiète. Voyez-vous, c'est un 7 mai que Vladimir Poutine a été élu président de la Russie et c'est un peu bête, mais je suis superstitieuse... 

Alors oui. Dimanche 7 Mai, j'irai voter. 


Arabie Saoudite, 2015 des femmes brandissent leur première carte électorale .


dimanche 2 avril 2017

95. Et toque!


Tout a commencé par une coupe de Champagne. Enfin une... deux. Un ami avait été invité par sa chargée de clientèle bancaire à suivre un Atelier de Chef avec l'invitée de son choix et j'étais le choix plus qu'heureux parce que quand il s'agit de manger faire la cuisine, je suis dans mon élément ! Mon propre conseiller bancaire m'ayant offert un porte-clés lors de l'ouverture de mon crédit immobilier, j'envisageais tout de même en mon for intérieur entre deux gressins la possibilité de changer d'établissement financier prochainement. Cette petite réflexion mise à part, la soirée s'annonçait plutôt bien. Moi qui me réjouissais de découvrir trucs et astuces de Chef pour sublimer mes carottes râpées, jusque là, je n'étais pas déçue! Avant cet atelier, il ne m'était encore jamais venu à l'idée d'ouvrir une bouteille de Ruinart avant de me mettre aux fourneaux. Quelle erreur! Pleins de bonne volonté, mon camarade et moi-même étions prêts à mettre immédiatement en pratique cette nouvelle technique en buvant une troisième coupe avant d'enfiler nos tabliers mais Cécile, notre Chef du soir, ne semblait pas de cet avis. A moins qu'elle n'ait jugé que nous n'ayons pas encore le niveau nécessaire? Nous l'avons donc écoutée nous  annoncer le déroulé de la soirée et le menu que nous allions réaliser : Ravioles de langoustines - Daurade en croûte d'herbe - Fondant chocolat, tuiles orangées et coulis de caramel, le tout en 1H30. Alors ça, ça m'a épatée parce que moi quand j'invite les copains, je mets rarement 90 minutes pour préparer un entrée-plat-dessert. Mais c'est vrai que, en y réfléchissant, je dois plutôt mal m'organiser parce que je fais tout moi-même et tout bien réfléchi, ce n'est pas très malin. Je fais les courses, je lave et trie herbes, fruits et légumes, je casse les œufs toute seule, je pèse mes ingrédients et puis je n'ai pas Juan pour faire la plonge chaque fois que je pose un cul de poule ou un économe dans l'évier. En plus je fais le ménage dans ma cuisine sinistrée et je mets la table pour mes invitée toute seule! Non, vraiment, quelle nouille! 
En tout cas, quand Cécile a ajouté qu'après, nous serions bien contents de bouffer tout ça  (oui, bon, elle l'a dit en plus joli), on l'a crue volontiers. Même avec ses cheveux rasés à moitié. Ensuite, nous nous sommes dirigés vers nos ilots rutilants et respectifs - certaines en clopinant sur leur béquilles parce que leur mollet n'était pas encore tout à fait remis même après un mois de plâtre - et c'était un peu bête parce qu'aussitôt on a dû retourner autour des pianos pour commencer par préparer les desserts et certaines ont un peu maudit Cécile qui nous faisait faire des allers/retours inutiles tout le temps. Bref, on a commencé la tambouille. Je vais vous épargner les recettes, caramel, tuiles et chocolat, vous connaissez la chanson. Ici c'est pas un blog de cuisine et si vous voulez connaître les secrets du Paris-Brest Déstructuré ou celui de la  Tarte au Citron Décitronnée regardez plutôt Top Chef
Ce qui est rigolo dans ces ateliers c'est surtout de se retrouver avec des gens qu'on ne connait pas, de toutes les banques, de tous les crédits, enfin bref de tous les âges,  qui cuisinent ou ... pas du tout ! 
