dimanche 8 décembre 2013

57. Bye bye Madiba...

Ce matin, je préfère vous le dire tout net, c'est la poisse! Je vous résume la situation (en termes choisis ce la va de soi):

Il n'est rien advenu cette quinzaine hélas
Qui vaille d'être narré en des termes cocasses... 

Ce n'est pas du Rimbaud d'accord, mais enfin c'est explicite. Du reste, je porte à votre attention négligente que je n'ai rien à dire, peut-être, mais  je me suis quand même fendue de deux Alexandrie, alexandrins!
Bref. Ces derniers temps, ma petite vie égotiste suivait donc un cours tranquille et sans vaguelettes et je me demandais, soucieuse, de quoi j'allais bien pouvoir vous entretenir. Et puis aujourd'hui, voilà que les vaguelettes ont viré au coup de tabac. Les paupières encore engourdies, entre deux bâillements, j'exécute machinalement mon parcours du matin: du lit à la cuisine d'abord et allumer la machine à café, de la cuisine au salon ensuite, brancher la radio et enfin du salon à la salle de bain, observer mon reflet dans le miroir, mesurer l'ampleur des dégâts et soupirer... Soudain, voilà que la voix lointaine de Patrick Cohen m'annonce sans ménagement que Nelson Mandela est mort et me voilà parfaitement réveillée!
Nelson Mandela est mort...
La brosse à dents me tombent des mains. Le dentifrice me coule sur le menton et je reste quelques secondes parfaitement ahurie. "Nelson Mandela n'est plus" répète France Inter croyant sans doute que je n'ai pas bien compris. "Mandela s'est éteint cette nuit à l'âge de 95 ans." Mais c'est qu'elle insiste la garce. L'envie me prend alors de lui répondre: "Ta gueule!". En pyjama au milieu du salon, je suis incapable de bouger. Je me sens étrangement vide et j'ai les yeux qui piquent. La radio, sadique, entame alors une litanie d'hommages, d'archives, de témoignages mais je ne l'écoute plus.
Comment est-ce possible? Il y a des personnes que l'on croit immortelles. 
Alors que sonnée, je m'assois sur le canapé, les souvenirs se bousculent et comme par hasard, la première chose qui me revient c'est une chanson. Bien sûr. 1989... Johnny Clegg et Savuka enflamment mon électrophone et la télévision. Dans leurs pantalons multicolores, Johnny et ses musiciens noirs et blancs, s'insurgent en musique: Asiiiiiiiiiiiiiiimbonanga (Pour ceux d'entre vous qui ne parleraient pas couramment l’afrikaner, ça veut dire Nous ne l'avons pas vu). Du haut de mes quinze ans, je m'insurge avec eux. En tant que citoyenne du monde, j'exige qu'on libère Mandela! Las, à ma grande surprise, mes exigences ne sont suivies d'aucun résultat.... Comment est-ce possible? Mon adolescence se révolte devant tant d’injustice. Ma conscience politique se réveille, se construit, ouvrant la voie à une longue série de déceptions et d'idéaux désenchantés...Quelques années plus tard,  sans que j'y sois pour rien, mon vœu sera pourtant exaucé. Je me souviens d'une allégresse universelle. Je me souviens que la télévision diffusait les images d'un géant au sourire ensoleillé. Et encore une fois, je me souviens en musique. En Écosse, Simple Minds se réjouit de l'évènement et moi avec. Enthousiaste, je reprends avec eux Oh oh oh Mandela's free...
Le cours de ma petite vie m'appelle et je reprends à présent le chemin de la salle bain. Le long du couloir, soudainement rajeunie, je fredonne ces mélodies à mi voix. Au delà de l'homme et du symbole qui s'est éteint pendant mon sommeil, je réalise qu'elle est loin aujourd'hui mon adolescence. Le reflet du miroir semble d'ailleurs du même avis. Elle est étrange cette sensation qui me saisit. La disparition d'un parfait inconnu qui déclenche à la fois émotion, vide et mélancolie Qui réveille encore les idéaux engourdis d'une citoyenneté souvent déçue...

Dans mon dictionnaire de citations, Madiba me rappelle que :

"La bonté de l’homme est une flamme qu’on peut cacher, mais qu’on ne peut jamais éteindre."

Regonflée par tant d'optimisme, je me rappelle alors que si on veut changer le monde... on peut! Suffit de s'y mettre. Alors, au boulot!

mercredi 13 novembre 2013

56. Attention(s)...

Bonjour les amis! 
Vous avez l'air en pleine forme! Quelle mine vous avez! Si, si, je vous trouve resplendissant! Vous avez maigri, non? Comment ça je souris bizarrement? C'est que je suis teeeeeeeeeeeeeeeellement contente de vous voir!!! Enfin de vous voir, façon de parler bien sûr. Je vous en prie, installez vous confortablement. Non, non pas sur le canapé... Pour lire, vous serez mieux sur le lit. Il ne fait pas très chaud dites-moi. Rentrez donc sous la couette. Vous voulez un pyjama? Non? Alors attendez, je vais vous border, j'ai peur que vous ne preniez froid. Là, vous êtes bien? Je peux aller vous chercher un autre coussin si vous voulez... ou un plaid? Je... Je vous fais un câlin? Un bisou peut-être? Détendez-vous, détendez-vous... Je sais: je vais vous chercher à boire. Thé? Café? Je vous mets combien 5? 6 sucres? Vous préférez peut-être un demi pot de miel dans votre thé, ça colle un peu, mais on n'est jamais trop poisseux! Mais non, vous ne me dérangez pas, ça me fait plaisir au contraire! Vous pouvez fumer vous savez... Chanvre indien? Opium? Qu'est-ce que je vous offre? A moins que vous ne préfériez grignoter une bricole. J'ai de la tarte banane-marrons-Nutella, ça vous dit? Non? Alors je vous prépare une petite crêpe nougat-calisson en vitesse? Rien? Vraiment? Même pas un petit loukoum au sirop d'érable? Allons, ne soyez pas timide, puisque je vous dis que ça me fait plaisir!!! Aujourd'hui, vous pouvez me demander ce que vous voulez! Je ferai tout pour contribuer à votre bien-être. Dans la limite de mes possibilités, cela va de soi. Alors quoi? Je peux vous masser les pieds, changer la litière du chat, déboucher la baignoire, vous raconter l'histoire de James et la Grosse Pêche... On peut même regarder Louis la Brocante si ça vous met en joie! 
...
Bon. C'est de l'argent que vous voulez? Combien? 
Mais dites-moi ce qui vous plairait enfin! Vous êtes pénible à force! Comment ça c'est moi qui suis pénible? Je vous harcèle? Tant de prévenance vous écœure? Alors ça c'est la meilleure! Pardon, mais vous vous méprenez complètement! Si vous suiviez un peu l'actualité, vous sauriez qu'aujourd'hui c'est la Journée de la Gentillesse. Alors si je dégouline de bonté, si je ruisselle d'altruisme c'est simplement que j'essaie de me mettre au diapason et ça n'est pas évident figurez-vous! Vous croyez peut-être que c'est facile d'être gentille? Vous croyez que c'est naturel?  Pas du tout! A force de me faire insulter dans le métro, de me faire injurier lorsque je suis au volant, de me faire engueuler par la caissière parce que je ne range pas mes courses assez vite au supermarché, de me faire houspiller par la concierge parce que j'ai marché sur le sol humide du hall de l'immeuble, de me faire assaisonner par mes voisins parce que j'ai ri un peu fort au cinéma, de me faire sonner les cloches parce que je n'ai pas pris de ticket pour retirer mon passeport, à force encore de me faire brocarder parce que je n'ai pas répondu aux œillades explicites et néanmoins rebutantes de Bob l’Éponge au comptoir de L'Assoiffé, de me faire savonner par la serveuse dudit Assoiffé parce que vu l'enseigne du bar, j'ai osé demandé un verre d'eau en plus du café dont la tasse est maculée de rouge à lèvres alors que je n'en porte pas moi-même, de me faire incendier par l'ado boutonneux à qui j'ai demandé poliment de baisser la musique de son appareil de téléphonie mobile car à mon grand regret, il semble que nous ne partagions pas les mêmes goûts musicaux et que Paris-Montélimar, c'est long...Eh bien à force, à force, à force, c'est terrible mais je crois que je l'ai un peu perdue, l'habitude d'être gentille. Je n'en suis pas très fière mais c'est comme ça: parfois la gentillesse me fait défaut. Fort heureusement, ce n'est pas un état permanent, mais c'est vrai, je suis quelquefois vilaine. D'ailleurs je dois bien reconnaître que tout d'abord, cette Journée de la Gentillesse, m'a semblé être une idée un peu niaiseuse. Mais en y réfléchissant à deux fois...
Cette semaine par exemple, le thème d'improvisation de mes élèves de théâtre était l'aéroport. Une petite fille, âgée de huit ans s'est alors adressée à sa camarade en ces termes : 'Toi, tu es noire, alors tu feras le terroriste.'...
Dans une autre ville, j'entends qu'une autre petite fille a trouvé rigolo de traiter en public une femme de singe, de lui jeter des bananes. Papa et Maman étaient drôlement fiers paraît-il...
Ce matin un 'journal' a cru bon d'en rajouter une couche en première page...
On dirait bien que la méchanceté devient banane... pardon, banale... Hier, on sifflait un président alors qu'il rendait un hommage aux disparus. Pour comble d'ironie, alors que s'achève cette aimable journée, à la radio, Orelsan me traite gentiment de Sale pute. A moins que ce ne soit une charmante attention du programmateur musical? Vous conviendrez avec moi que ce n'est pas très gentil tout ça... Non, vraiment ce n'est pas très gentil. Une journée ça me semble bien court, mais c'est un début, alors pourquoi pas?
Dites... Vous êtes vraiment sûr que vous n'en voulez pas de mes loukoums au sirop d'érable? Parce que vraiment, c'est offert de bon cœur...

jeudi 24 octobre 2013

55. Sans mobile apparent...

La vie vous joue parfois des tours bien savoureux. Par exemple, vous ne me croiriez jamais si je vous disais que l'on m'a encore dérobé mon appareil de téléphonie cellulaire? Par exemple... Non, bien sûr que non. Qui pourrait être assez nouille pour se faire carotter trois fois ce précieux (et coûteux!) accessoire de communication? Ne cherchez pas plus loin la nouille, c'est moi. Certes, la vie sait parfois se montrer bien farceuse, toutefois, je me permets de signaler timidement à la vie que personnellement, le comique de répétition, à la longue, je m'en lasse... D'autant plus qu'elle pourrait renouveler le scénario un brin de persil parce que si vous voulez mon avis (et si vous ne le voulez pas, c'est pareil), le script sent le déjà vu à plein nez: les transports en communs, les roms, l'accordéoniste qui massacre Besame mucho histoire de créer une 'atmosphère', franchement dans le genre cliché, on ne fait pas mieux! Et puis ça manque d'action! De courses poursuites haletantes! De cascades! Quant à la pauvreté des dialogues : 

- Mon téléphone? Où est passé mon téléphone? 
- Vous avez perdu quelque chose? 
- Oui mon téléphone! 
- Votre téléphone? 
- Oui, mon TE-LE-PHONE!!!
- Ah ben ça c'est sûrement les roms... c'est voleurs et compagnie ces gens-là... Faut se méfier... Surtout qu'ils se lavent même pas! Avant c'était les arabes... maintenant c'est les roms... Vraiment c'est pas de chance...
- ... 
Tant que j'y suis, ça manque aussi singulièrement d'un beau mec surgi de nulle part, qui viendrait réconforter entre ses bras fort(s) (et) rassurants cette pauvre jeune femme si séduisante encore toute émotionnée par tant de fourberie... Non là, non seulement c'est rageant, mais en plus côté production c'est miteux. Insipide. En un mot : nul. C'est même tellement nul, que l'agent commercial chargé de me  reconnecter avec le monde joyeux et féérique de la téléphonie mobile en profite pour se foutre de ma gueule! "Encore? Non mais vous le faites exprès! Eh, mademoiselle, quand on vous demande votre téléphone, ça veut pas dire que vous devez donner votre appareil vous savez! Arf! arf!". Désopilant, vraiment. Kev Adams lui même refuserait d'assumer cette réplique!!!! J'aurais également apprécié que mon entourage me dispense de ses sémillantes répliques, hélas ce ne fut pas le cas. 

Je vous avoue que cette aventure m'amène à m'interroger... D'une part sur la finesse de certains de mes proches.... D'autre part, il y a quelques semaines, la vie (toujours elle) m'avait déjà joué un tour facétieux: des roms (pas les mêmes, enfin, je présume?) ont tenté de s'introduire chez moi en forçant la fenêtre de mon appartement. Ha! Ha! La bonne blague! Fort heureusement la principale occupation de ma voisine d'en face semble être d'espionner l'activité de notre rue bien à l'abri de ses geraniaceae plastifères et de son voilage jauni, elle a donc pu mettre en fuite les intrus avec l'aide et la hargne de son affreux loulou de Poméranie.
Un peu hâtivement peut-être, j'avais mis cet évènement sur le compte de la guigne qui survient comme on l'a vu, au hasard des malices de la vie dont décidément le sens de l'humour laisse plus qu'à désirer!!! En y réfléchissant plus attentivement, je me demande si la mafia rom ne serait pas en train de m'envoyer un avertissement? Mais d'abord... les roms vont-ils au théâtre? Dans ce cas, Tapiôka aura peut-être heurté leur sensibilité? Se pourrait-il alors que ce que je crois n'être qu'une banale suite de mésaventures soit en fait une dangereuse mise en garde? Le scénario soudain, devient nettement moins fade... Que se passe-t-il ensuite? N'étant pas spécialement mordue de films à suspense, je ne tiens pas absolument à connaître la fin du script...
Je me propose donc désormais de faire un peu plus attention à mon téléphone et pour commencer d'investir dans un appareil bon marché: il y a peu de chance qu'on me dérobe un téléphone s'il ne fait  pas également percolateur, épilateur électrique et machine à raclette et quand bien même on me le déroberait ce ne serait pas bien grave!
Je me propose par ailleurs de me méfier un peu plus des surprises de la vie, et ça, c'est bien dommage...

samedi 5 octobre 2013

54. Ma chanson est en carton, pirouette, cacahuète!

Je l'ai! JE L'AI! 
Si vous saviez comme ce fut long d'attendre pour vous écrire la nouvelle. Je trépignais d'impatience. Telle Édith, je piaffais littéralement derrière mon clavier. Avant d'aller plus loin, je tiens préciser que je suis pleinement consciente de la médiocrité du jeu de mots précédent. Toutefois, on célèbre cette semaine les 50 ans de la disparition de La Môme et en tant que chanteuse à textes, je me devais de marquer le coup. C'est fait, n'en parlons plus. 
Mais je m'égare au gorille. Je vous disais donc... Je l'ai!
Là, je vous arrête tout de suite : il ne s'agit ni d'une infection urinaire, ni du 06 perso de Javier Bardem, ni même de ma place pour le concert de Juliette au Casino de Paris (parce que l'album je l'ai déjà, vous pensez bien).
Non rien de tout ça..
Je vous donne un ou deux indices? 
Il m'a  fallu 5 essais avant de l'obtenir. 
Il aura fallu un peu plus d'an de patience.
Il aura fallu des tonnes de carton recyclé.
Alors? Vous donnez votre menteuse au greffier ou bien vous avez deviné?
En plein dans le mille Odile! Mon permis! J'ai enfin mon permis! Pas le bout de carton rose décati tout moche qu'on a passé trois fois dans la machine à laver, rafistolé avec du scotch et dont la photo nous fait envisager d'avoir recours aux services d'un chirurgien voire d'un chaudronnier plastique. Celui-là vous pouvez le balancer. Le permis a subi un relooking et sans passer par la case M6! D'un format carte de crédit, le rose layette tempère subtilement le portrait digne des meilleurs photos de profils de www.rencontreunterroriste.com - inutile de vous acharner à cliquer, ce site n'existe pas et c'est fort heureux oserais-je même dire. Tout du moins je l''espère car je vous avoue que je ne suis pas aller vérifier! - une puce électronique et pour finir, un hologramme par dessus que même le Capitaine Kirk il serait jaloux: le permis est maintenant fashion, glamour et sécurisé, au point que vous pourrez le passer en cycle lavage-rinçage-essorage sans danger de dégradation!
Non, je vous parle d'un autre permis. D'ailleurs si vous suivez bien, je vous en parle depuis un an. Mon permis à moi, c'est la vidéo sublime qui illustre désormais ma chanson Le Permis (non moins sublime, il va sans dire).  Vous me direz, je n'y suis pas pour grand-chose vu que c'est Jean-Philippe Bouretz qui a fait tout le boulot de réalisation. Enfin lui et tout plein d'autres parce qu'ils sont nombreux à se cacher derrière le carton! Il n'empêche, c'est ma chanson à moi alors une fois n'est pas coutume, aujourd'hui, quoique non fumeuse, je m'autorise une petite  bouffée d'orgueil.
Bon, pas trop longue non plus la bouffée parce que je ne veux pas vous faire languir plus longtemps, alors donc... Puf! Voilà qui est fait!
Place au carton, aux dessins, et à plein d'autres trucs techniques super chouettos! Mesdames et Messieurs (roulements de tambour) je suis heureuse (toussotements), émue (pause inspirée) et fière (oui, tout ça en même temps!) de vous présenter (enfin!)