En l’occurrence, nous étions 22. Un peu beaucoup pour cette pauvre Cécile il faut le dire. Faire la cuisine c'est sympa, mais avec l'équivalent de deux équipes de foot, ça devient du sport, forcément. 18 dames occupées à comparer leurs recettes de cuisine (dont une intolérante au gluten), 4 messieurs un peu paumés entre les marises et les écumoires, quelques élèves un peu dissipés (le Champagne sans doute) et... Chantal Ladesou. Enfin, pas la vraie. Son sosie. Disons une dame qui devait avoir le même coiffeur, le même tailleur et les mêmes bijoux. La voir désareter un filet daurade aura été une vraie source de joie!
A 22, on n'a pas l'occasion de beaucoup "faire" la cuisine (des selfies par contre...). On tripatouille un ou deux ingrédients chacun son tour et très poliment.
Morceaux choisis.
Cécile : "Nous allons maintenant faire le caramel..."
Monsieur 1 : "Voulez-vous chauffer le sucre pour le caramel?" 
Dame 1 : "Après vous j'ai déjà incorporé la crème..." 
Cécile : "Vous allez maintenant mettre l'appareil dans les moules..."
Dame 2 : "Si personne ne se dévoue, je verse dans le moules alors ?" 
Dame 3 : "Mais allez-y je vous en prie..."  
En même temps on se surveille du coin de l’œil... toujours le plus poliment du monde et le miel plein la bouche... 
Dame 4 : "Vous n'en avez pas mis assez il me semble...." 
Dame 5  : "Cécile n'a-t-elle pas dit aux 3/4? Vous n'êtes qu'aux 2/3..." 
Dame 6 : "Si j'étais vous je ne m'y prendrais pas de cette façon... mais évidemment chacun sa méthode..."  
Il est temps de passer aux ravioles et que chacun décortique sa langoustine. Chantal s'interroge, inquiète? Que fait-on de la tête? Cécile a l'air de perdre un peu la sienne, de tête, à force de devoir crier pour couvrir nos 22 voix qui piaillent au dessus des ilots. Elle en oublie le basilic et le poivre de Setchouan que nous avions pourtant consciencieusement (et joyeusement!) réduits au pilon pour la farce. Le fumet a du retard, Cécile opte pour la Maïzena (heureusement que Maman ne voit pas ça!) car nos daurades et leurs croûtes s'impatientent. A force des effluves qui embaument désormais la cuisine, nos estomacs aussi !
Les 22 commis que nous sommes, s'affairent. On hache, on cisèle, on fait un selfie, on fatigue, on émince, on julienne, on fait un selfie, on assaisonne, on dore, on croûte, on fait un selfie, on tombe, on grille...
Enfin, il est l'heure de mettre les pieds sous la table. Comme nous sommes fiers! On se réjouit. Eh! On l'a même pas mise, la table! Et c'est nous qui avons préparé tout ça! Ou presque. On se régale! Ou presque. Parce que le fumet Maïzena c'est définitivement pas ça. Je le dis en douce à la dame intolérante au gluten qui nous regarde sans manger. Histoire qu'elle n'ait pas de regret. C'est moi qui regrette. Je viens d'enclencher un flot inattendu. Figurez-vous que son mari aussi est intolérant. Au lactose. Ah la la, c'est pas facile pour faire les courses. Si vous saviez. Elle peut manger ci. Mais pas ça. Lui par contre... Ah oui? Mais c'est fou ça! Heureusement, Chantal Ladesou l'interrompt pour demander si elle peut garder son tablier. Perplexité générale. Cécile acquiesce, Chantal est aux anges! Un Monsieur, en profite pour faire un dernier selfie avec notre Chef du Soir....
Nous, on n'a plus faim, mais entre la Maïzena et le beurre (celui du caramel, du fondant chocolat et des tuiles), il n'y a pas de quoi s'étonner. On n'est pas devenu des chefs étoilés mais on a passé une chouette soirée. On se promet de refaire le menu du soir, pour le fun et les copains, à la maison et sans béquilles. 
Demain mon ami a rendez-vous avec sa chargée de clientèle bancaire. On devrait peut-être l'inviter quand on refera notre dîner? Après tout, on a découpé un poivron ensemble, ça crée des liens,. Et puis on ne sait jamais, si je voulais changer de financier, jeu de mots!

 
Daurade en croûte d'herbes et sa Tombée d'épinards aux poivrons






Plaquette de beurre déguisée en Fondant au chocolat avec ses Tuiles aux Oranges et son Coulis Caramel










dimanche 5 mars 2017

94. Ca déchire grave!

En tout cas, mes petits élèves de  CE2 pourront dire qu'ils auront eu cette année une prof de théâtre qui déchire. Au sens propre. Qu'on ne vienne pas dire après ça que l'enseignement n'est pas un métier dangereux. Toutefois, que chacun se rassure (ou pas?) il ne s'agit pas d'un acte terroriste, aucun troll hyperactif ne m'ayant poignardée avec ses ciseaux à bout rond au nom de Constantin Stanislavski ou de Lee Strasberg et mon pronostic vital n'étant pas engagé. Simplement, j'ai mis - sans même m'en rendre compte - un peu trop d'ardeur à la tâche et le muscle de mon mollet que j'ai pourtant fort à défaut d'être fort beau n'a pas résisté : il s'est tout simplement déchiré, tel la feuille de papier Clairefontaine 80g (toucher satin) subitement coincée dans les rouages mystérieux de l'imprimante, sur laquelle on s'acharne inutilement, qui finit par se rompre tout aussi subitement et se retrouve en lambeaux (toucher confettis). On appréciera la métaphore.
Bref, tout ça pour dire que dans un élan de noblesse superbe j'ai tout de même fini mon cours estropiée (mon côté Sarah Bernhardt sans doute) mais assise, pour plus de commodité. Du reste, à 8 ans, mes élèves ne m'en ont pas trop tenu rancune, encore loin qu'ils sont des mystères des monologues de Phèdre ou celui du Roi Lear. De toute façon, comme le dit si bien Marin : "Le théâtre, ça craint" Exceptionnellement, ce jour-là je n'étais pas loin d'être d'accord avec lui. Toutefois, nous avons profité du reste du cours pour faire un travail passionnant sur la féminité des girafes et des autruches. Et puis la cloche a sonné et j'ai été à deux doigts de sauter à pieds joints pour entonner mais oui, mais oui, l'école est finie!!! Mais un double éclair tant de lucidité que de douleur m'ayant foudroyée au même instant, j'ai préféré me traîner lamentablement depuis le préau jusqu'à la sortie avec un grand sourire et prétendre crispée "Non, non, tout va très bien merci.". Je suis prof de théâtre après tout! En y repensant, je crois que deux ou trois CP m'ont crue. Et encore. Je me demande si ce n'était pas juste pour me faire plaisir...
J'ai beau chercher comment rendre cet évènement spectaculaire, en faire un objet de narration valable, je ne vois pas. Cet accident est tout bonnement minable. Nul de chez nul. Même pas la petite touche de ridicule qui apporterait la pointe d'humour, d'autodérision, qui relèverait le tout aux yeux du lecteur. Aux Urgences, je me suis sentie simplement gourde avec mon aventure qui n'en n'était pas une... Je ne demandais pas le script d'Indiana Jones! Mais enfin  pas celui de Pause-café  non plus! Dans ces moments là, il faut voir le bon côté : et là c'est la famille et les copains. Parce que heureusement, j'en ai plein, pis des bien! Déjà, il y a ceux à qui il est arrivé plus ou moins pire. Entre Pierre qui s'est luxé la mâchoire en mangeant un nem et Sylvie qui s'est brûlé le mollet au second degré en laissant tomber son fer à repasser, je me sens déjà moins seule. (Toute ressemblance avec des personnages existants seraient purement normale, je n'ai pas changé les prénoms.
Il y a aussi les inquiets qui, pensent que le premier des symptômes de la déchirure musculaire est sans aucun doute possible la malnutrition. Ils oublient que je pèse déjà mon poids sans le plâtre, que celui-ci pèse environ 30 kg au mètre carré, et ont donc collectivement décidé de m'engraisser à coup de sushis, pizzas (aux ananas!!!), confiture, gâteaux au chocolat, croissants, lasagnes, couscous... Mais je ne me plains pas. Il ne faut surtout pas jouer avec la santé! Me manquent simplement les odeurs et les saveurs maternelles pour une guérison optimale...
Il y a ceux qui appellent du bout du monde de Bruxelles, de Hong Kong, de Tel Aviv, de Genève et de Bangkok...
Il y a ceux qui se préoccupent de ma nourriture intellectuelle, inquiets de me savoir sans lecture, ils me livrent à domicile, journaux et bouquins et me font la chronique des spectacles parisiens...
Il y a les coquettes qui se soucient de mon apparence et de mon hygiène capillaire et viennent improviser un salon de coiffure au-dessus de la baignoire, magazines et potins mondains inclus...
Il y a ceux qui passent pour rien, pour un café, pour un sourire, pour un air de guitare et qui repartent comme ils sont venus, comme un rayon de soleil...
Il y a cet inconnu hier, alors que je m'étais glorieusement traînée jusqu'à la boulangerie, que je soufflais comme un chameau, incarnant le glamour et la séduction, qui m'a offert une crêpe. Juste parce que les béquilles c'est pas marrant et qu'une crêpe ça fait toujours plaisir!
Et puis il y a Marin. Dans ma boîte email, il me fait savoir par sa maîtresse qu'il a réfléchi. "Finalement, le théâtre, c'est bien. Quand est-ce que tu reviens?"