Cartoune musical
Réalisation : Jean-Philippe Bouretz

Vous aimez? Tant mieux parce qu'on compte sur vous tous pour PARTAGER! 

vendredi 6 septembre 2013

53. Tapiocafouillis

Aimez-vous le tapioca? Je vous demande ça, c'est sans raison particulière vous savez. Disons que je m'intéresse à vos goûts, voilà tout. On se connaît si peu. Alors dites-moi un peu, le tapioca? Ou plutôt les Perles du Japon, car vous préférez sans doute la poésie et l'exotisme de cette seconde appellation, je reconnais bien là votre délicatesse. Alors? Vous les aimez comment vos perles? En pudding? En flan? En bouillon? Je vous en mets combien? Un? Deux bols? Comment ça vous n'aimez pas le tapioca? Comment ça le tapioca c'est dégueulasse? Comment ça le tapioca ça vous débecte?!? Dites-donc, vous pourriez rester poli! Je m'intéresse mais il y a des limites, même à mon intérêt! Il est inutile d'être désagréable vous savez, j'essayais simplement d'ouvrir le dialogue avec un sujet somme toute gastronomique et anodin...
Bon d'accord, ce n'est pas vrai. J'ai menti. Pardon.
D'abord le tapioca, ce n'est pas gastronomique. Et puis en vrai, j'essayais de faire de la com' comme on dit aujourd’hui... Sauf que comme vous venez de le constater, je suis assez nulle. Que voulez-vous, je ne peux tout de même pas conjuguer tous les talents? Rendez-vous compte: je suis déjà une chanteuse et une comédienne exceptionnelle, je suis encore une auteure fine et spirituelle, je ne peux pas en plus être la fée de la communication! Ma générosité naturelle m'oblige à en laisser un peu pour les autres.
D'ailleurs pour être franche, je ne peux pas dire que j'adore le tapioca moi-même... Le tapioca comestible, j'entends. Enfin comestible, tout est relatif! Disons que si on fait abstraction de la texture gluante et de l'absence absolue de saveur, je peux éventuellement envisager d'absorber le tapioca en omelette, en lasagnes ou en compote. Mais bon... C'est vraiment si je suis obligée. Ou alors à l'hôpital.
Non, pour tout vous dire, le tapioca, pour vraiment l'apprécier, il faut le déguster sur scène! Enfin le tapioca... Je devrais plutôt dire LA TAPIÔKA! Et là, alors que je tape ces mystérieux caractères, se produit la magie d'Internet! Figurez-vous que derrière l'écran de mon ordinateur, je viens d'entendre votre voix s'exclamer: La Tapiôka??? C'est quoi ça? Hein? Dis, STEF!, c'est quoi La Tapiôka? Ah! Ah! Je suis peut-être nulle en com' mais en deux lignes, à défaut de votre appétit, voilà que j'ai éveillé votre curiosité on dirait! Il y a à peine trois paragraphes, vous rechigniez devant mon bol de tapioca et voilà maintenant que vous en demandez sans même savoir si cette nouvelle spécialité est digeste ou non. Mais, il est inutile d'insister, je préfère vous laisser sur votre fin, ou plutôt, en l’occurrence, sur votre faim! Piètre jeu de mots je vous l'accorde, mais c'est la rentrée, il faut que je me remette en forme!
Et puis d'ailleurs si vous étiez déjà venus aux Blancs Manteaux, vous sauriez ce que cache cette mystérieuse Tapiôka!
Ma générosité naturelle (que j'ai déjà discrètement mentionnée plus haut) me fait bien sûr excuser mes lecteurs de province, dans l’incapacité évidente de venir assister au spectacle jusqu'à présent mais qui se rattraperont très certainement lors de leur prochaine visite à la tante Odette ou lors du prochain Salon International des Éponges à Vaisselle. Quant aux autres spectateurs qui ne se sont pas encore déplacés, à moins d'être sujet à une allergie médicalement reconnue au tapioca et au manioc, je leur signale qu'il est encore temps pour eux de se rattraper car le spectacle STEF! DANS TOUS SES ECLATS se poursuit dès le 4 oct. 2013, tous les vendredis et samedis à 19h30
Au passage, j'en profite, fidèles lecteurs, pour vous dire que je suis bigrement contente et sacrément fière et comme je ne suis pas complètement mauvaise, je vous laisse un petit indice... Tapiôka, la voilà!



Retrouvez Tapiôka sur Facebook

jeudi 15 août 2013

52. Un sac de fille

Cette semaine, une fois n'est pas coutume, je vous propose de faire court.
Inutile de protester: c'est le 15 août, c'est le pont, je ponte! Comment ça je suis déjà en vacances? Et alors? Excusez-moi mais je ne vois pas bien où vous voulez en venir? Vous voudriez peut-être que je profite de cet immuable weekend de congé pour travailler? Vous êtes sérieux? Travailler? Ha! Ha! Alors vous, comme déconneur! J'ai failli me faire avoir! 
Le temps de faire ma valise et je pars! Enfin ma valise... Un sac suffira. Pour trois jours en bord de mer je n'emporte que l'essentiel. Alors chemise de nuit... Brosse à dents... Une ou deux pièces le maillot? Dans le doute, je prends les deux! Ce n'est pas ça qui va prendre de la place! Le paréo pour la plage, un jean et 5 ou 6 Tshirts si on décide de faire une balade... Comment ça 5 ou 6 c'est beaucoup? J'aime avoir le choix, pas vous? Et puis ne soyez pas de mauvaise foi, ce ne sont pas un ou deux Tshirts supplménetaires qui m'empêcheront de fermer mon sac. D'autant que je n'ai pris qu'un seul jean! Et si on sort? Je prends une robe au cas où! Les chaussures! J'allais oublier les chaussures! Je prends les tongs pour la plage, les baskets (et des chaussettes!) si on décide de faire une balade... Et si on sort? Je prends les talons au cas où! J'y suis presque. Plus que la crème solaire et le lait hydratant après soleil, le gel douche, le shampoing et l'après-shampoing... Pour 3 jours, une seule serviette? Non, 2! Une pour la plage, une pour la toilette! Je déteste m'essuyer avec le sable de la plage après ma douche! Ça gratte, beurk! Un (bon!) bouquin, l'appareil photo et son chargeur, l'ipod et son chargeur, le téléphone et son chargeur... Voilà! Je crois que je n'oublie rien. Si! La bouteille de Château Fiesta pour mes hôtes: j'ai des manières, je n'aime pas arriver les mains vides.
C'est étrange, à peine quelques bricoles et le sac ne ferme pas? J'ai dû mal les agencer. Je ne vais quand même pas tout ressortir! Un petit effort, je pousse fermement tout mon barda dans les entrailles du sac pendant que je le comprime fermement entre mes genoux... hmmpf... Non?
Bon, et si je m’asseois dessus? J'écrase... haaan... je comprime... pff.... je compresse... arggg... Mais enfin, c'est dingue! Je n'ai quasiment rien pris! En sueur, ahanante, j'ai beau tirer sur la toile du sac en tous sens et sautiller allégrement du potin impossible de le fermer! Bon, après tout le Château Fiesta ne s'impose pas, je trouverai sûrement un cadeau sur place. Rebelote, c'est reparti pour une séance de Zumbagagite! Miracle, la fermeture éclair remonte!!!! Mon sac est bouclé! Mais comment un maillot et une brosse à dents peuvent-ils peser si lourd? Mystère... 
Moi qui voulais faire court! C'est raté! Enfin, je vous quitte, à moi les joies des embouteillages! Juste le temps de vérifier mon sac à main et je file...