Bientôt Marin. Parce qu'un plâtre, j'en ai qu'un.
Parce que des copains, j'en ai plein... Pis des bien.



dimanche 15 janvier 2017

93. Peine de morts

Chers lecteurs, l'année débute à peine que déjà, je me félicite. Vous allez dire que je vais un peu vite en besogne, mais le proverbe a bien raison qui dit : on n'est jamais si bien servi que par moi-même ! D'ailleurs, c'est pas moi qu'ai commencé. Au Lycée Molière déjà, Madame Flaive ma prof d'anglais accessoirement principale, ainsi que tous mes autres professeurs d'ailleurs, ne manquaient pas de me féliciter chaque fin de trimestre, éblouis qu'ils étaient tant par mon appareil dentaire que par la précocité de mes innombrables talents. Élève studieuse et disciplinée, je me suis rapidement rangée à l'avis du corps enseignant.
Avec le temps, j'ai bien été forcée d'admettre qu'ils n'avaient pas tort et que les raisons de chanter mes propres louanges ne manquaient pas. Du reste, soucieuse de n'embarrasser personne, je me suis tant bien que mal retenue jusqu'ici de composer un opéra en trois actes à ma seule gloire. Preuve en est que je ne vous ai pas menti : ce souci névrotique de mon prochain, cette générosité immense qui m'animent... Avouez qu'ils mériteraient bien une petite cantate!
Mais je me dois de rester fidèle à ma modestie illustre (qui à elle seule ferait l'objet d'un magnifique madrigal). Et si aujourd'hui, je range malgré tout ma pudeur dans mon tiroir à chaussettes pour me féliciter devant vous, je ne veux pourtant pas abuser. Je résumerai donc cette auto congratulation à un sujet unique. D'autant que ça ira plus vite!
Alors donc voilà. A l'instar de nombreuses personnalités qui l'avait précédée, 2016 s'en est allée  le 31 décembre dernier. Elle nous a quittés libérée délivrée, les étoiles lui ont tendu les bras, libérée délivrée, non ne pleurez pas. On a pu entendre certains soupirer soulagés "Enfin!"d'autres "Déjà?" et d'autres encore, l'esprit probablement embrumé par la douleur soudaine ont même murmuré "Je me demande si elles étaient fraîches les gambas?" avant de s'isoler pour cacher leur peine aux toilettes. 
Et pourtant, malgré son lot de bonnes nouvelles, entre autres la sortie de mon merveilleux album En pleines formes disponible sur les plateformes et sur Bacchanales Productions pour la somme raisonnable de 15€2016 fut une hécatombe... De Nice à Magnanville, de Istanbul à Bruxelles, De Berlin à Orlando, la liste des victimes d'attentats s'est allongée au point qu'on entendait certains hésiter lorsqu'il s'agissait de choisir l'avatar pour témoigner leur sympathie sur les réseaux sociaux... La macabre pêche des corps de migrants anonymes qui tentaient de rejoindre l'Europe, s'est elle aussi avérée un peu trop fructueuse... 