lundi 22 juillet 2013

51. Bob, Tour et Picodon

Vite, vite! Pardon Monsieur... Excusez-moi Madame... Je suis en retard, j'ai laissé passer notre rendez-vous bimensuel, je suis confuse! Je ne vous ferai pas l’insulte de prétendre que mes implants capillaires se sont infectés ou que j'ai été agressée par le lapin nain de ma voisine, non. Je sais très bien que vous vous êtes sentis délaissés, abattus et envahis par une soudaine neurasthénie. Je le  comprends tout à fait, c'est bien naturel. Navrée, vraiment! Il va de soi que je prends à ma charge tout les frais d'antidépresseurs engendrés par cette négligence involontaire (uniquement sur présentation d'une photocopie de votre carte vitale, de vos trois derniers avis d'imposition et de la garantie de votre lave-linge).
N'allez surtout pas croire pour autant que je prends des vacances au soleil! Certes, techniquement, il est exact que je profite du soleil. Et des 36°C qu'affiche quasi quotidiennement le thermomètre local. Mais si vous vous imaginez que je profite de la piscine? Même pas un plouf! Alors si vous croyez que ça m'amuse! Moi qui m'était finalement acclimatée à la mousson parisienne, voilà maintenant que je me ruine en crèmes solaires pour éviter une pelade disgracieuse! Et puis franchement, est-ce ma faute à moi si cette année, Helios semble avoir décidé de troquer le char solaire pour le camping-car, plus commode pour suivre le Tour de France jusque dans la Drôme? A moins que ce ne soit pour suivre la caravane publicitaire... Eh! On le comprend! S'il pouvait récupérer 50g de nouilles gratos avec le stylo Lustucru assorti, ça ferait un drôle de chouette souvenir de vacances pour ses chevaux! Et si en plus, il pouvait gratter un Bob Ricard ou PMU, sûr qu'il ferait des envieux à la prochaine réunion des Dieux de l'Olympe! Remarquez qu'il en ferait probablement aussi à la terrasse du  France  de Dieulefit...
Figurez-vous que pour ses cent ans, le Tour est brièvement passé par la Place du Chateauras de Dieulefit (en Drôme provençale) avant de s'attaquer vaillamment au Mont Ventoux, poil au genou. Le passage a eu lieu à 120 mètres exactement du troquet Le France mentionné plus haut, j'ai compté (enfin mon voisin, c'est pareil!). Ceci a même fait observer à un habitué particulièrement spirituel de cet établissement que: "Cette année, le peloton, il fait aussi le tour du France! T'as compris Rosette? Le tour du France! Ha! ha! Elle est bonne!".
Bref, cet évènement était plus que notable, d'autant plus qu'il coïncidait avec la fête nationale du 14 Juillet et le concert des  Zombiz. Bien sûr c'est sans tenir compte de l'époustouflant Petit Train du Picodon les 19 et 20 Juillet et du très festif Picodon chez lui le 11 août, le conseil municipal n'ayant hélas pas pu se mettre d'accord sur les dates éventuelles du Picodon se marie et du  Tirelipimpon sur le Picodon. Ceci mis à part, les habitués du Picodon tout autant que du comptoir à Rosé de chez Rosette la bien nommée, ont préféré commenter l'évènement devant la télé. Commenter et puis surtout arroser. C'est vrai que c'était une belle occasion de sortir les glaçons tout de même! Rosette a même offert sa tournée, c'est pas tous les jours fête! Il faut dire que au France, pour ce qui concerne l'arrosage, on sait les reconnaître les bonnes occasions! Et puis aussi, au France, le Ricard, on l'apprécie mieux en verre que sur un Bob. C'est une question de goût j'imagine. Ou de couvre-chef? Personnellement, le goût de l'anisette en plein soleil ça me filerait plutôt la casquette. A choisir, je préfère les saveurs parfumées et caprines du Picodon. D'un autre côté, c'est vrai que avant-hier, le Petit Train du Picodon n'a distribué ni Bob, ni casquette. Ni cagoule. Ni béret. Oualou. Pas l'ombre d'un képi. Alors forcément au France on était un peu déçu, ça manquait de panache comme on dit. Mais pas de panaché, faut pas déconner non plus. D'ailleurs, comme l'ambiance n'était plus à la fête, chacun a payé son godet. Et pour se consoler, plutôt qu'un Ricard, l'un s'est rabattu sur le Rosé et l'autre sur le demi mais il faut bien avouer que c'était pas pareil... Enfin, comme a dit Rosette, il reste toujours les souvenirs.

Habitué 1 : Y a pas à dire, le Tour, c'est quelque chose!
Habitué 2 : Pfff... c'est pas du sport ça, ils sont tous dopés les cyclistes!
Habitué 1 :  Eh! Le tourisme aussi ça le dope! Ha! ha!
Rosette : Bon allez les gars, finissez vos verres, faut que je ferme moi.

Alors, j'étais en retard, c'est vrai, mais voyez bien, j'avais une bonne raison! 

jeudi 27 juin 2013

50. Fillosophie

Figurez-vous que ça fait déjà deux fois. Deux fois qu'on me signifie que j'écris des chansons 'de filles'.
J'avoue que je ne sais pas trop comment je dois le prendre. Comme je suis depuis belle lurette arrivée à la conclusion que je suis une fille cette assertion ne me semblerait - a priori - ni franchement insultante ni tout à fait dépourvue de fondement. Le ton de la déclaration par contre, pas expressément péjoratif mais empreint d'une bienveillance mielleuse toute autant qu'équivoque, me paraît autrement plus douteux. Toutefois, au cas où,  il me semble opportun de présenter mes excuses aux messieurs qui, par hasard ou par erreur, auraient été séduits par mes facétieux refrains. Soyez assurés de mes regrets les plus sincères.
Ceci étant dit, je dois bien avouer que cette réflexion me laisse définitivement perplexe... Si je signe un répertoire 'de filles', James Brown quant à lui écrivait-il des chansons 'de noirs'? Et Trenet? Des chansons 'd'homos'? Sans oublier bien sûr, Gainsbourg avec ses chansons 'de juifs' et Sardou et ses chansons 'de cons'? Et puis aussi, si mes chansons s'adressent principalement aux abonnées de Elle Magazine et de  Femme Actuelle, ne devrais-je pas adapter mes textes à mon public et pondre La samba du lissage brésilien, le Botox Rock ou  La java de Brad et Angelina?
Comme si cela ne suffisait pas figurez-vous que quand, comme moi, on écrit des chansons 'de filles' c'est qu'on est légèrement féministe sur les bords de Loire."Tes chansons.. c'est le genre gonzesse grande gueule... le genre FEMEN, quoi!".
Alors pour ce qui est du genre grande gueule, je ne nie pas et même, puisqu'on m'en donne l'occasion... allons-y! Oui! Je proteste! Je me révolte! Je m'insurge contre cet amalgame pouilleux! Et même, pour reprendre Bourvil dans sa célèbre chanson 'de maubeugeois', je dis non, non, non, non, non! Parce que les aminches, faudrait voir à pas pousser bonne-maman dans les framboisiers! Le "Genre FEMEN", je rêve!
Pour commencer, c'est un détail mais qui a toutefois son importance, d'une façon générale je préfère chanter avec des vêtements. C'est peut-être un peu désuet de ne pas étaler ses bourrelets en public mais du simple point de vue du confort, le soutien gorge a tout de même de nombreux avantages, sans parler d'esthétique (beaucoup d'hommes en conviendront, j'en suis sûre!). D'ailleurs, les spectateurs attentifs n'auront pas manquer de noter que mon spectacle s'intitule Chansons à voir et non pas Nichons à voir. Il est certain que ce second titre aurait été plus prometteur, et que sans doute, il aurait déplacé un public plus nombreux, mais que voulez-vous, je n'ai pas, comme certaines, le sens du marketing...Par ailleurs, je n'ai pas non plus le tour de taille et le ventre plat des jolies blondes bien maquillées que FEMEN envoient poser devant les photographes pour lutter contre la dépréciation universelle de l'image de la Femme... C'est à se demander si les FEMEN ne sont pas recrutées dans des agences de mannequinat et si ce nouveau féminisme n'est pas réservé dans sa mijorité aux femmes jeunes avec une jolie poitrine bien ferme! Mesdames, si vous êtes quinquagénaire et avez allaité 3 enfants, inutile de songer à vous émanciper!
J'ajouterais que si se mettre nue symbolise pour les militantes la place quasi inexistante de la femme dans la société ukrainienne, il me semble que la place de la femme en France est un peu plus évoluée. Alors, ce symbole n'est-il pas complètement inapproprié?
Je me suis renseignée, FEMEN en latin, ça veut dire cuisse. Je trouve ça idiot! Les militantes ne se baladent pas les cuisses à l'air! Quoique SINUS c'est moins efficace et puis ça prête à confusion : on aurait pu croire que les militantes protestaient contre une épidémie de sinusite. Tout de suite, le potentiel médiatique diminue. Ou alors, c'est un jeu de mots? Cette poignée d'illuminées en mal de reconnaissance se croient peut-être sortie tout droit de la FEMEN de Jupiter?
Vous l'aurez compris, j'écris peut-être des chansons 'de filles' mais je ne suis pas FEMENiste (ça existe, ça existe!).
Pour tout vous dire, j'ai même découvert un mouvement beaucoup plus rigolo,  HOMEN : le collectif détendu qui ne revendique rien. Autant vous prévenir, aucun de ces messieurs n'expose ses parties génitales en public, mais est-ce bien nécessaire? Quand on a le sens de l'humour...

jeudi 13 juin 2013

RECLAME : EUROVARTO QUOI?

Lundi 17 Juin à 20h aura lieu la 21ème édition de l'Eurovartovision.
Vous ne connaissez pas encore cette parodie déjantée du concours de l'Eurovision organisée tous les ans par Vartoch? Vous ne serez pas déçus!
C'est l'occasion aussi de faire sa BA! Les fonds collectés iront cette année à Le Refuge qui lutte contre l'homophobie et la discrimination sexuelle bref, une bonne soirée, pour une bonne cause! 
Pour ma part, j'aurais le bonheur, le plaisir et la folie de représenter la FRAAAANCE! Alors, enfants de la patrie, allons! Venez nombreux!
Réservations : Billetreduc.com