On a pleuré au cinéma, beaucoup. La fin de tournage a sonné, entre autres pour Ettore Scola, Jacques Rivette, Michel Galabru, Michele Morgan, Claude Gensac, la princesse Leia ou Debbie Reynolds... Monsieur Cinéma lui-même nous a tiré sa révérence, emportant avec lui un peu de  mon enfance. Umberto Ecco, Dario Fo, Elie Wiesel ou Michel Tournier ont décidé de tourner définitivement la page et émus, on s'est dit qu'on les relirait bien leur bouquins, un de ces jours... 
De leur côté Bowie, Michel Delpech, Prince, Papa Wemba et George Michael se sont filé rendez-vous pour un dernier bœuf à l'Hotel California, il a donc fallu se résoudre à créer une playlist des plus éclectiques qu'on a élégamment baptisée Post Mortem sur Itunes. On a aussi croisé les doigts très fort pour qu'aucune maison de disque ne sollicite Christophe Mae, Louane, Matt Pokora et Coeur de pirate pour un dernier hommage à Léonard Cohen... 
Mohammed Ali est tombé KO... Courrèges et Sonia Rykiel sont allés se rhabiller... Shimon Peres a fini par trouver un accord de paix... Gotlib a rangé ses Dingodossiers... Siné est allé retrouvé Cabu et Wolinski, sans doute que les copains lui manquaient trop.... Pierre Etaix a fait son dernier numéro mais ça n'a fait rire personne... La lune est morte quand Paul Tourenne est allé rejoindre les Frères Jacques... Rocard a définitivement passé l'arme gauche... et Benoite Groult a brûlé son dernier soutien gorge... Et j'en oublie. 
Si on veut voir les choses du bon côté, on peut toujours se dire qu'en 2016 l'industrie du funéraire a connu une belle période de prospérité économique. Avec une telle croissance dans ce secteur, des filières longtemps délaissées telles que marbrier, fossoyeur ou thanatopracteur devraient connaître un nouvel essor. 
On peut aussi se dire que à vue de nez, La Mort semble être une personne de goût, raffinée et cultivée. Pour un peu, on aurait presque envie de la rencontrer. De l'accompagner au cinoche ou au concert et d'échanger avec elle un ou deux bouquins... Cependant, sans vouloir l'offenser, je tiens à me féliciter comme je l'avais annoncé plus haut. Chaleureusement même. D'avoir échappé à sa vague mortuaire sinistre et jalouse qui nous a ôté ces nobles personnalités comme ça sans prévenir, sans même un mot d'excuse. D’aucuns diront sans doute que je suis jeune et pleine de vie, à quoi bon m'inquiéter? Ils n'auront pas tort (j'ajouterais simplement qu'ils ont oublié de dire que je suis également une quadragénaire d'une beauté à couper le souffle). Que si je suis une artiste, ma notoriété est toute relative, pour ne pas dire confinée, voire familiale. J'en conviens. mais enfin je suis une artiste tout de même, par conséquent j'avais toutes les raisons de me sentir menacée! 
Je ne vois pas toujours la vie en rose fuchsia, la plupart du temps je me contente d'une jolie nuance rose framboise, parfois de rose pétard et plus rarement d'un rose pelure d'oignon.... Mon côté Barbie sans doute. En 2016, Barbie n'est pas morte. Au contraire. Elle a eu 57 ans et pour fêter ça, Barbie Curvy a fait son entrée au rayon jouets. Elle est bien en chair, dodue, pulpeuse... Comme moi en somme... et je m'en félicite!