dimanche 9 juin 2013

49. Toute à trac

C'est chaque fois la même chose, comme un rituel désormais établi...
Soigneusement d'abord, je choisis la musique de fond appropriée, en l’occurrence Schubert et Horovitz enchantent délicatement ma platine. Je vérifie ensuite que le téléphone portable est bien éteint avant de m'installer confortablement devant mon ordinateur. Sur la table, ma tasse de café fumant refroidit lentement tandis que sur l'écran vierge, le curseur clignote, impatient que je commence ma rédaction. Je suis prête. Prête à laisser le clavier prendre ma parole. Moi, STEF!, reine des bavardes, souveraine des pipelettes, infante des jacasses, de quoi vais-je bien pouvoir cette fois vous entretenir, insatiables blogophages que vous êtes? Car à quoi bon bloguer si c'est pour ne rien dire, je vous le demande...
Cette semaine, le prétexte à mes extravagances s'impose de lui-même. Vous l'avez d'ailleurs immédiatement remarqué en arrivant sur votre blog préféré. Comment, comment... Vous n'avez rien noté? Enfin, il y a tout de même quelque chose de nouveau, de flagrant, d'ECLATANT sur cette page! Allons, faites un effort ou bien consultez un ophtalmo! C'est là, qui vous saute aux yeux! A gauche! L'affiche de mon nouveau spectacle!!! Ah, tout de même! Vous avez mis le temps... Heureusement que je ne suis pas susceptible! Bon, alors? Qu'est-ce que vous en dites? C'est prometteur, non? Ça donne envie? 
C'est que c'est un sacré défi ce spectacle! Car il s'agit bien ici d'un spectacle et non plus d'un 'simple' concert de STEF!. Dans cette nouvelle formule, les chansons, le théâtre et bien sûr, l'humour s'emmêlent hardiment! A l'origine de ce nouveau projet, le Théâtre des Blancs Manteaux me propose un challenge saugrenu: faire intervenir Tapiôka (un de mes personnages fétiches, que vous n'avez plus maintenant qu'à découvrir en scène!) dans le concert de STEF!. Au début je trouvais cette idée de mélanger les genres un peu dingue, voire impossible, aujourd'hui, j'ai changé d'avis et je jubile! Quelle trouvaille! Et surtout quel bonheur de retrouver mes réflexes de comédienne entre deux chansons... Comme parfois je les retrouvais un peu trop, et qu'après tout, il s'agissait de théâtre bien qu'à moitié, je me suis offert le luxe d'un metteur en scène rien qu'à moi! C'est Laurent Stachnick qui a bien voulu canaliser (gentiment) mes débordements, voilà donc que, musicien à part, je ne suis plus toute à fait seule pour cette aventure, et c'est encore là de quoi me réjouir un peu plus! 
J'ai tellement hâte de vous montrer le résultat! Bien sûr, j'ai un peu peur aussi... "Le trac cela vient avec le talent" disait Sarah Bernhardt alors c'est peut-être bon signe cette enclume sur mon estomac?
Agendez (si c'est un verbe! C'est dans le dictionnaire 2013!), agendez, disai-je, la Première de STEF! DANS TOUS SES ECLATS c'est Jeudi 20 Juin à 21h, et pour réserver, c'est facile, il suffit de cliquer! Je compte sur votre présence et aussi un peu, votre indulgence, le temps que je me rôde! Parce qu'ensuite c'est parti pour trois mois, tous les mercredis à 19h30, à partir du 3 juillet. Enfin trois mois... pour commencer!

jeudi 23 mai 2013

48. J moins trouille...

Vous le croirez si vous voulez, mais voilà que ça me reprend! Oui, encore!
On pourrait penser qu'à force je serais immunisée, mais non. Chaque fois que l'ombre de l'ombre d'une Première se dessine plus ou moins distinctement à l'horizon, j'ai la trouille. Une Première me concernant, cela va sans dire (mais je le dis quand même, au cas où ce ne serait pas clair pour certains). On remarquera au passage la discrétion avec laquelle je signale  à mes lecteurs que je m'apprête à (re)monter sur les planches.
Donc je remets ça et, par voie de conséquence, j'ai tout à la fois les chocottes, les jetons, les foies, les pétoches, la chair de poule, les miches qui font bravo et les jambes en coton! C'est assez ridicule je vous l'accorde, vu que ce n'est pas la première fois que je pousse mes chansonnettes ni que je fais la comique sur une scène et qu'à bien y réfléchir, c'est tout de même plus approprié que de faire ça dans ma baignoire. Quoique? C'est d'autant plus ridicule si l'on considère que à quarante passés (à peine, certes), il serait plus que temps que je fasse preuve de maturité et que, à défaut d'un 'vrai métier', j'apprenne au moins à juguler mes angoisses. D'un autre côté, je crois pouvoir affirmer que sans le trac, le spectacle en général, et le mien en particulier, seraient beaucoup moins rigolo.
Certains artistes n'ont paraît-il, pas le trac. Tant pis pour eux! Moi, le trac, j'en ai besoin! 
Tant que j'ai la trouille de me prendre une veste (et tout le reste des collections printemps-été-automne-hiver qui encombrent ma penderie) je me dis qu'il est encore temps de retoucher, d'améliorer, de peaufiner... Alors donc, je retouche! J'améliore! Je peaufine! C'est que quitte à me prendre un anorak, autant qu'il soit taillé à mes mesures! 
Voilà qui est donc - quasiment - chose faite avec ce nouveau spectacle conçu exactement à mes dimensions généreuses et rebondies de chanteuse ET de comédienne, spectacle sobrement intitulé 

 Roulements de tambour installant un climat de suspense 
(non ce n'est pas le titre) 

STEF ! Dans tous ses éclats 

Hein?
J'avoue que je n'étais pas trop mécontente de cette trouvaille. C'est prometteur comme accroche, non? Ça 'jette' comme on dit! Mais... Oh la la... Et si justement... C'était TROP prometteur? C'est qu'avec un titre pareil, il va falloir se montrer à la hauteur! Pourvu que les gens n'aillent pas s'imaginer un spectacle sons et lumières et des effets spéciaux à couper le souffle! Parce que bon, Les Blancs Manteaux, ce n'est pas exactement Bobino! N'empêche, outre le fait d'avoir eu la bonne idée de me programmer, c'est une chouette petite salle intime, chaleureuse et accueillante (et je ne vous parle même pas du délicieux Ti Punch 'maison' de Chris que je vous recommande plus que vivement!). Bref, je crois que l'écrin sera parfaitement adapté au bijou. Ou l'inverse! Mais en attendant la Première, le 'bijou' n'en a pas moins la trouille pour autant! C'est que l'exercice n'est pas simple : entre clown, théâtre et chanson il faut savoir doser et trouver le juste équilibre, le tout en 60mn chrono. Aaaaaaaah!
Je m'étais dit que d'écrire ça m'aiderait peut-être à évacuer le stress, mais c'est étrange, j'ai l'impression que c'est encore pire qu'avant! A l'instar de ce bon vieux Bérurier dans je ne sais plus quel San Antonio : j'ai les boyaux en zigzag! Je ferais mieux de retourner répéter avant de me déballonner complètement.

Dites, si par hasard vous étiez à la fois libres, parisiens, curieux et pleins d'empathie, la première, MA première, c'est le Jeudi 20 Juin à 21h et ça continue ensuite tout l'été à partir du 3 Juillet tous les mercredis à 19h30. Je peux compter sur vous?

samedi 27 avril 2013

47. Moyen courrier...

En ce matin aux nues brumeuses, tout comme moi qui n'ait pas encore bu mon café, figurez-vous que j'en tombe, des nues. 
Un lecteur assidu, dont je préserverai ici l'anonymat (d'autant mieux que je ne le connais pas) m'envoie ses réclamations. Oui, vous avez bien lu, ses réclamations! Voilà qui réveille mieux que le plus fort des cafés!
Bon. Je dois accorder à Monsieur X. que son mail plein d'humour m'a bien fait rigoler! Et puis après tout, pourquoi pas? Faisons preuve ici de clémence et d'ouverture d'esprit. Cette remarque n'est peut-être pas tout à fait infondée... Je suis très certainement soucieuse de faire le bonheur de mes lecteurs, je veux donc me soucier aussi de tenir compte de leurs remarques constructives, quoique contrariantes à l'heure où, je le répète, je n'ai pas encore avalé mon café du matin! 
Il semblerait donc que je farcisse généreusement mes bafouilles d'accès d'humeur mauvaise et de coups de gueule intempestifs. D'abord, la remarque m'étonne. L'étonnement passé, je tiens à présenter mes humbles excuses à ceux (s'il en est d'autres) que mes billets, bilieux semble-t-il, auraient pu heurter. J'avoue que j'ai parfois tendance à m'emporter un brin. Sans doute est-ce le soleil de mon côté méditerranéen qui me tape un peu trop fort sur le pamplemousse. 
Avouez tout de même que c'est rarement sans raison valable que je m'enflamme! Et puis je m'enflamme, je m'enflamme... C'est vite dit, non? Je dirais plus volontiers que je suis d'un naturel le plus souvent guilleret, enthousiaste toujours, plein d'ardeur, qui manque peut-être un peu de nuances dans ses appréciations, certes.
Mais s'il faut être tout à fait honnête, je suis capable de m'emballer dans un sens comme dans l'autre. Tenez, la preuve : cette semaine je suis allée applaudir Les 2 G, artistes de music-hall, au Théâtre du Petit Saint Martin. Eh bien, j'en ai encore des fourmis dans les mains! Foncez, courez, précipitez-vous pour voir ce spectacle formidable, furieusement fou, drôle, surprenant, touchant... en un mot SUPER!
Bon ok. Ok. Je dois bien l'admettre, je suis sans doute un petit peu excessive : j'adore ou je déteste, je suis pour ou je suis contre. Avec moi, c'est soit blanc, soit noir. Soit épicé, soit insipide. Mais de deux choses l'une : ou bien on aime les artichauts, ou bien on ne les aime pas, non? On ne peut pas aimer les artichauts 'à demi'.
Monsieur X., vous avez raison. Mes inclinations ne sont pas modérées, mes élans rarement tempérés et je marche de préférence tout au bord des chemins plutôt que bien au milieu... J'aurais du mal à le nier. Pourtant, si je vous en crois, vous êtes un lecteur assidu de mes divagations. Je lis d'ailleurs que ma démesure n'est pas tout à fait pour vous déplaire et que, je cite, vous aimez les "râleuses et les grandes gueules"... Je vous avoue que je m'en réjouis. Si j'osais, je me sentirais même un peu flattée. On a beau mettre la meilleure des volontés à essayer de se corriger, de se contrôler, de s'améliorer, on aura beau faire, on ne se refait pas. Pas entièrement du moins...
Moi qui vous parle, me croiriez-vous si je vous disais qu'il m'arrive d'être un peu susceptible? Surtout quand je n'ai pas bu mon café du matin... C'est fou, non?

PS : Inutile d'insister, je ne vous dirai pas le nom du spectacle désolant qui se cache derrière le billet n° 46 !

mardi 16 avril 2013

46. Maux d'humour

Suis-je normale? Je m'interroge. 
Il serait probablement plus simple d'interroger mon entourage mais je connais déjà sa réponse : un NON catégorique, massif et spontané. Toutefois, que personne ne s'offense, la fiabilité dudit entourage me paraît douteuse. Je préfère donc m'abstenir de tout sondage et me lancer courageusement dans une introspection au verdict incertain tout autant qu'angoissant.
Étudions un peu les faits, voulez-vous?
Nous avons vu dans un billet précédent - billet n° 45 pour les distraits - que le printemps revient et avec lui, des envies joyeuses de sorties ensoleillées entre amis. Si on allait boire un verre en terrasse? Si on sortait les chips barbecue et les gobelets en plastique pour un pique-nique sur le Canal Saint Martin? Eh! Pourquoi se priver? Les guitaristes sortent bien du métro pour s'installer sous les arcades de la Place des Vosges! Paris la coquine nous fait de l’œil! Même les salles de spectacles jouent les aguicheuses et entrouvrent lascivement leurs portes. Curieux, on se laisse faire après un hiver plus ou moins difficile, et on accepte volontiers la moindre occasion de se détendre, sans se méfier.. 
Voilà pour le contexte. 
La soirée est douce, dans ce café du Marais je suis en bonne compagnie, repue, le fou rire aux lèvres fusant à la moindre répartie de mes camarades et, bien que je ne sois pas une fille facile, je suis pourtant dans les meilleures dispositions pour me laisser séduire par deux jeunes humoristes prétendument talentueux, preuve en est qu'ils passent régulièrement à la tévé!
Après ce début de soirée plus que réussi, je me retrouve dans la file d'attente d'un café théâtre renommé. Sans prévenir, avec la classe d'une poissarde des Halles sortie tout droit d'un roman de Zola, la programmatrice m’enjoint  de rentrer dans la salle. 
Quelques instants plus tard, me voici 'assise' entre mes deux complices du soir, les genoux sous le menton, le dos voûté contre le dossier improvisé des genoux de mon voisin de derrière, et les fesses bien calées sur ses mocassins pointure 46, mais qu'importe! Coincée chaleureusement entre mes amis, pleine d'entrain, je fredonne avec eux les titres d'ABBA qui illustrent le fond sonore en attendant que le spectacle démarre, quand tout à coup... la lumière s'éteint! 
D'abord, Elle est entrée. Attention, je vais être mauvaise! Je l'ai dit, je ne suis pas précisément un public facile. Le goût du théâtre, des textes, du jeu m'a rendue exigeante. Trop parfois, peut-être. C'est que la scène, que l'on fasse du théâtre, du cirque ou de l'humour, avant toute chose c'est un MÉTIER, et pas des plus faciles, n'est pas artiste qui veut, contrairement à ce que les médias voudraient nous faire croire! On n'entre pas en scène comme on entre à la boulangerie pour demander une baguette! 
La pauvreté du jeu d'actrice de cette 'humoriste' n'avait d'égal que la médiocrité du texte, dénué à mon avis, de la moindre trace d'humour, mais pas, hélas, de la moindre trace vulgarité et je pèse mes mots! Le jeu de son partenaire quant à lui, sans être remarquable, avait au moins le bon goût d'être dépourvu d'effets. Je vous épargne ici la chronique des jeux de mots graveleux et des autres gags pittoresques qui auraient fait rougir Joseph Vermot lui-même, ainsi que celle des effets de 'mise en scène' d'une finesse à vous couper le souffle.
Dans la salle le public riait aux éclats. Sans moi.
Alors donc, je m'interroge: suis-je normale? Et si mon sens de l'humour indiquait la mauvaise direction? Mon GPS humoristique n'est-il pas complètement détraqué? Pourquoi n'indique-t-il pas systématiquement le sud du sud de la ceinture? Je suis peut-être atteinte du Syndrome de Telerama?
Comme tout le monde, en cette période de morosité ambiante, j'assiste perplexe à la déferlante d'humoristes qui envahit les médias. De la télé à la radio en passant par les salles de spectacles, impossible d'échapper aux chroniqueurs et autres révélations de l'Humour de demain. D'aucuns prétendent que c'est la crise et qu'il faut bien rigoler. Je ne demande pas mieux! Mais faut-il nécessairement pour cela sortir la pâte à prout et les serviettes hygiéniques à tout bout de one man chiottes? Il me semble que Desproges, Coluche, le Splendid, Les Nuls ou Sophia Aram (liste non exhaustive, bien sûr!) ont clairement fait la preuve qu'un peu d'esprit ne nuit pas nécessairement à l'humour. Un peu de travail aussi si vous voulez mon avis. Pour être humoriste, certes, il n'est pas indispensable d'être comédien, mais quelques notions de base et un peu de technique ne gâchent rien. Surtout si vous envisagez de faire payer 19€ au spectateur venu gentiment vous applaudir!
Je ne suis que chanteuse me direz-vous, qu'est-ce que j'y connais à l'humour, hein? Je manque sans doute de fantaisie... N'empêche, dans Les petits riens Serge Gainsbourg chantait
Mieux vaut pleurer de rien que de rire de tout
C'est joli, c'est bien dit pis surtout, c'est pas faux!
Epicétou!

mardi 26 mars 2013

45. Anormale saisonnière

Ça y est! Enfin! Il est là!
Comment ça "NON"? Qui a dit "NON"? C'est nul ce "NON", c'est miteux même.
Ça m'aurait étonné aussi qu'il n'y en ait pas un pour faire du mauvais esprit! Qu'est-ce que c'est encore que ce bête esprit de contradiction: "NON"? Vous vous croyez malin? Eh bien, permettez-moi de vous dire que cette attitude atrabilaire...  (Là, je prends un petit temps. C'est pour ça les points de suspension, pour le petit temps. D'abord pour savourer l'effet produit par l'usage du mot atrabilaire sur le lecteur ébloui par l'étendue de mes connaissances sémantiques et ensuite parce je suis particulièrement fière d'avoir réussi à placer ce mot dans le contexte approprié et que ça mérite bien un Granola!)... Cette attitude disai-je, ne vous mènera nulle part!
Regardez-donc plutôt autour de vous, j'invente peut-être?
Et ces pantacourts fluos qui fleurissent aux vitrines? Et ces fraises espagnoles? Et ces asperges marocaines? Elles ne débarquent pas chez les maraichers peut-être? Et les supers promos sur les barbecues électriques chez Casto, ça ne vous évoque rien? Ce doux parfum synthétique de lilas qui flotte dans la cage d'escalier fraîchement lessivée par la gardienne, vous trouvez ça naturel? Le retour de la Foire du Trône? Toujours rien?  Les Huit Jours en Or du Printemps... qui tombent justement maintenant? Simple coïncidence? Mais bon sang, Alexis HK et La rue Kétanou au Printemps de Bourges? Ce ne sont pas des preuves peur-être?
Oh bien sûr, je les entends d'ici les pisse-vinaigre grommeler leur complainte saumâtre! "Il fait froid... Y en a marre de la pluie... Mais ça n'en finira jamais? De mon temps, ça durait moins longtemps... Ah la la, y' a plus de saison... Manquerait plus qu'il grêle... Il est dégueu ce café... "
Vous arrêtez de râler un peu? Puisqu'on vous dit qu'il est revenu! Allez hop! Sortez les sécateurs et les binettes, les plantoirs et les serfouettes, c'est le moment de planter géraniums, fuschias et capucines! D'accord, vous oublierez de les arroser et vos jolies balconnières crèveront en juillet, et alors?  C'est le printemps nom de Dieu! Les jours rallongent, les oiseaux gazouillent, les ados bourgeonnent! Ça sent bon le gigot rôti! Mesdemoiselles à défaut du pantacourt, ressortez les jupettes, fluos si possible, effet garanti sur ces messieurs quand ils vous regarderont faire la belle à Velib'! Quant à vous messieurs, il semble que cette année la chemise se porte fleurie. Soyez sans crainte, le liberty ne portera aucun préjudice à votre virilité, à moins que vous ne fassiez vous-même la belle à Vélib', mais je ne juge personne!
Moi le printemps, je vous avoue, je m'en fous un peu. D'ailleurs, je m'habille tout pareil. Le printemps me donne pêle-mêle des envies  de sieste, de  petit blanc au comptoir des Foudres, de flâner sous le soleil qui luit timidement sur les allées du Père Lachaise, de bouquiner square Joseph Champlain (qui est au juste Joseph Champlain, je vous le demande?), de ressortir à vélo, de fuguer en Bretagne, en Ardèche ou en Italie... Eh oui, c'est ça aussi les joies du chômage! On apprécie mieux le cycle des saisons! En hiver je me languis du printemps et au printemps de l'hiver...
Allez, je vous quitte, je vous accorde que ce n'est pas mon meilleur billet. Vous voudrez bien m'excuser, moi au printemps, je suis surtout un peu feignasse... J'émerge... Après le gel et le ralenti de l'hiver, l'encre de ma plume se réchauffe à peine. Il me faut un petit temps d'adaptation. Je ne peux quand même pas refaire le coup des points de suspension! Tiens... Et pourquoi pas? 
...

mercredi 6 mars 2013

44. Pas très cathodique

Le technicien chargé du relevé de mon compteur EDF n'en est pas revenu.
Sur la chemise - autrefois - blanche, là où battait son cœur, le badge de Boniface Blandamour (ça ne s'invente pas!) proclamait fièrement Technicien de contrôle. Quoique cela ne relevât pas de ses fonctions officiellement attribuées de releveur électrique, c'est sans doute pour ne pas trahir le glorieux insigne que ce bon Boniface non content de contrôler mon compteur a aussi jugé bon d'examiner tout mon appartement. Fort heureusement, "tout mon appartement", chez moi, c'est assez vite fait! Du salon à la chambre en passant par la salle de bain, parce qu'on ne sait jamais, il y a de ces orignaux parfois, tous les recoins ont été soigneusement inspectés. Mais rien. Non, rien de rien.
Éberlué, inquiet presque, Mr Blandamour a d'abord choisi d'emprunter le mode interrogatif. Avec une voix lente et posée, celle que l'on prendrait pour s'adresser aux tout petits enfants ou aux personnes âgées dont l'esprit vagabond bat gaiement la campagne, normande ou tourangelle, il a demandé "Mais... euh... vous... vous... vous n'avez pas la télé? ".
Un silence gêné a pesé entre nous avant que, prise en flagrant délit, je n'ai d'autre choix que de lui répondre par la négative. 

Incrédule, sonné je suppose par la brutalité de cet aveu, Boniface a répété sa question, craignant vraisemblablement que je ne l'ai pas comprise. Plus fermement cette fois. "Vous n'avez pas la télé?... Vous n'avez pas la télé??? VOUS N'AVEZ PAS LA TÉ-LÉ?". Cette fois-ci, Boniface avait choisi d'emprunter le mode agressif, celui qu'on prendrait (en vain) pour s'adresser à un adolescent qui refuse obstinément de ranger sa chambre. En d'autres termes, il avait hurlé. De mon côté, j'avais sursauté. En un instant, j'avais eu peur  non seulement (du latin non tantum) que ma confession inattendue n'ait endommagé l'équilibre mental de ce pauvre garçon, mais aussi (du latin sed etiam) de me retrouver seule avec un releveur inconnu potentiellement détraqué.  
Sans doute, avait-il en criant quelque espoir que je ne sois sourde ou du moins, malentendante? Auxquels cas les hurlements s'imposaient et l'absence de poste à mon domicile pouvait éventuellement s'expliquer du fait de mon handicap.
Je m'empressai de détromper Boniface, j'entendais parfaitement. Je lui signalai donc qu'il était inutile de crier, d'autant plus inutile que, si j'avais réellement été sourde, je ne l'aurais pas entendu du tout, qu'il crie ou non. Pour finir, je le félicitai chaleureusement pour le professionnalisme, l'enthousiasme et l'efficacité avec lesquels il avait relevé les pleins et creux de mes consommations électriques, il était l'honneur de sa profession et tout en le complimentant, finaude, je l'invitai à regagner promptement la sortie, en lui indiquant significativement l'emplacement de la porte d'entrée laquelle se trouvait miraculeusement être aussi la porte de sortie.
Boniface, hélas, était peu finaud lui-même et vraisemblablement la porte, miraculeuse ou non, ne lui évoquait pas grand chose. L'absence de téléviseur dans mon salon par contre...
"C'est parce qu'elle est est tombée en panne? NON??? Ah bon??? Mais vous faites quoi le soir, alors? Et pour les infos? C'est important les infos quand même... Moi, je l'aime bien le père Pujadas. Pas de télé... Ben ça!  Moi, je pourrais pas... Rien que pour le foot! Pis la télé c'est instructif... Tenez, ma femme des fois elle regarde Arte..."
Fort heureusement, ma voisine choisit ce moment précis pour ouvrir sa porte détournant ainsi l'attention de Mr Blandamour qui s'empressa d'aller lui vérifier le compteur, vu que c'était bientôt l'heure de sa pause déjeuner. Je ne doute pas qu'il ait également contrôlé son équipement audiovisuel... 

Je n'ai pas pris le risque de répondre à Mr Blandamour de peur qu'il ne s'installe définitivement chez moi. Mais, non, je n'ai pas la tévé. 
Elle est effectivement tombée en panne. Il y a cinq ans. 
Qu'est-ce que je fais le soir, alors? Ça dépend. Un peu de la pluie, un peu du beau temps, un peu de mon humeur... Je regarde un DVD, je repasse (oui, je repasse!!!), je cuisine, je grattouille selon les jours ma baignoire ou ma guitare, je téléphone à ma sœur dans son pays loin là-bas, j'écoute Les grillons de Pierre Vassiliu et je mange du raisin, je vais applaudir à tout rompre Alain Souchon en concert au Trianon, je dîne entre amies avec Valérie ou Stéphanie et on se raconte nos petites vies, je blogue, je m'endors sur un bon bouquin, parfois même sur un mauvais...
Et pour les infos? J'écoute la radio, je lis les journaux, je surfe sur le net, même, je vais au bistro! Je n'ai aucun sentiment particulier pour Mr Pujadas. Mr Pujadas m'indiffère.
Quant au foot, je m'en passe, aisément du reste. Les amateurs voudront bien m'excuser.
Parfois, on me parle d'une émission, d'une série ou d'un documentaire, et c'est l'occasion d'aller regarder la télé en famille ou entre amis! Et puis si je suis curieuse, rien ne m'empêche d'aller chercher le programme sur le Net! Au final, j'ai beau ne pas avoir la télé, je la regarde tout de même, comme tout le monde!
Je ne suis pas de ces "militants" anti télé qui prétendent lire Homère dans le texte le soir, à la chandelle... Parce que, Camarades, la télévision est un horrible outil de propagande à la solde des méchants capitalistes! La télévision ramollit vos neurones! Le petit écran c'est la mort des relations humaines! Satan possède votre téléviseur! Vade retro TF1!
Non, je n'ai rien contre la télévision. Je n'ai rien non plus contre ceux qui la regardent. Contre certains de ceux qui la font, peut-être...  
Je fais simplement partie d'une bande d'originaux qui n'ont pas de télé chez eux et déconcertent les techniciens EDF envahissants.
Ce soir après le sacro saint JT du Père Pujadas, Boniface Blandamour aura un truc incroyable à raconter à sa femme. Quant à moi, à la lumière de ma lampe de chevet, je profiterai des heures creuses pour me plonger dans Freedom de Jonhatan Franzen...

dimanche 10 février 2013

43. Saint phobie

Que les choses soient bien claires : je déteste la Saint Valentin. 
Que les choses soient même bien vulgaires : aux chiottes la Saint Valentin!!!!  
Vous, lecteurs assidus de ce blog délectable, savez comme je suis peu coutumière de la vulgarité. Toutefois, il est des sujets avec lesquels il est inutile de finasser. Vous me pardonnerez donc très certainement cette nouvelle saillie : elle me les brise menu, menu, cette Saint Valentin de merde!
Y a pas à dire, la vulgarité, parfois, ça soulage!
Soyez sans crainte, il ne s'agit pas ici d'un nouveau pamphlet prétextant que les vrais zamoureux s'aiment 365 jours par an et qu'il n'est pour eux nul besoin de calendrier pour se griser de Champagne, emprunter les mots d'Aragon ou de Hervé Vilard afin de déclarer leur flamme et offrir humblement leur cœur à leur  bon(ne) ami(e) sur un plateau d'huîtres entre un bouquet de fleurs, trois chandelles et un écrin à bijoux... On vous l'a pourtant dit et répété: quand on s'aime pour de vrai comme Brad et Angelina, tout ça c'est du pipi de chat siamois parce que aimer c'est ce qu'il y a de plus beau, aimer c'est monter si haut et toucher les ailes des oiseaux!
Certes, tout ceci n'est peut-être pas totalement faux. Encore que tripoter les ailes de pigeons dégueus qui finissent de crever après avoir picoré les reliefs des fonds de caniveaux parisiens, moi, ça me débecterait plutôt... Mais à chacun ses dégoûts, n'est-ce pas?
Revenons plutôt à cet attrape-andouilles qu'est la Saint Valen(cré)tin.
Je vous pose la question : les vrais zamoureux doivent-ils payer le double du menu habituel de La cantoche à Bébert pour séduire leur belle - a priori déjà séduite - et le plus souvent, sans se régaler pour autant? Il semblerait que les restaurateurs pensent que oui. Je vous accorde en passant que non contents d'êtres des andouilles, les vrais zamoureux sont peut-être aussi un peu cons car pour ma part, en matière de romantisme, je me méfierais d'un resto dont la raison sociale est La cantoche à Bébert, mais l'amour est aveugle, c'est bien connu. Vraisemblablement il est aussi peu perspicace, ce qui l'est moins. Et passe encore si la Saint Valentin n'était qu'une mauvaise farce de restaurateurs cupides qui, plutôt que la blanquette, préféraient saler un peu trop l'addition une fois l'an. Enfin deux, il faut bien fêter la Saint Sylvestre. Mais non! Car, je vous le demande encore, les vrais zamoureux doivent-ils aussi se ruiner en bouquets de roses rouges m'astuvuesques alors que comme dit l'autre, les fleurs c'est périssable et que si ça se trouve, un petit bouquet de violette suffit à faire monter le rouge aux joues de celle dont ce soir, ils cueilleront, cueilleront la fleurette?
Quant aux zamoureuses doivent-elles nécessairement revêtir de la lingerie habituellement réservée aux professionnelles de la chose? Doivent-elles impérativement s'empiffrer de chocolats parce qu'il est soi disant de bon ton à cette occasion de leur offrir les reliquats invendus de Noël et Halloween de commerçants sadiques associés? Alors que depuis Noël justement, les belles essaient désespérément de retrouver la ligne précisément pour ne pas avoir l'air emmaillotée dans un filet à saucisson dans la lingerie sus mentionnée? Pour finir, supplice ultime, les vrais zamoureux doivent-ils nécessairement, se farcir la playlist spéciale Saint Valentin de La cantoche à Bébert qui vomit à leurs oreilles Roch Voisine et Chimène Badi alors que refroidit lentement le duo de porc et gambas quasi intact dans sa sauce au gingembre figée?
Je déteste la Saint Valentin, son harcèlement médiatique et son cortège d'opérations commerciales, comme un ultimatum aux personnes en couple et une insulte aux célibataires.
A tous les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics, je dis faites l'amour, pas les magasins!
Quant aux célibataires qui se sentiraient un brin fragile émotionnellement ces prochains jours, plutôt que le suicide, je leur conseille d'éteindre leur portable du 13 au 15 Février. Vous éviterez ainsi en amont, les coup de fil navrés et pleins de sollicitude et en aval, les comptes-rendus détaillés des soirées romantiques de vos amis en couples.
Pour finir, je me suis rancardée! Avant d'être saint, Valentin, qui devait aimer faire la noce (ouarf, ouarf!), mariait les chrétiens alors que ce n'était pas très tendance côté religion et on ne peut pas dire que ça lui a particulièrement réussi! En effet, Claude II, empereur romain de son état et que ses potes avait surnommé Le Cruel  (fort judicieusement comme vous allez voir), n'a pas apprécié cette idée somme toute assez moderne au IIIème siècle. Marier des chrétiens? Et pourquoi pas des homos tant qu'on y est? Il a donc fait mettre Valentin en taule avant de le faire rouer de coups puis décapiter sur la voie publique.
Renseignements pris, il semblerait que de son côté, Catherine, devenue la sainte patronne des célibataires - je m'étonne d'ailleurs qu'aucun SUPER U ne propose (encore) de promo sur les portions individuelles de foie gras le 25 novembre - soit elle aussi morte décapitée pour avoir refusé d'épouser un empereur romain.
Comme quoi pour ou contre le mariage, la fin n'est pas gaie...
Je serais Garde des Sceaux, je ferais attention à ne pas me faire tordre le cou, sinon il se pourrait qu'il y ait bientôt un menu spécial  Sainte Christiane à  La cantoche à Bébert!

jeudi 17 janvier 2013

42. Faites vos voeux!

Aaaah! 
Aujourd'hui, inutile de me creuser la citrouille pour trouver le thème de cette fabuleuse chronique à l'image non moins fabuleuse de son auteure, je veux dire par là toujours plus fine (10 kilos de moins, ça n'est pas rien, surtout après les macarons au foie gras, les macarons aux huîtres, au vacherin et/ou aux marrons parce que si vous avez réussi à échapper aux macarons qui ont envahi les tables des fêtes de fin d'année, je vous félicite!), et toujours plus savoureuse (comme quoi allégée n'est pas nécessairement synonyme de fadasse, comme le sait toute adhérente de Weight Watchers qui se respecte).

Certes, alors que 2013 balbutie confusément ses premiers maux, j'aurais pu choisir de vous adresser mes meilleurs vœux. Toutefois, 2012 m'a servi de leçon avec son cortège funèbre d'espoirs déçus, de désenchantements brutaux et autres surprises douteuses telle cette gastro fulgurante qui m'a terrassée le soir du réveillon, allégorie ultime et fort peu poétique de cette année de merde!
Cette année je ne prendrai donc aucun risque. 
Je laisse mon dictionnaire de rimes au placard, bien que les rimes en [ɛz] soit plus que prometteuses que ne l'étaient celles en [uz] et je renonce à souhaiter quoique ce soit, à vous comme à moi, le pire comme le meilleur. On verra bien ce que l'avenir nous réserve!  Et comme le dit le proverbe: "Comme on fait son lit, on se couche". Par conséquent, si vous souhaitez que l'année soit belle et douce, débrouillez-vous tout seul, j'ai déjà bien assez de quoi m'occuper pour réparer les dégâts de 2012!
La bonne nouvelle c'est que quand personne ne vous souhaite rien,  vous échappez également à la jolie carte de saison,  illustrée au choix d'un noble cheval au galop sur la plage à la tombée du jour, d'un chaton maladroit gambadant dans la neige ou d'un couple de chimpanzés hilares qui vous promettent la banane toute l'année! Mon emportement paraîtra sans doute déraisonné mais je DETEEEESTE ces cartes qui me donneraient presque envie d'adhérer à la Fédération Nationale des Chasseurs!

Comme je vous le disais avant de me perdre en d'inutiles digressions cartophiles et/ou animalières, aujourd'hui, mon sujet s'impose de lui-même.
En effet, bien que certains aient du mal à le croire devant si peu de rides, tant de fraîcheur et une immaturité persistante, je viens de souffler mes 40 bougies et ce, sans la moindre quinte de toux! Ce court instant, ce souffle magique - ou l'inverse si vous préférez, je ne suis pas contrariante - furent parfaits. Absolument. De bonheur, d'émotion, de chaleur et d'amour. 
Tout d'abord, ces 40 bougies illuminaient le plus merveilleux des gâteaux d'anniversaire, piètre pléonasme pour ceux qui connaissent les talents pâtissiers de ma maman, quant à ceux qui n'ont pas cette chance, je ne peux que vous plaindre de tout mon cœur, je n'ai hélas pas de mots pour vous les décrire. A moins que...? Imaginez, que Mozart, Renoir ou Carné aient eu les mêmes talents aux fourneaux, alors, peut-être, aurez-vous une vague idée... 
Mais aucun des convives qui, l'autre soir, ont eu la chance déguster une part de ce chef-d’œuvre, n'aura pu l'apprécier comme moi, avec tout ce qu'il cachait d'enfance, d'images, de souvenirs, d'odeurs, de sourires et de tendresse. Toujours, ce gâteau aura pour moi le goût singulier de l'amour immense, insondable et infini de ma mère...
Pour ajouter à la perfection gastronomique de ce moment, ce gâteau je l'ai partagé avec tous ceux que j'aime. Ceux qui depuis de longues années pour certains, à peine quelques-unes pour d'autres, rendent ma vie jolie, la remplissent de folie, d'audace, de soleil, de musique bien sûr, de fous rires et de larmes quelquefois. Par exemple, lorsque je fête mes 40 ans! 
Il y avait bien quelques absents. Quelques disparus aussi. Avec eux aussi, quand même, j'ai partagé mon gâteau. Mon Cake d'amour. Certes, il n'ensorcèle pas les princes charmants mon Vert-Vert (qui était exceptionnellement blanc cette année!) mais il faut dire que je n'ai pas l'habitude de laisser traîner ma joaillerie dans les pâtes à gâteaux! D'un autre côté, mes amis sont charmants tout autant que le plus noble des princes et je suis bien sûre que je ne perds rien au change...
L'un de mes cadeaux était accompagné de ce "proverbe espagnol qui te ressemble" disait la carte (qu'illustrait une bibliothèque du meilleur goût!) : "Des amis, et des livres : ayez-en peu, mais ayez-en des bons." Je n'ai pas encore lu le livre qui accompagnait ce joli mot. Mais s'il est aussi bon que l'ami qui me l'a offert, alors je ne serai pas déçue!

En soufflant mes bougies d'anniversaire, comme pour la nouvelle année, je n'ai pas fait de vœu. A quoi bon? J'ai eu les 40 ans dont j'avais rêvé, en mieux. Alors... on verra bien ce que l'avenir me réserve!